par Laury Milette
Ça fait déjà un petit moment depuis que j’ai donné de mes nouvelles (NDLR : 27 septembre). Bien que ce soit un peu tard, je tiens à te présenter mes vœux les plus chaleureux pour cette nouvelle année. Qu’elle soit remplie de moments inoubliables, de belles opportunités et d’occasions pour grandir et s’épanouir.
C’est facile de dire qu’on va accueillir cette nouvelle année avec positivité, résilience, espoir et... je vais m’arrêter là. La vérité est que les choses se passent rarement comme prévu et qu’avoir la mentalité la plus solide du monde ou les meilleures intentions n’y peut rien. La saison 2024 a débuté avec une lourde chute dès ma première course et la Covid s’est mise de la partie au même moment. Il faut tout de même voir le bon côté des choses, ça ne peut que s'améliorer à partir de maintenant, non ? C'est encore tôt dans la saison et j'ai été chanceuse de pouvoir reprendre l'entraînement peu de temps après. Mais bref, revenons-en au début.
Dans cette édition, je parlerai de ma préparation hivernale pour 2024 et de mes objectifs pour la saison à venir. Commençons par un petit voyage à Gérone pour le temps des Fêtes, puis partons en France pour le stage d'entraînement de l'équipe Komugi Grand-Est avant de retourner en Espagne pour les premières courses de l'année.
À une année de possibilités infinies et de nouveaux départs !
On se sent un peu étrange lorsqu’on ne passe pas Noël ou le Nouvel An chez soi. On ne se sent pas aussi excité que d'habitude, du moins c'était comme ça pour moi. Non pas parce que ce n'est pas le fun, mais parce qu’on perd simplement la notion du temps, et qu’on ne compte pas les jours comme on le ferait normalement (si on aime Noël autant que moi). Ayant eu la même routine avant les vacances hivernales depuis que je suis toute petite, c'est déstabilisant de faire quelque chose de complètement différent. Girone m'a quand même facilité la tâche, plusieurs amis cyclistes étaient dans la même situation. J’ai eu l’impression que je n'étais pas si loin de chez moi. Ma famille m'a manqué bien sûr, mais nous avons réuni un bon groupe de Canadiens et c’était parfait. Carson (Miles) et moi avons dégoté un petit sapin de Noël et nous avons organisé notre propre échange de cadeaux locaux. Je sais que le fait d'être seule aurait été une toute autre histoire, alors je suis heureuse d'avoir eu mes amis proches et mon partenaire à mes côtés pour cette période de l’année bien spéciale.

De retour à l'entraînement
Partir en décembre s'est avéré être le meilleur choix pour ma condition physique ; ça m'a donné 2 semaines pour rouler à l'extérieur et me préparer rapidement pour mon premier stage d'entraînement avec l'équipe. J'étais un peu stressée quant à ma condition physique en début de saison, n'ayant pas autant de kilomètres dans les jambes que les années précédentes. J'ai pris une longue période de repos cet automne, puis j'ai eu une préparation hivernale peu chargée comme je voulais surtout finir mon programme pré-universitaire. J’ai passé beaucoup plus de temps au gym, ce que j’ai trouvé bénéfique à mon entraînement sur le vélo par la suite, mais j’ai cumulé relativement peu d’heures sur le home trainer. J’ai maximisé mes deux semaines à Gérone pour faire beaucoup de volume à basse intensité (la fameuse zone 2). J’ai préféré m’entraîner seule pour bien respecter ma zone de basse endurance et j’ai fait très peu d’intervalles, ce que j’appréhendais au départ. Ma forme s'est finalement avérée être là où je voulais qu’elle soit pour entamer la saison 2024 et je me sentais prête à courir en Espagne à la fin janvier.

Un nouvel état d’esprit
Je voulais aborder la nouvelle saison avec un nouvel état d'esprit et je voulais aussi m’entraîner différemment. J'avais l'impression que beaucoup de changements étaient nécessaires dans ma vie si je voulais progresser sur le vélo, mais aussi en tant que jeune adulte voulant démarrer ma propre vie. Ne plus avoir d'école signifiait que j'aurais plus de temps pour moi, pour commencer de nouveaux projets et pour me concentrer pleinement sur ma carrière cycliste. Je me sentais prête à adopter le véritable mode de vie européen : avoir mon premier appartement avec mon copain, acheter une voiture et être plus indépendante.

