photo : équipe Grand Est - Komugi - La Fabrique

Le défi compliqué de la nutrition sportive

J’ai bien hâte de vous raconter toutes mes aventures de ces dernières semaines.

Mon équipe avait un programme de courses excitant en ce début de saison avec quelques courses WorldTour en France et en Belgique.

Comme c'était ma première participation aux Classiques, je ne savais pas trop à quoi m'attendre ni comment je me sentirais sur le vélo au sein du peloton le plus relevé au monde. Je partagerai avec toi les détails de ma préparation pour ces grands événements, en particulier pour la course mythique de Paris-Roubaix.

Dans le blog d'aujourd'hui, je t’invite à me joindre dans mon parcours nutritionnel. Je te ferai part de mes habitudes, de mes astuces, et même des difficultés que j'ai rencontrées jusqu'à présent, car ça peut être un vrai défi. Ce n'est vraiment pas un sujet facile ! Je crois fermement que la nutrition devrait être discutée plus ouvertement, puisqu’elle joue un rôle crucial dans la performance sportive de haut niveau. C'est le meilleur moyen de lutter contre les troubles alimentaires ou la désinformation, qui sont trop courants dans le cyclisme, en particulier dans le peloton féminin. Bonne lecture :)

Si tu as la chance d’un jour visiter la région flandrienne de la Belgique et que tu es un fanatique de cyclisme, le Flandrien Hotel est le meilleur endroit où séjourner. On se sent totalement immergé dans l'histoire et la vie des grands noms du cyclisme belge qui ont laissé une empreinte indélébile sur ce sport. C’est une véritable expérience de musée, tout cela depuis le confort d'un hôtel !

C'était extrêmement spécial d'y séjourner alors que je participais à des courses prestigieuses et je pouvais vraiment ressentir l'excitation dans l'air. Ça m'a donnée une nouvelle appréciation pour mon sport et pour sa richesse en termes d'histoire, de culture et de ses fans dévoués.

Ce qu’il y a de mieux lorsqu’on court en Belgique, c'est de sentir la passion pour le cyclisme qui émane des fans et de l'organisation. La présentation de l'équipe pour l'Omloop Nieuwsblad a été une expérience inoubliable : la musique, les lumières, l’énorme scène, les gens qui t’encouragent, c'était fou.

Ça te donne une motivation supplémentaire pour affronter les monts, les pavés et même la météo belge.

Je me suis sentie exactement de la même manière qu'en 2019 lors des Championnats du Monde Juniors, de l'excitation mêlée à un peu de peur. J'étais sur le point de participer à ma première course WorldTour et j’ai pris un moment pour apprécier tout le chemin parcouru jusque là.

Étant une petite équipe, notre objectif sur les courses était toujours d'essayer de se glisser dans les échappées et espérer prendre de l'avance. Le style de course belge est très agressif, donc on doit se battre pour sa position toute la journée sur des routes étroites pour être bien placées avant les difficultés d'un parcours, comme les montées pavées ou les vents latéraux. Je dois admettre que nous nous sommes prises une sacrée claque. Entre les chutes, les mauvais positionnements et le très haut niveau, j'ai surtout subit les courses plutôt que d’y être actrice. Cela dit, j'ai beaucoup appris et je sors de ce bloc en étant une coureuse plus forte et plus expérimentée.

Nous y voilà, la course que nous attendions tous, la mythique Paris-Roubaix. Je ne peux pas exprimer à quel point je suis reconnaissante et honorée d’avoir pris le départ de cet événement prestigieux. Nous avons effectué une reconnaissance des 17 secteurs pavés environ un mois avant la course. Comme il pleuvait, nous avons eu un petit aperçu de la patinoire que sont les pavés humides, alors c’était une bonne occasion de tester différentes pressions de pneus sur nos roues tubeless de 30 mm (j'ai mis 3 bars à l'avant, 3,3 bars à l'arrière pour la course, pour les curieux, soit environ 43-47 psi). J'ai oublié mes gants pour la reconnaissance et j'ai fini avec des ampoules sur la main tout juste après le premier secteur. Je savais que je ne pouvais pas répéter cette erreur lors du jour J. J’étais bien préparée avec des pansements pour ampoules, du ruban, et des gants.


Laury Milette, Paris-Roubaix
photo de Xavier Pereyron affichée sur Instagram

Jour de course!
J’étais prête à prendre d’assault le grand jour avec mon casque et mes lunettes Bollé édition spéciale.

