par Laury Milette
Les dernières semaines ont été bien remplies, mais je commence enfin à retrouver ma routine et à me sentir prête à attaquer la saison. Nouvelle année, nouvelle équipe, nouveaux projets, on a bien des choses à se dire!
Je suis de retour à Colmar, en France, ma maison encore une fois cette année. Plus tôt cet hiver, je me suis réfugiée en Espagne pour accumuler des kilomètres sous le soleil avant les premières courses et pour débuter mon camp d’entraînement avec l’équipe. J’ai même fait un détour spontané par Dubaï! C’est un début de saison plus calme (et différent) que l’an dernier en termes de courses, mais j’en profite pleinement, je peaufine chaque détail, j’essaie d’adopter de meilleures habitudes et je me concentre sur ce qui fonctionne le mieux pour moi afin d’optimiser ma performance.
Évidemment, tout ne se passe pas toujours comme prévu, et l’adversité a souvent le don de surgir au pire moment. Mais ça fait partie du jeu, et je fais de mon mieux pour m’adapter et tirer le meilleur de chaque situation.
Aujourd’hui, j’ai envie de te parler de mes voyages, de mes projets et de mes premières courses mais aussi des défis, parce que le cyclisme a ses hauts et ses bas, et écouter son corps est tout aussi essentiel que de se dépasser.
C’est parti! :)
Je me sens plus forte que jamais
Mon voyage à Gérone a été une décision de dernière minute, après qu’on m’ait gentiment offert un endroit où loger gratuitement pendant quelques semaines (merci Shawn et Karo !). Je dois avouer que ça a été plus qu’avantageux pour ma préparation, surtout que la météo en France s’est avérée atroce, ce qui n’est pas idéal pour des semaines d'entraînement de 25 à 27 heures. Je savais que passer directement de l'entraînement intérieur à de longues sorties au quotidien allait être un défi, mais j’ai été agréablement surprise de me sentir incroyablement forte. J’ai amélioré presque toutes mes données de puissance de près de 10 %, et je savais qu’il y avait encore beaucoup de marge pour progresser. Avoir confiance en moi a toujours été l'un de mes plus grands défis, mais me sentir aussi forte à ce moment de l’année m’a fait croire que je pourrais potentiellement avoir le meilleur départ de saison de ma carrière. Ça m’a aussi aidée à mieux gérer le syndrome de l’imposteur avec lequel je suis en lutte constante, étant sans contrat pro et en comptant sur des amis et des commanditaires généreux qui investissent dans mon rêve. J'avais vraiment besoin de ce boost de forme cette année pour sentir que je mérite tout le soutien que je reçois même si je suis presque certaine que ma coach en performance mentale ne validerait pas ce mindset. J’ai la chance de travailler avec Dr Chantale Lussier cette année, qui m’aide à gérer le stress et à me concentrer sur ce qui compte vraiment. Elle est d’un soutien incroyable, et je recommande vivement ce genre de soutien, qu’on soit athlète ou simplement en quête de repères dans n’importe quel aspect de sa vie. Ça fait une vraie différence.

Je suis arrivée au camp d'entraînement de l'équipe en me sentant confiante et prête à prouver que j’étais parmi les meilleures coureuses, ce qui s’est plutôt bien passé. C'était la première fois que je rencontrais tout le monde, et nous avons créé de fortes connexions au sein de l'équipe. Cette première expérience collective m'a fait réaliser à quel point les choses allaient être différentes par rapport à l'année dernière et combien les ressources des équipes de club sont limitées, bien qu'elles fassent de leur mieux. Comme l'équipe masculine s’est vue obligée de loger avec nous, il n'y avait plus assez de chambres pour tout le monde. J'ai fini par camper dans l'aire commune avec deux autres filles sur des matelas gonflables pendant une semaine, ce qui n'est pas idéal pour la performance, mais ça a fait l'affaire. Le superbe temps à Calpe a définitivement compensé cet inconfort !
Coureuse invitée à Dubaï pour une course d’un jour avec la Dubai Police
Si on m’avait dit que j’allais partir à l’improviste à Dubaï cette année, je ne l’aurais jamais cru ! On m’a offert l’opportunité de courir en tant que coureuse invitée pour une course d’un jour avec la Dubai Police, tous frais payés. Le seul hic ? Je l’ai su seulement cinq jours avant l’événement. Mon vol de retour vers Colmar après le camp a été changé directement pour Dubaï, et, juste comme ça, je me suis retrouvée aux Émirats ! J’ai même eu la chance de rouler avec Tadej Pogačar, Champion du Monde, dès mon premier jour là-bas. Dubaï est définitivement une ville unique. On peut sentir à quel point tout est artificiel et on voit bien qu’elle est encore en construction. Mais le soir, c’est absolument magnifique, chaque gratte-ciel s’illumine, et tout s’anime. Bien entendu, je me devais visiter Burj Khalifa, la plus haute tour au monde, ce qui était plutôt cool, mais j’ai fait l’erreur d’y aller le jour de la Saint-Valentin. Y’avait du monde à messe!
La course ne s’est pas passée comme prévu à cause d’un problème mécanique tôt dans l’épreuve, mais ça a été l’une des expériences les plus folles de ma vie, et j’ai apprécié chaque minute. Le désert était absolument spectaculaire et j’ai été soulagée que le soleil ne se montre pas trop, sinon ça aurait été une journée encore plus difficile. Mes coéquipièress ont fait un travail incroyable et ont remporté la course et nous avons été ramenées à l’hôtel dans l’impressionnante flotte de voitures haute performance de la Dubaï Police, comprenant un Cybertruck, un Mercedes Brabus G-Wagon et une Audi R8. Nous avions l’embarras du choix! Pour couronner le tout, je ne pouvais pas rentrer chez moi sans avoir goûté le chocolat viral de Dubaï, qui était absolument délicieux.

Même si c’était difficile à accepter, j’ai pris le départ quand même, juste pour voir où j’en étais. On a eu une place de dernière minute pour une Classique en Belgique, Le Samyn des Dames. C’était un choc pour le corps de commencer avec un circuit rapide et exigeant sur des pavés. Dès la première section pavée, ma tige de selle est descendue, et je me suis retrouvée dans le fossé en essayant de revenir dans le peloton. Honnêtement, j’en avais plein mon casque, mon corps ne répondait pas bien au stress de la course. C’était loin du début de saison que j’espérais.
Sachant que je ne courrais pas avant la mi-avril et que j’avais quelques jours de repos avant ma prochaine course en France, j’ai décidé d’aller en Provence, sans trop savoir comment mon corps allait réagir. Finalement, ça s’est mieux passé que prévu! Même si j’ai perdu de la forme après ces semaines de repos, j’étais contente de décrocher un top 10 à L’Altitude Tour Gard et de pouvoir aider mes coéquipières.
Je me sens beaucoup mieux maintenant, et mes chiffres remontent, mais je reste prudente et je fais des tests médicaux pour m’assurer que tout est en ordre. J’ai encore beaucoup de temps pour me préparer avant ma prochaine course en Italie, et j’ai hâte de enfin montrer tout le travail que j’ai accompli.
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