La Colombie, Jour 2 : Medellin - La Union - Medellin

par Michel Lebel

72 km pour 1300 mètres de dénivelé c'est pas mal. Vous connaissez Camilien Houde, c'est la côte que tous les cyclistes grimpeurs de Montréal vont gravir le dimanche matin. Eh bien nous sommes efffectivement le matin et tous les cyclistes colombiens (et il y'en a pas mal) y sont. C'est 10 km pour 400 mètres de dénivelé, pas mal plus que Camilien Houde qui en a 72. En haut il y'a congestion.


photo : Michel Lebel

Pour mon premier test je ne savais pas comment ça irait. Un peu en manque au départ, j'ai assez vite pris mon erre d'aller et ça c'est bien passé. Dans le voyage précédent, en Thaïlande, je m'étais démarqué de mes compatriotes germaniques plus jeunes. Là je suis dans la moyenne d'âge, mais le niveau en France est plus élevé. Toujours est-il que je me suis encore fait une réputation de bon grimpeur. Ce n'est évidemment pas une course, mais on veut pas être le dernier non plus.

Suite à ça la confiance s'est installée et la petite journée se continue. Sauf que les bosses se sont succédées, 5 mini-cols et ce fut donc une journée que j'ai trouvé exigeante. Aucun plat.

Nous sommes en altitude (2000 mètres) et apparemment que notre organisme génère plus de globules rouges pour compenser. Splendides panoramas.


photo : Michel Lebel

Au moment de prendre une photo de groupe, un policier s'en mêle.


photo : Michel Lebel

En fait, ayant reconnu que nous étions un groupe de 29 cyclistes étrangers, il a voulu discourir sur la nouvelle sécurité du pays. Que nous étions les bienvenus dans la nouvelle Colombie ouverte sur le monde, sous-entendant qu'elle a été débarrassée des cartels de drogue.

Effectivement le tourisme est en plein essor.

Au retour une pluie assez intense merci, qui m'a permis de tester mon nouveau Goretex qui fut excellent. Je me suis gardé au chaud depuis le restaurant, où nous avons dîné, jusqu'à l'arrivée.

Puis problème avec mon Garmin. Quand on oublie d’empêcher les touches tactiles, il fait les pires choses. Comme de changer la langue. Essayez ensuite de corriger !?!??!? Heureusement j'ai des notes à ce sujet.

J'ai eu la chance de discuter avec notre organisateur qui vit en Colombie depuis plusieurs années. Dans les années 2010, la Colombie a fait table rase des cartels de drogue en les achetant, d'une façon ou d'une autre. Plutôt que de les combattre physiquement, on les a achetés en leur offrant des fortunes pour qu'ils cessent la culture de la cocaïne et on leur a offert de multiples postes de sénateurs au gouvernement.

Paraît qu'ils étaient tous à faire la file pour pouvoir s'enrichir légalement illégalement.

Il fallut également compenser les agriculteurs qui produisaient la cocaïne et c'est apparemment des gouvernements proches de la Colombie, dont la France, qui ont aidé à la transformation. Pour les dits agriculteurs, produire des patates ou de la cocaïne c'est du pareil au même tant que ca permet de faire vivre la famille. Pour ça Juan Manuel Santos Calderon, le président du temps, obtint le prix Nobel de la paix, n'en déplaise à Donald Trump.

On dit aujourd'hui que les narcotraficants composent une partie du gouvernement, qu'ils sont passés de guérilleros sanguinaires à fonctionnaires.


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