La course faisait environ 150 km, comprenant un total de 29,2 km de secteurs pavés. Le secteur le plus long était le premier que nous allions parcourir (3,7 km), et c'était également le point le plus important de la course. Le secteur le plus difficile (Carrefour de l'Arbre) se situait plus vers la fin. Notre objectif était d'essayer de nous échapper avant de débuter les secteurs pavés, soit aux alentours du kilomètre 66. Bien que nous n'ayons pas réussi à nous rendre jusqu'à ce point, nous avons eu une coureuse en tête pendant environ 20 km, et j'ai pu moi-même lancer quelques attaques pour tenter de rejoindre ma coéquipière avec d'autres coureuses qui cherchaient potentiellement à s'échapper.

En arrivant au point-clé, la vitesse et la nervosité du peloton étaient à leur apogée. J'étais assez loin derrière et je savais qu'il serait impossible de revoir la tête de la course. Je me suis retrouvée dans un bon groupe qui s’est formé après le premier secteur et nous avons roulé dur toute la journée pour arriver au Vélodrome de Roubaix. J'étais tellement heureuse et fière de franchir la ligne d'arrivée. Ce n'était peut-être pas un excellent résultat en termes de performance, mais c'était pour moi, et la petite fille qui donnait ses premiers vrais coups de pédales à l’âge de 12 ans, une grande victoire. Et j'ai pu vivre l'expérience des célèbres douches de Roubaix !

Maintenant, parlons de nutrition. En tant que femme, il peut être difficile de trouver des informations pertinentes sur la nutrition sportive adaptées à nos besoins et à notre corps. La vérité est que la plupart des études sont menées sur des athlètes masculins adultes. De plus, le cyclisme tend à être une discipline où les troubles alimentaires sont trop courants et où notre image corporelle semble être une indication directe de notre profil, de notre force et de nos capacités. Je pourrais partager des histoires horribles des années passées où j'ai dû acheter secrètement des légumes et des snacks ou faire face à des commentaires sur mon corps, mais concentrons-nous sur ce qui importe vraiment : une relation saine entre soi et ce qui se trouve dans son assiette.

J'ai beaucoup appris sur mes besoins à travers ma jeune carrière, mais je demande toujours du soutien et des conseils aux personnes en qui j'ai confiance, et je pense que c'est la clé. Ça m'aide à savoir quels aliments contiennent suffisamment de vitamines ou d'autres nutriments essentiels tels que les oméga 3, et comment tout équilibrer.

J'adore manger, surtout quand c’est sucré, et j'ai normalement un gros appétit, ce qui rend parfois difficile de contrôler mes portions et mes fringales. Cependant, je peux choisir certains jours où il est logique de me faire plaisir. Je veille à prendre des portions plus importantes en prévision de longues sorties d'endurance ou d’intervalles, mais je fais plus attention lors des jours de repos. Je me fais plaisir de temps en temps lors des coffee rides lorsque je fais de longues sorties faciles.

Je consomme également beaucoup de fibres, ce qui me rassasie sans trop augmenter mon apport calorique. Les salades sont mes meilleures alliées! Il ne faut pas se méprendre, ce n'est pas seulement la petite salade verte. Je veille à ce que ce soit un repas complet avec la bonne quantité de glucides, comme des lentilles ou du riz, et de protéines comme du poulet, des œufs ou du thon. J'aime bien prendre un bol de yogourt grec nature juste avant d’aller dormir, généralement avec un peu de granola et de miel. C'est excellent pour la récupération et ça augmente mon apport quotidien en protéines.

Manger et boire sur le vélo ont toujours été un défi pour moi, donc j'ai dû trouver quelques astuces qui me permettraient d’atteindre mes besoins en énergie lorsque je m'entraîne. Je vise environ 60 à 80 g de glucides par heure, en fonction de l'intensité de mon entraînement. Je mets toujours de la poudre dans mes bidons, et récemment, je prépare mes propres bouteilles supercarb pour augmenter mon apport énergétique en n’ayant seulement qu’à boire (80 g au total, 1:0,8 maltodextrine/fructose avec une pastille d'électrolyte).

Ma seule tâche est donc de boire cette bouteille pendant la première heure, alors ça rend le tout plus facile à gérer. J'apprécie aussi beaucoup les rice cakes pendant mes sorties. C'est facile et peu coûteux à préparer et on peut choisir sa saveur ! J'essaie de varier entre le sucré et le salé.

Quelques-uns de mes repas quotidiens préférés, ainsi qu'une recette de rice cakes seront disponibles très bientôt en français sur mon site web.

Bon appétit !


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