photo : Juliette Landon, équipe Grand Est - Komugi - La Fabrique


photo : Laury Milette

Tour de l'Avenir Femmes, un pas de plus vers l’égalité dans le sport

par Laury Milette

Préparation
Après avoir jeté un coup d’oeil au profil des parcours du Tour, il m’a semblé plus que nécessaire d’aller reconnaître certaines routes et de me préparer physiquement aux étapes de grimpe. J’ai donc fait mes bagages et j’ai pris le train (ou plutôt trois trains et un taxi) pour Megève, une ville située dans les montagnes de la Haute-Savoie.

J’ai loué un airbnb dans un chalet pas très loin du centre-ville, avec un petit balcon donnant vue sur les montagnes. L’idée de partir seule me plaisait. Je pouvais me concentrer à 100% sur mon entraînement et ça représentait pour moi un défi à relever de me débrouiller toute seule de A à Z. Je suis tombée en plein dans la semaine de canicule, on annonçait du soleil pour toute la durée de mon séjour. Au menu, 8 jours d’entraînement intense avant de retourner à Lyon pour rejoindre l’équipe canadienne.

Éblouie!
J'ai été éblouie par la beauté de la région savoyarde. J’avais droit à des paysages à couper le souffle à tous les jours. Ça compensait pour les longues heures de souffrance sur le vélo, ou du moins en partie. Comme je gère plutôt mal la chaleur, je rentrais de mes sorties complètement vidée. L’avantage des montagnes est le réseau de fontaines d’eau potable disponibles un peu partout. Au rythme de plus d’un ou deux bidons à l’heure, manquer d’eau n’est pas rare et peut s’avérer assez inquiétant. C’est donc sous le soleil que j’ai enchaîné les sorties avec plusieurs milliers de mètres de dénivelé, en empruntant plusieurs cols mythiques du Tour de France comme le col des Aravis, le cormet de Roselend (20km d’ascension) et le col des Saisies. Nous allions d’ailleurs emprunter ces deux derniers cols lors de l’étape reine du Tour.

J’en ai profité pour développer un peu mes talents en cuisine (assez rudimentaires). J’avais ma petite routine bien établie et j’ai aussi pu visiter un peu les environs. Je suis même tombée sur une petite source d’eau en pleine forêt, parfaite pour faire des bains de glace et essayer de détendre mes (pauvres) jambes.

En résumé: 13 500m d'élévation, 26 heures, 540 km

La course
Après un taxi, un bus et un train, j’ai finalement rejoint l’équipe canadienne pour amorcer ce tout premier Tour de l’Avenir Femmes. L’équipe se composait de Sara Van Dam, Ngaire Barraclough, Magdeleine Vallières-Mill, Jenaya Francis, Adèle Normand et moi. À l’exception des 3 québécoises, personne n’avait couru sous les mêmes couleurs auparavant.


Laury Milette à gauche, Adèle Normand et Magdeleine Vallières-Mill à l’extrême droite

Créer une bonne dynamique d’équipe peut donc s’avérer assez difficile en si peu de temps, mais ça s’est plutôt bien déroulé lors de ce projet. Chacune d’entre nous était motivée et ouverte à toutes les possibilités. Les membres du staff d'encadrement étaient aussi tous très réceptifs et l’ambiance de groupe n’aurait pas pu être meilleure. Avec un consultant en thérapie athlétique et un mécano, nous n’avions qu’à nous préoccuper des courses.


Magdeleine Vallières-Mill, Adèle Normand et Laury Milette
photo affichée sur facebook par Laury Milette

Le Tour comprenait 5 étapes : un contre-la-montre individuel, une étape de plat, une étape roulante et deux étapes de grimpe pure. Comme chaque départ s’effectuait dans une ville différente, nous devions changer d’hébergement presqu’à tous les jours, ce qui occasionnait de la fatigue supplémentaire. La routine restait toutefois sensiblement la même : départ pour la course, préparation des bidons, on enfile le maillot et on se dirige vers le podium de présentation.

Je n’avais pas trop d’attentes de résultats. Les profils des parcours me correspondaient plus ou moins, mais j’allais tout donner pour faire honneur à la feuille d’érable que je portais sur la poitrine. Comme nous avions deux très bonnes grimpeuses, la stratégie de course consistait à les protéger jusqu’aux étapes de grimpe. Nous voulions aussi être offensives et tenter l’échappée. Je me suis montrée aggressive dès les premiers jours en initiant quelques coups, bien que rien n’ait sorti au final. J’en suis sortie plutôt satisfaite et je me suis bien battue dans les montagnes.

Sur 5 jours de course et un nouvel hébergement à pratiquement chacun d’entre eux, les petites anecdotes ont fini par s’accumuler. Comme on voulait faire un peu de cryothérapie, on a essayé de trouver de la glace (très important de dire glaçons en France), ce qui s’est avéré bien difficile. Comme il n’y en avait ni à l’hôtel, ni à l’épicerie, les sacs de carottes congelées ont donné un excellent substitut.


photo : Laury Milette

Il faut dire que changer d’hébergement inclut aussi un changement de menu. Comme c’est l’organisation qui fournit les repas, il ne faut pas être trop difficile. Aussi, la quantité de nourriture qu’on doit consommer est de loin supérieure à une portion régulière, donc les équipes traînent avec elles des surplus, comme du riz, des pâtes, flocons d’avoine, etc. Notre cuiseur à riz fonctionnait presque matin et soir.

On apprend tranquillement à connaître tout le monde de jour en jour, mais disons que certaines situations permettent d’accélérer le processus. Notre dernier hébergement dans les montagnes a d’ailleurs forcé le team bonding : 6 filles dans une même petite chambre (et une seule salle de bain). Une chance qu’on s’entend bien!


photo : Laury Milette


photo : Laury Milette

Avec du recul, je réalise que c’est le processus que je retiens le plus de cette expérience. Ma semaine d’entraînement à Megève a été éprouvante, mais j’ai adoré rouler dans cette région. Le Tour était très bien organisé et tout s’est tellement bien déroulé. La foule était au rendez-vous sur le bord des routes et c’était beau à voir. Je suis vraiment fière d’avoir fait partie de cette page de l’histoire du cyclisme. C’est un pas de plus vers l’égalité dans le sport.


photo transmise par Laury Milette


Page mise en ligne par

Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive

nouvelles achat & entretien rouler au Québec hors Québec sécurité course cyclos montagne industrie quoi d´autre ?

veloptimum.net