Hiver 2002-2003

Facteurs qui influencent
l'adhérence et la glisse
en ski de fond

Gilles Labre

Le ski de fond est une activité de glisse. D'un point de vue mécanique, la phase de glisse est précédée d'une phase de propulsion qui, à son tour, est précédée d'une phase d'adhérence. Le tout se produit alternativement ce qui donne : adhérence, propulsion, glisse... adhérence, propulsion, glisse... et ainsi de suite. On obtient les meilleurs résultats lorsque l'adhérence et la glisse sont optimales. Plusieurs facteurs influencent l'efficacité de chacune de ces phases.

En ski de fond, la température est l'élément qui a le plus d'impact sur la qualité de l'adhérence et de la glisse. En général, plus le mercure descend, plus la glisse est mauvaise et meilleure est l'adhérence. Plus le mercure s'approche du point de congélation, meilleure est la glisse et plus délicate devient l'adhérence.

La condition de la neige est un incontournable. Elle peut être influencée par la température, par la présence ou l'absence de travail mécanique sur les sentiers et enfin, par le passage des skieurs. La neige peut être très froide, humide, mouillée, fraîche, vieillie, molle, durcie, transformée ou glacée, autant de conditions différentes qui ont une influence directe sur l'adhérence et la glisse. La neige est au ski de fond ce que le vent est à la voile. Il faut apprendre à la connaître et à la reconnaître !

La base des skis (semelle) est un élément important. Ses propriétés de glisse et de rétention du fart d'adhérence varient considérablement selon la catégorie et la gamme des skis. Sa qualité, son niveau de porosité et sa structure («tuning»), influenceront son rendement. Quant à la base sans fartage, si elle solutionne avantageusement la problématique d'une température qui tourne autour du point de congélation, elle perd rapidement son attrait dans toutes les autres conditions.

La cambrure des skis, sujet combien stressant pour plusieurs fondeurs, représente évidemment un facteur déterminant dans la capacité du ski à adhérer, puis à glisser adéquatement. En pas alternatif (technique classique), une cambrure idéale doit d'abord bien s'écraser sous le poids du skieur et aussi en fonction de sa technique, pour permettre une adhérence qui sera en mesure de générer par la suite une bonne propulsion. Il est impossible de glisser s'il n'y a pas de propulsion, et sans adhérence, pas de propulsion... Cela veut dire que la glisse ne s'améliore pas simplement en choisissant une cambrure forte. La cambrure doit au contraire, être raisonnablement souple (ce qui ne veut pas dire trop faible !).

Le fartage, passion pour certains, mystère pour les uns, cauchemar pour les autres, est beaucoup plus simple qu'il n'en a l'air lorsque tous les facteurs qui interviennent dans l'adhérence et la glisse sont bien assimilés. En fait, c'est le fartage qui permet au skieur de s'adapter à toutes les variables dont il est question ici. Un ski de fond est composé d'une zone d'adhérence qui va du talon de la fixation jusqu'à environ 15 à 30 cm à l'avant de la fixation (selon la cambrure), et de deux zones de glisse situées derrière et devant la zone d'adhérence. Il s'agit donc d'appliquer un fart d'adhérence (kick) sur la zone d'adhérence et un fart de glisse sur les zones de glisse. Les méthodes d'application, à froid ou à chaud, peuvent être simples et rapides ou plus longues et plus complexes. Le fartage doit vous permettre de tirer le maximum de l'activité, sans pour autant devenir une contrainte. Assister à une clinique de fartage permet souvent de démystifier la question et simplifie beaucoup l'utilisation des produits appropriés.

La technique, moins simple qu'elle en a l'air, mais accessible à tous, joue un rôle important dans l'adhérence et la glisse. Le vieil adage qui supposait que - qui sait marcher, sait skier - est évidemment faux, car il s'agit ici de glisser et non de marcher; et bien glisser n'implique pas nécessairement une notion de vitesse. Un atelier technique améliore considérablement l'habileté (et par le fait même, le plaisir) du skieur.

Le niveau de condition physique est tout aussi important puisqu'il détermine souvent le dynamisme avec lequel un skieur de fond utilise une bonne technique ou parfois même, compense pour une technique déficiente. La condition physique du skieur a un impact sur sa capacité à bien écraser la cambrure du ski et à bien adhérer pour ensuite bien se propulser.

On constate donc qu'il ne suffit pas d'appliquer de la cire sur ses skis de fond pour être assuré d'un résultat optimal. On rencontre toujours des conditions où il n'est pas facile d'obtenir une bonne adhérence sans compromettre la glisse alors que dans d'autres circonstances (la plupart du temps), le tout sera d'une simplicité bien appréciée. Il faut donc retenir que par ordre d'importance, la température, la condition de la neige, la base des skis, la cambrure, le fartage, la technique et la forme physique, constituent les éléments (tous étroitement liés) d'un tout où se trouve la solution à l'adhérence et à la glisse en ski de fond.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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