Comme c’est ma dernière année en tant que coureuse U23, mon objectif principal pour 2024 est d'obtenir le titre de championne canadienne en Beauce cet été. Terminer sur la deuxième marche du podium pour une troisième fois consécutive l'an passé m'a fait réaliser à quel point je voulais atteindre cet objectif. J'ai l'impression d'avoir toujours pu montrer que j’ai le potentiel pour me rendre plus loin, mais ce n'est jamais tout à fait suffisant. Il est important pour moi de montrer que je peux franchir cette étape cette saison et que je peux continuer à progresser. Je suis également impatiente de courir à nouveau à la maison lors du Tour de Gatineau et d’espérer rendre ma communauté fière en donnant tout ce que j'ai pour remporter la course sur route. J'ai encore beaucoup à apprendre au niveau professionnel, mais je veux être offensive, en étant intelligente bien sûr, lorsque je cours cette année. Je veux créer mes propres opportunités.

J'oublie parfois que je n'ai que 21 ans. Les coureuses féminines atteignent généralement leur plein potentiel à la fin de la vingtaine, ce qui me laisse encore beaucoup de temps pour me développer, mais le monde du cyclisme évolue rapidement. On a souvent l'impression de manquer de temps, de devoir performer immédiatement après ses années junior/U23 et que tout le monde progresse sauf nous. Je suis (légèrement) impatiente, comme la plupart des jeunes cyclistes, mais il est important de faire confiance au processus et de se donner le temps d'apprendre.
Qu’est-ce que Aigues-Mortes (France) et Calpe (Espagne) ont en commun? Des flamants roses!
J'étais super excitée de retrouver mes coéquipières et de rencontrer les nouvelles coureuses lors de notre premier stage d'entraînement d’équipe dans le sud de la France. Nous avions un peu plus d'une semaine pour construire un collectif soudé et travailler toutes ensemble sur des aspects plus techniques, comme les lead-outs et les simulations de course. Nous logions dans de petits bungalows sur un camping, ce qui était plutôt pratique. Ça nous a donné l'occasion d'explorer la région de Camargue et de découvrir ses lagunes salées et leurs flamants roses. La météo n'était pas de notre côté, mais nous avons quand même passé un bon moment. Notre programme de courses commençait à Majorque, en Espagne, tout de suite après le camp. L'équipe voyait les trois courses d'un jour comme une bonne façon de clore notre semaine d'entraînement et comme une opportunité d'appliquer ce que nous avions appris. Nous étions toutes un peu fatiguées, bien sûr, mais nous nous sentions prêtes et excitées d’accrocher les dossards à nouveau.
Comme tu le sais, ma première course ne s'est pas déroulée comme prévu avec une grosse chute à 5 km de la ligne d'arrivée. Je m’en suis sortie avec beaucoup d'égratignures, mais rien de trop grave. J'ai décidé de prendre le départ de nouveau lors de la dernière journée de course pour aider l'équipe autant que possible, et nous en sommes sorties assez satisfaites de notre week-end. Nous avons pris l'avion pour rentrer le jour même et j'ai commencé à me sentir plutôt mal sur le chemin du retour à Gérone. Après l'avoir évité pendant 3 ans, la covid m'a finalement rattrapée. C'était le bon moment pour être malade, car j'avais besoin de repos de toute façon et j'ai eu de la chance que ça parte rapidement. J'ai pris du repos pendant une semaine complète, puis j'étais prête à repartir, juste à temps pour notre deuxième stage d'entraînement à Calpe.
Calpe…un paradis pour cyclistes
C’est sans surprise que la météo s’est montrée beaucoup plus clémente à Calpe qu’à Aigues-Mortes. Quel bonheur de se réveiller le matin avec la certitude que le soleil allait se montrer le bout du nez. Deux semaines d’entraînement bien chargées étaient au menu : simulation de courses, techniques de descente, contre-la-montre et, bien sûr, beaucoup de dénivelé. Les routes sont exceptionnelles et c’est impressionnant d’y croiser autant de cyclistes.
J’étais complètement vidée à la fin du stage. Manger suffisamment et bien récupérer est crucial si on veut être en mesure de bien encaisser la charge de travail. Pour moi, ce fut un défi de compenser à mes dépenses énergétiques et je crois que ça m’a rattrapée vers la fin du camp. Il y a encore beaucoup de travail à faire et de leçons à apprendre! Je suis ensuite rentrée à Colmar, en France, après le camp pour m’installer dans mon nouveau chez moi… mais ce sera le sujet d’une prochaine infolettre. À bientôt.

au calendrier
24 février, Omloop Het Nieuwsblad, Belgique
25 février, Omloop Van Het Hageland, Belgique
27 février, Le Samyn des Dames, Belgique
3 mars, Trofeo Oro in Euro, Italie
Page mise en ligne par

Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive
| nouvelles | achat & entretien | rouler au Québec | hors Québec | sécurité | course | cyclos | montagne | industrie | quoi d´autre ? |
