
Championnats du monde sur route

Montréal, 25 septembre 2026 - Vomir en pleine course aurait découragé bien des cyclistes, mais pas Élodie Malois. La Québécoise a plutôt choisi de poursuivre sa route au cinquième tour de la course féminine de la catégorie junior.
Elle ne s’est pas laissé abattre, mais la nervosité s’est tout de même fait sentir sur le chemin de la Côte-des-Neiges.
« J’ai pris un gel (énergétique) et j’ai commencé à vomir. On roulait tellement à bloc, j’étais au bout de mon souffle, mon ventre n’a pas aimé ça et ç’a sorti, a-t-elle raconté en zone mixte. J’ai paniqué. Je me disais : “pas maintenant!’’ J’étais avec le peloton, tout allait bien, j’avais un bon rythme et j’étais en contrôle. »
Malois a réussi à rattraper le groupe de tête en moins de deux kilomètres, juste avant la redoutable côte du Chemin de Polytechnique, qui s’est avérée encore plus difficile dans les circonstances.
« C’est arrivé où il ne faut pas que ça arrive, au bas d’une côte. […] C’était plus dur que je l’aurais pensé, ça, c’est sûr ! J’ai mouliné et maintenu un bon rythme tout au long de cette côte-là. Après, ça descendait et j’ai eu le temps de reprendre mon souffle et de prendre un peu d’eau. »
La meilleure représentante canadienne de cette épreuve réussissait à se frayer un chemin dans les ascensions, mais elle avait du mal à conserver sa place dans les descentes. Un aspect qu’elle souhaite améliorer sur son vélo au cours des prochaines années.
Motivée par la foule, l’athlète de Saint-Basile-le-Grand a complété le parcours de 80,4 kilomètres au 36e rang, malgré une crampe à un muscle ischio-jambier. Des partisans particulièrement bruyants l’attendaient à quelques mètres de l’arrivée.
« Je me suis tellement poussée. Ça montre que j’ai tout donné et que j’ai vidé ma réserve d’énergie entièrement », a souligné celle qui s’était classée 19e du contre-la-montre individuel mardi. Elle a accusé un retard de 7 minutes 5 secondes sur l’Espagnole Alejandra Neira, nouvelle championne du monde junior. Matilde Rossignoli, de l’Italie, et Anja Grossmann, de la Suisse, ont terminé deuxième et troisième au sprint.

Sandrine Veilleux, de Boucherville, s’est quant à elle classée 60e, à 14 minutes 3 secondes de la gagnante. D’abord ralentie par la chute d’une adversaire, elle a combattu un « énorme mal de tête » dès le troisième tour, accentué par les nombreux cris en bordure de la route. Paradoxalement, ce sont aussi ces encouragements qui l’ont motivée à terminer la course.
« C’était vraiment le fun d’entendre tout le monde. J’ai pris le temps de regarder et j’ai remarqué les drapeaux du Canada, c’était vraiment beau à voir. Tout au long de la montée, j’entendais mon nom et ça faisait du bien au moral. »
Veilleux estime qu’elle ne s’est pas présentée au sommet de sa forme devant le parc Jeanne-Mance, au départ de ses premiers Championnats du monde sur route. Elle n’avait pas les meilleures jambes, de son propre aveu, et compte rebondir dès l’an prochain.
Rédaction : Luc Turgeon
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