
par Michel Lebel
Difunta Correa - Telteca : 135 km
Vous souvenez-vous que j'avais écrit que je n'avais eu aucune crevaison ? La réaction de mon ami Matt, de Boston, fut de me dire de ne jamais écrire ça, car la fatalité te poursuivra. Il avait raison ! Tout mon barda était sec de la dernière pluie, tout au beau fixe de ce côté.
Nous avons vu des monuments funéraires au bord de la route au cours des derniers jours, avec de multiples bouteilles !

Ils sont dédiés à Difunta Correa, qui serait morte de soif dans le désert.
Nous on s'efforce de trouver des coke stops, soit des ravitaillements en liquide. Il n'y en généralement pas dans dans les endroits perfides où nous avons logés ces derniers jours et encore moins sur la route. Donc quand on trouve on s'approvisionne.
Par contre, TDA Global Cycling nous fournit toute l'eau dont on a besoin mais, que voulez-vous, nous on carbure au Coke !!! Pour aujourd'hui j'ai tout ce qu'il me faut gràce à un marché près de l’hôtel.
Nous avons une belle piste cyclable pour partir, avec même des arrêts ravitaillements.

Le seul hic c'est qu'elle est parsemée de segments en boue. Certains sont hardis et passent au travers.

Moi je ne suis pas hardi et je transfère de la piste à la route et vice-versa. Erreur. 5 km plus loin j'ai une crevaison, la toute première! Mais j'ai tout ce qu'il faut. Afin de bien pomper mon pneu, je fait arrêter la van (on a un code pour ça, pouce en bas). Pas de chance, ils ne me voient pas sur la piste, la 2e van non plus. C'est au hasard de la rencontre d'un cycliste qui allait dans le sens inverse et qui m'a dit qu'il ne faut pas rouler dans l'herbe, c'est plein d'épines. 2e crevaison, en arrière cette fois. Là j'ai épuisé mes réserves de chambres à air. 30 km avant l'arrivée, j'entends un bruit étrange et je n'y fais pas attention, suivi d'une autre crevaison. C'est un rayon qui vient se sauter et qui a créé cette 3e crevaison. Mais comme TDA Global Cycling prévoit tout, il y a un sweep (un cycliste balai). Normalement un rayon en moins c'est la fin de la journée. Mais c'est sans compter sur Sam et Malcolm.

Nous arrivons à enlever le bout du rayon qui traîne en dessous du fonds de jante et avec 31 rayons (sur 32, pour un gravel) et la rustine de Sam. je peux rouler. La 4e et dernière crevaison du jour surviendra 8 km avant l'arrivée, à l'annonce de la région de Mendoza. Record à vie et leçon de vie de mon ami Matt : ne JAMAIS parler de flats.
A l'arrivée, Malcolm a remplacé le rayon brisé à partir de la provision que j'avais pris le soin d'apporter, vous voyez comme je suis prévoyant! L'aventure!!!
J'ai 20 minutes pour monter ma tente, le souper est bientôt mais je suis maintenant un pro.
Au souper, le garde-chasse de la région nous explique la présence d'animaux dans le secteur, dont le type de serpent venimeux que je vous montrais hier et une myriade de perroquets qui habitent les poteaux près des régions habitées et dans des nids qu'il se confectionnent dans des arbres.

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