Vuelta

Zukowsky et Côté jusqu’au bout de la Vuelta

Montréal, 14 septembre 2025 – Deux cyclistes québécois ont coché une case importante à leur CV sportif dimanche, au Tour d’Espagne. Nickolas Zukowsky (Q36.5 Pro Cycling ) et Pier-André Côté (Israel – Premier Tech) sont allés jusqu’au bout de ces trois semaines de course qui ont été tout sauf ordinaires.

Un grand tour est toujours parsemé d’éléments incontrôlables et l’édition 2025 de la Vuelta l’a été davantage. La dernière étape, dimanche à Madrid, a été annulée avec un peu moins de 60 kilomètres à faire en raison d’altercations entre les manifestants propalestiniens et les corps policiers.

Le Danois Jonas Vingegaard (Visma – Lease a Bike) a monté sur la plus haute marche du podium devant le Portugais Joao Almeida (UAE Emirates - XRG) et le Britannique Tom Pidcock (Q36.5 Pro Cycling). En entrevue samedi avec Sportcom, les deux Québécois ont dressé le bilan sportif de ces trois semaines.

Nickolas Zukowsky s’était élancé au Tour d’Italie le printemps dernier, mais il avait rapidement dû abandonner en raison d’une fracture à une clavicule. Quelques mois plus tard, c’est la voix teintée de fierté qu’il célèbre la troisième place de son coéquipier. Un classement qui a des allures de victoire au sein de la formation Q36.5.

« C’est incroyable ! C’est tellement gros comme résultat ! Nous ne sommes même pas une équipe World Tour, mais une équipe invitée. On a pris notre place, on espérait un top-10 et on se disait qu’un top-5 serait envisageable. Mais là, de finir sur le podium, honnêtement, c’est complètement fou ! Nous sommes tellement contents, émus, soulagés et fiers. Ç’a été une super Vuelta pour nous ! »

Quant à Israel – Premier Tech, formation de Pier-André Côté, la cinquième place de l’Américain Matthew Riccitello au classement général, en plus de sa conquête du maillot blanc de meilleur jeune, ont allégé l’ambiance au sein de la formation qui était particulièrement sous les projecteurs depuis le départ.

« Gagner un maillot distinctif dans un grand tour, c’est une première pour nous. Derek Gee avait fini quatrième au Giro, Matthew est cinquième à la Vuelta. Ça fait deux tops-5 dans des grands tours la même année et ce n’est pas rien. Nous sommes vraiment contents de ce que nous avons accompli ! » a reconnu Côté.

Une expérience à refaire
Zukowsky et Côté avaient des appréhensions avant le départ de la Vuelta à savoir comment leur corps réagirait une fois le cap des 10 jours de course passé, un terrain dans lequel ils ne s’étaient jamais aventurés auparavant.

Côté a démontré qu’il avait le coffre pour aller jusqu’au bout, surtout au contre-la-montre individuel de 12 kilomètres de la 18e étape lorsqu’il a obtenu une surprenante 11e place, à seulement 20 secondes de l’ancien champion du monde de la spécialité, Filippo Ganna (INEOS Grenadiers).

« J’avais les mêmes sensations qu’un contre-la-montre habituel et j’étais agréablement surpris. Je souffrais autant et de la même manière dans les bosses que la première semaine et je n’ai pas senti que je mourais à petit feu chaque jour [...] Je n’ai pas l’impression que je finis complètement à genoux », a raconté l’athlète, qui sentait que son système immunitaire était moins actif dans les dernières étapes.

Zukowsky, lui, a été gêné par le nerf sciatique de la jambe droite douloureux en fin de tour, sauf que la possibilité de voir son leader monter sur le podium final a été une motivation supplémentaire.

« J’ai eu plus de hauts que de bas, mais je me suis vraiment arraché et je me suis rendu dans des zones de douleur où je ne suis pas allé souvent, car c’était pour une bonne cause. On avait un méga résultat à défendre et j’avais envie de faire partie de ça. Quand j’ai traversé l’arrivée (samedi), j’ai eu un petit moment émotif, parce que c’est tellement d’énergie et de souffrance, mais aussi de beaux moments par-ci, par-là. D’avoir un résultat comme ça au final, c’est vraiment la cerise sur le sundae ! C’est vraiment un soulagement et je n’ai jamais vraiment vécu ça dans aucune autre course. »

L’adaptabilité, première qualité
Les manifestations quasi quotidiennes en bordure du parcours ont évidemment eu un impact dans le peloton, en premier lieu pour Pier-André Côté et ses coéquipiers.

« Un grand tour, c’est déjà gros d’arriver jusqu’à Madrid avec tout ce qu’on a vécu et ce que le peloton a vécu aussi. [...] Ç’a amené beaucoup de stress et l’enjeu qui a été le plus difficile pour moi a été celui de la sécurité autour des deux étapes présentées au Pays basque. Ç’a été le point culminant », a commenté Côté la veille de la dernière étape.

« Une des qualités qui fait que tu es un bon cycliste, c’est ta capacité à t’adapter. C’est sûr que ce n’est pas l’idéal, mais c’étaient des circonstances uniques avec des solutions uniques. On va souhaiter que ça reste un truc de la Vuelta 2025. »

Les deux anciens coéquipiers chez Human Powered Health, Silber et de l’équipe du Québec des Jeux du Canada de 2017 ont pris goût aux courses de trois semaines et ils voudront maintenant accrocher un dossard du Tour de France et du Tour d’Italie dans un avenir proche.

Rédaction : Mathieu Laberge

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