
par Michel Lebel
Le village de Nanshnzhen se situe dans la province du Hunan que nous venons de franchir.

Ce n'est pas clair mais c'est aussi le siège d'une des 52 ethnies dont je vous ai parlées, cette fois les YAO qui sont passés maîtres à faire de l'agriculture en terrasse.

Costume particulier.

Nanshnzhen c'est aussi le site de départ de la plus dure étape de ce voyage par son dénivelé total de 2700 mètres. 2 cols de 1000 mètres (20 km chacun) et un de 700m encaissés dans 96 km. La pente à 12% en commençant me fait douter car un col c'est au moins 2 heures de grimpette.

Ça se passe bien.
En passant cette autoroute toute neuve ne figure même pas sur les cartes de Garmin, tellement ils en construisent en Chine. Je m'étais entendu avec Christian de partir par moi-même et que je n’arrêterais pas pour le dîner. Au sommet voyez la vue.

La revêtement du 2e col est pas mal magané mais je suis content car j'entame le 3e col vers 14h30 et il est à 5% de moyenne sur 20 km. Mais rien ne se passe comme prévu. D'abord il y'a des travaux.

100 mètres comme ça et 100 mètres d'asphalte. Christian et Jean-Jacques sont montés dans le camion et viennent à ma rencontre.
Un peu plus loin la construction cesse mais au bout de 4 km de grimpette je suis hors-parcours. Il ne faut pas croire Garmin à la lettre mais cette fois il a raison, je dois bien prendre cette piste de vaches.

Je suis sur la tracé. Le pire c'est que la voiture ne me rejoindra jamais car le chauffeur a pris un autre chemin pour se rendre à l'hébergement avec Christian et Jean-Jacques.
Je suis à pousser mon vélo à pied et je roule quand il y a des replats. Je n'ai plus de 4G sur mon téléphone donc je ne peux pas me faire aider et mon GPS n'indique que des imbécilités, sauf le nombre de kilomètres jusqu'à la fin de la côte et je perds de temps en temps le seul contact que j'ai soit le téléphone. Il est maintenant 18h00 et il va faire noir dans une heure. Christian ne sait pas où je suis mais je suis sur le tracé, enfin je pense, à moins que le maudit Garmin ait décidé de rerouter.
Finalement tout ça s'est arrangé. Ça s'arrange toujours, selon Christian, ( "je ne perds jamais personne") lorsque Christian finit par avoir du réseau et que j'apercois un paysan, et que celui-ci parle à notre interprète pour savoir où je suis, et qu'ils viennent me chercher.
J'étais sur la tracé finalement, sauf que ce n'était pas une route à vélo, même pas pour des véhicules. Ce sont des choses qui arrivent quand on trace avec le petit bonhomme de Google mais il faudra tirer des leçons car j'ai eu très peur de devoir dormir à la belle étoile à 1800 mètres d'altitude.
Le plus comique c'est que j'étais finalement à 2 km de l'arrivée, un joli lieu de villégiature chinois mais on le voyait surgir de nulle part qu'en étant arrivé.

J'aurai au moins complété l'étape mais pas dans les conditions que j'aurais imaginées.
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