Aujourd’hui, j’aurais aimé partir au Tour de France une autre fois

par Jean-François Racine

« Aujourd’hui, j’aurais aimé partir au Tour de France une autre fois.

En 2012, après plus de 20 ans à regarder le plus bel événement sportif au monde à la télévision, je partais avec Louis Garneau, Pierre Couture et feu Christian Leduc pour le dernier weekend à Paris, voir l’arrivée avec Voeckler et Pierre Rolland chez Europcar.

En 2013, après une belle victoire au Dauphiné et la première sélection d’un Québécois au Tour, je partais avec Pierre Perron alors chez le commanditaire Garneau. Sans accréditation média, j’ai suivi David Veilleux de la Corse jusqu’à Nice. J’ai même fait une étape dans la voiture Europcar sur la route et le transfert en ferry vers Nice à bord de l’autocar de l’équipe.

En 2016, je me suis retrouvé au Mont-Saint-Michel et en Normandie sur les plages du débarquement pour suivre le grand Antoine Duchesne.

En 2019, la 106e édition du Tour de France partait de Bruxelles en hommage à la 1ere victoire sur le Tour d’Eddy Merckx. Hugo Houle, alors chez Astana, prenait le départ pour la première fois de sa carrière.

La pandémie nous a fait rater quelques présentations mais l’envie de voyager était moins forte.

En 2022, Hugo Houle, Guillaume Boivin, Antoine Duchesne et Michael Wood, un record de quatre Canadiens, étaient à Copenhague pour un départ au Danemark. Moi aussi. Pour ce Tour historique, Houle a remporté une étape et nous sommes retournés à Paris pour un voyage éclair de 24 heures.

L’an dernier, Boivin, Houle et Woods étaient à Bilbao, au Pays basque, pour le 110e Tour. Moi aussi.

Tous ces super athlètes, presque des amis, nous ont permis de vous raconter de belles histoires, en plus de faire des voyages professionnels magnifiques. Nous sommes chanceux.

J’aurais aimé être à Florence demain pour récupérer mon accréditation, mettre le badge sur la voiture et allez voir Houle, Boivin, Woods et Gee. La présentation des coureurs le jeudi soir est toujours magique.

J’aurais aimé mettre les pieds dans la salle de presse et revoir Simon Drouin, un confrère toujours agréable en voyage.

Cette fois-ci, nous n’y serons pas.

Est-ce que nous retournerons un jour au Tour de France ? J’estime que les chances sont minces même si j’aime mieux croire que le budget 2024 va aux Jeux olympiques. Woods, Houle et Boivin seront âgés entre 34 et 38 ans à la fin de la saison et la relève ne se bouscule pas derrière.

Les coûts demeurent très élevés et les revenus, toujours absents. Je connais parfaitement le prix d’une semaine au Tour de France. Quand je suis arrivé au Journal de Québec en 2003, nous étions environ 300 travailleurs. Vingt ans plus tard, nous ne sommes plus qu’une trentaine.

Il faut mettre plus d’efforts afin que le public comprenne le rôle des médias. Trop de gens refusent de payer et comprennent mal la valeur de l'information. Environ 6 % seraient prêts à débourser pour un abonnement auprès d'un média et la majorité de la population estime que l'information devrait être gratuite et accessible à tous. Un modèle d’affaires sans revenu n’est pas viable, surtout depuis que la publicité a presque disparu.

L’information de qualité a un prix que quelqu’un doit assumer.

Le financement reste un sujet incontournable pour la couverture sportive, politique et tout le travail d’enquête des journalistes, peu importe le domaine.

Ne prenez rien pour acquis en pensant qu’il y aura toujours des médias pour offrir de vraies nouvelles, fouillées et vérifiées. La force de l’écosystème est la liberté de choisir, mais ce choix continue de diminuer. »

Jean-François Racine, 25 juin


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