3 février 2011
On ne s'attend certainement pas à des médailles d'Audrey-Maryse Lanteigne et d'Émily Fradette aux épreuves de ski de fond aux Jeux du Canada. Mais leurs qualifications à cet événement multisportif le plus important au pays est déjà un exploit en soi et prouvent à quel point les efforts pour relancer cette discipline dans la Péninsule acadienne ont rapporté des dividendes en peu de temps.
Réal Fradette
Les deux jeunes filles déterminées de 14 et 13 ans respectivement sont directement le produit du retour du programme d'initiation Jack-Rabbit à l'école Marguerite-Bourgeoys de Caraquet, il y a six ans, sous la supervision de Serge Dugas.
Depuis deux ans, elles font partie des Élites du Nord-Roi, un club regroupant plus d'une dizaine de skieurs de compétition dans la région, et portent les couleurs de l'équipe provinciale. Leur participation aux Jeux du Canada met fin à une disette de 20 ans de présence de fondeurs originaires de la région à cette manifestation sportive.
Elles sont actuellement en période intensive d'entraînement, sous la direction de Paul Dugas. Cinq jours par semaine, elles chaussent les skis et vont améliorer leurs techniques et leurs formes physiques dans les pistes du club plein-air local afin d'être prêtes pour ce qui sera la plus imposante compétition de leur jeune carrière.
« C'est un honneur pour nous, raconte Émily. Nous sommes fiers de représenter Caraquet et la Péninsule acadienne. Pour moi, c'est une étape dans ma progression. Je suis la plus jeune de l'équipe, car j'ai l'âge minimum pour les Jeux. Ce que je veux surtout, c'est de terminer mes courses et, si possible, ne pas finir dernière. »
Audrey-Maryse, championne midget provinciale en mars 2010, espère également franchir la ligne d'arrivée sans encombre à Martock, site des épreuves de ski de fond situé à près d'une heure de route au nord-ouest d'Halifax. Elle aussi ne veut pas être la dernière à terminer sa course et elle va tout donner pour que ça ne se produise pas.
« C'est une belle expérience que nous allons vivre. On connaît un peu la piste puisque nous y sommes allées l'an dernier pour les championnats de l'Atlantique. Il y a de belles buttes à monter. Je veux arriver à y faire mes meilleurs temps personnels », mentionne-t-elle.
Audrey-Maryse a également la chance de pratiquer son sport favori par l'entremise du biathlon avec le Corps de cadets de la marine du Grand Caraquet. Justement, elle et son frère David, tout comme Katrina Vinderskov, se sont récemment qualifiés pour le championnat national, du 5 au 12 mars, à Val-Cartier au Québec.
En fait, février sera un peu fou pour ces deux jeunes athlètes. En fin de semaine, elles seront à Charlo pour les Championnats de l'Atlantique. Ensuite, du 10 au 13, direction Ottawa à l'occasion des Championnats de l'est du Canada avant de refaire leurs bagages pour Halifax.
Louis Fortin
Elles ne seront pas les seules représentantes de la Péninsule acadienne en ski de fond. Louis Fortin, de Baie-de-Petit-Pokemouche, prendra part aux épreuves paranordiques.
Âgé de 33 ans, Fortin, sans bras droit, fait du ski de fond de compétition depuis deux ans, mais pratique ce sport depuis près de 25 ans. L'an dernier, il a notamment pris part aux championnats canadiens de ski paranordique, à Canmore, en Alberta.
Sa présence aux Jeux du Canada est le résultat d'une grosse année de sacrifice, d'entraînement et d'efforts pour lui et sa famille. Mais il a toujours gardé à l'esprit que ce sport doit avant tout être amusant pour lui.
« Ce serait facile d'être nerveux à si peu de temps des Jeux. Avec l'entraînement, un emploi et une famille, ça peut nous imposer beaucoup de pression et de stress. Mais c'est un sport que j'aime tellement que ça me donne la motivation de continuer. Ces Jeux seront pas mal spéciaux pour moi. Ce sera toute une expérience personnelle », estime-t-il.
Sur la piste du centre de Martock, ses objectifs sont assez précis : il veut maintenir un rythme sous les quatre minutes du kilomètre. Récemment, à une épreuve de la Coupe NB de six kilomètres, il a fait un peu plus de 24 minutes. Il croit donc que ce but est réalisable.
Mais là où ce sera l'inconnu pour Louis Fortin, c'est du côté de ses adversaires.
« Je suis le seul skieur paranordique debout au Nouveau-Brunswick et il n'y en a pas d'autres dans l'est du Canada. Je sais qu'il y en aura un de l'Ontario mais je ne sais pas pour les autres provinces. Je ne sais vraiment pas à quoi m'attendre de ça », élabore-t-il.
Manon Losier, de Benoît, près de Tracadie-Sheila, fera également partie d'Équipe NB, en tant qu'entraîneure-adjointe de la formation de ski de fond. Ce sera sa deuxième expérience aux Jeux, après sa participation en tant qu'athlète en 1991, aux côtés de la future olympienne Milaine Thériault, de Saint-Quentin.
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