11 décembre 2011


Courageux et déterminé, Albert Bouchard a presque toujours
compétitionné dans des catégories d'âge supérieures à la sienne.

Albert Bouchard a trouvé sa passion au biathlon

« Je n'abandonne jamais »

Albert Bouchard en a pratiqué des sports. Hockey, soccer, athlétisme, triathlon, course à pied et ski de fond. Véritable athlète, il s’est distingué dans la plupart de ces disciplines. Mais malgré ses succès, le garçon de 11 ans à l’époque se disait désintéressé : il voulait faire autre chose et quand on lui a remis une carabine entre les mains, il a su instantanément quel serait sa passion : le biathlon.

Jacques Laplante

Imaginez, un petit gars qui adore skier en forêt et à qui on remet une carabine à plomb en lui disant qu’il peut à la fois, skier et tirer à la carabine.

« J’ai tout de suite aimé ça », indique notre troisième candidat au concours Bourses d’études jeunes athlètes du Journal de Montréal/journal de Québec/ RBC. « Si j’étais tanné des autres activités, ce n’est pas à cause de mes résultats, c’est simplement que je voulais faire autre chose, » précise l’athlète de Lévis.

En effet, ce n’était sûrement pas à cause de mauvais résultats, bien au contraire. Albert Bouchard a participé à cinq Jeux du Québec, remportant trois médailles : l’or au soccer et deux fois le bronze en ski de fond.

D’ailleurs, c’est plus d’une centaine de médailles qu’a remportées le jeune homme avant de se consacrer exclusivement au biathlon.

Plus complet
Non, s’il a tourné le dos à toutes ces activités, c’est uniquement parce qu’il considère le biathlon comme un sport plus complet.

Se taper 15 km à ski, entrecoupés de quatre séances de tir – mais cette fois avec de vraies balles – où, tantôt couché, tantôt debout, il doit atteindre une cible de moins de 10 centimètres à quelque 150 pieds de distance, et tout ça, à toute vitesse, c’est très exigeant.

Aucun doute là dessus, la force physique, la concentration, la précision et la résistance deviennent des « pré-requis » pour quiconque désire performer dans ce sport.

« Il ne faut pas oublier la détermination », signale le biathlète, qui se fait un honneur de dire qu’il n’a jamais abandonné une course, même quand le mercure flirte avec les -20 °C. « C’est vraiment très froid. On est bien vêtu, on a une cagoule, mais quand même… Quand tu te couches sur le tapis pour tirer, ça fait mal. Mes coudes et mes genoux me font souffrir. Je suis quand même chanceux, car j’ai beaucoup d’endurance et ça m’aide énormément quand vient le temps de me concentrer sur la cible. »

Heureusement, car s’il la rate, la pénalité sera lourde. Selon le type de compétition à laquelle il prend part, on ajoutera du temps à son score final ou on lui demandera de faire quelques centaines de mètres de plus, ce qui, au final, aura les mêmes conséquences.

« La neige et le vent peuvent aussi compliquer la course. Quand tu es debout et que tu luttes contre le vent, contre une rafale ou la poudrerie, ça devient difficile de garder l’équilibre et de viser la cible », raconte Albert, qui se souvient d’une compétition qui s’est tenue en pleine tempête, en février dernier.

« Il faisait vraiment mauvais. Je suis tombé deux fois durant la course. J’ai même fait une violente sortie de piste et foncé directement sur un arbre. Je n’ai pas été blessé, mais pas mal secoué, et, en plus, j’avais brisé la fixation du ski gauche. J’ai terminé la course en skiant presque uniquement sur la jambe droite, car, avec la gauche, je ne pouvais skier que sur la pointe du pied » raconte l’étudiant en techniques policières.

Résultats excellents
Cette grande détermination le sert bien.

Membre de l’équipe junior canadienne depuis un an et demi, le jeune biathlonien de 18 ans compétitionne presque toujours dans le niveau supérieur, les seniors. Il y obtient d’excellents résultats.

À titre d’exemple, il s’est classé premier sur l’équipe québécoise qui a participé aux Jeux du Canada organisés à Halifax en février dernier.

« J’étais le plus jeune de trois ans », s’amuse à dire Albert. Il y a obtenu l’argent au relais, une 6e place à la poursuite et une 7e au sprint.

Il fait aussi sa marque à l’international, comme en témoignent ses résultats obtenus en début d’année lors des Championnats Noram (Nord Américains) présentés à La Patrie, dans les Cantons-de-l’Est : une médaille d’argent au sprint et une 4e place à la poursuite. Il avait très bien fait à ces mêmes championnats l’année d’avant, se classant 3e en poursuite et 5e au sprint. « Ce sont des résultats qui m’encouragent beaucoup et qui me permettent de viser une place parmi l’élite mondiale » conclut Albert Bouchard.


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