17 mai 2011

« L’indice Alex Harvey » à la hausse

La personnalité d’Alex Harvey jumelée à son titre de champion du monde forment un cocktail auquel Red Bull ne pouvait résister.

L’étoile canadienne du ski de fond appartient au cercle restreint des athlètes dits «amateurs» parvenant à monnayer leurs résultats dans le marché de la commandite. L’entente confidentielle entre Harvey et la multinationale de boissons énergisantes l’assure d’une aide financière fixe, assortie de bonis liés à ses performances.

« On peut appeler ça ainsi », acquiesce le fondeur quand on lui demande s’il est devenu une PME.

Comme 28 autres athlètes dans la catégorie «Excellence», Harvey a reçu une bourse de 3000$ de la Fondation Nordiques, vendredi dernier. Ce jour-là, un total de 76 athlètes se sont partagé une remise globale de 145 000$. La majorité d’entre eux devront atteindre la même réputation qu’Harvey pour décrocher un jour le même type d’entente corporative.

« Il faut qu’un athlète fournisse un minimum de preuves et de notoriété pour qu’il devienne l’outil promotionnel d’une entreprise. Malheureusement, c’est la règle du marché. Ce sont les affaires », observe Jean Gosselin, qui agissait comme vice-président communications et marketing à la firme National avant de se retrouver en août 2010 principal conseiller aux affaires publiques au Comité olympique canadien (COC).

« Ce n’est pas parce qu’un athlète a gagné quelques championnats canadiens ou qu’on sait qu’il s’entraîne tant d’heures par année qu’il va décrocher une commandite », affirme Gosselin.

Loin des millionnaires
Impérial avec Devon Kershaw à l’épreuve de sprint à relais des championnats mondiaux à Oslo, le 2 mars dernier, Harvey dispose depuis d’une voix forte parmi les athlètes. Il dit négocier lui-même les protocoles avec ses partenaires. Ce fut le cas notamment avec les skis Fischer et les produits de fartage Swix.

Cette aide financière complémentaire à celles inhérentes à son sport (Sport Canada, Équipe Québec, À nous le podium, etc.) en fait l’un des rares sportifs privilégiés du système canadien. Cependant, l’athlète de 23 ans n’occupe pas encore les étages supérieurs dans la sphère mondiale de la commandite.

« Peut-être que les athlètes québécois sont parmi les mieux traités au Canada, mais à l’échelle internationale, il y a des pays qui prennent soin de leurs athlètes mieux que nous. Malgré des avantages accordés à certains de nos sportifs, je continue à dire que toute aide versée à n’importe lequel d’entre eux est la bienvenue », estime Nicolas Labbé, directeur général de la Fondation Nordiques.

Selon une liste publiée par le magazine «Forbes» à la veille des Jeux de Vancouver, certains athlètes olympiques avaient encaissé en 2009 des revenus supérieurs à 1 million $ grâce à la commandite. Seulement deux «étrangers» parvenaient à se glisser dans ce classement presque entièrement américain : la Sud-Coréenne Kim Yu-Na (patinage artistique), ex-æquo à 8 millions $ au premier rang avec Shaun White (snowboard) et l’Allemande Maria Riesch (ski alpin) à 1 million $.

Moins de soucis
Alex Harvey a déjà repris l’entraînement intensif en prévision de sa prochaine saison en Coupe du monde. Le traitement obtenu par sa notoriété doit éliminer quelques soucis, sûrement non négligeables quand on prend possession de sa première maison, le 1er juin.

« Toute forme d’aide financière permet de pouvoir se concentrer sur l’entraînement, fait valoir Harvey. C’est ce qui permet ensuite de rentrer à la maison et de relaxer et de se faire la cuisine sans se casser la tête. »


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