Michel Nepveu
Pas compliqué, un tour de vélo. Mais à chacun correspond une petite préparation, matérielle et physique. Plus la balade est longue, plus la préparation est nécessaire... une vérité étonnante que nous allons décortiquer en détail.
Préparer son vélo
Comment prépare-t-on un vélo ? Les éléments mécaniques sont en ordre, la chaîne lubrifiée, les pneus à la bonne pression ? Bien... voilà, c'est à peu près tout. Ce qui peut survenir, et pas souvent, c'est une crevaison. Aussi, si vous sortez des circuits urbains, il est sage d'avoir une pompe, une chambre à air de rechange et des petits leviers pour les manipulations du pneu. Réservez colle et rustines pour les soirées pluvieuses, chez vous.
Vous allez un peu plus loin ? Équipez votre vélo pour transporter tous les en-cas (lunettes de soleil, clés, argent, crème solaire, chandail, imperméable, etc.) ; une sacoche fera votre bonheur. Vous « voyagez léger » ? Un petit sac de guidon est pratique. Enfin, très utile en ville, un sac à dos est très peu recommandable en randonnée.
Préparer le cycliste (vous, en l'occurrence)
Comment se prépare-t-on physiquement à un événement cycliste, à une sortie, à une semaine, à deux semaines de vélo ? Doit-on se préparer si l'on vient de prendre la décision (éclairée !) de se rendre désormais au travail à vélo ? Voici différents types d'activités pour lesquelles on peut vouloir se préparer.
Au travail à vélo : l'incessant voyage
Pour des distances modestes (moins de 8 km), aucune préparation n'est nécessaire. La forme n'a rien à voir avec le transport actif ; en fait, elle viendra plutôt, éventuellement, avec votre pratique. Ne soyez pas intimidés par la perspective de l'effort ; à faible vitesse, le vélo est une activité de paresseux ! Ce n'est pas comme la marche ; vous arrêtez de pédaler et, ma foi, ça continue à avancer un bon bout !
Côté logistique (le mot est fort), un minimum mais vraiment un minimum de planification consacrée aux vêtements est tout ce que ça prend pour devenir un travailleur cycliste heureux. Et pour les courses, sachez que, sous des apparences modestes, les paniers (avant ou arrière) représentent l'aboutissement technologique ultime. Imbattable !
Le Tour de l'Île : le voyage d'un jour
Voilà une belle petite randonnée urbaine de 45 km. Vous avez le loisir de vous arrêter, de vous reposer, et même de vous sustenter. La préparation ? Quelques sorties au cours des semaines qui précèdent suffiront pour vous redonner le tonus - et l'enthousiasme - qu'il faut pour votre randonnée (impératif pour les enfants). Et par la même occasion, vous pourrez constater si votre vélo est, oui ou non, bien portant. Ce type de randonnée est à la portée de tous. Partez doucement, et vous arriverez à bon port.
Le Défi métropolitain : le voyage au long jour
Voilà déjà autre chose. Vous pédalerez entre 75 et 150 km... en tout cas, vous aimeriez au moins avoir le choix, et revenir vivant de cette journée. Un minimum de préparation s'impose. Deux écoles. La première : faire 150 km à fond la première fois ; s'en remettre pendant quelques jours. Refaire 150 km à fond ; s'en remettre à nouveau, et ainsi de suite, jusqu'à amélioration de la capacité de récupération physique et psychologique, au encore jusqu'à l'admission au centre hospitalier. Optons cette semaine pour la deuxième école, moins spectaculaire, qui suggère l'apprivoisement de la distance et de l'effort. (Pensez au Petit Prince et au renard.)
Augmentez progressivement la charge de travail, en variant les distances et l'intensité de vos sorties. Un principe de base peut guider votre démarche : ne mélangez pas intensité et endurance (autrement dit grand effort et longue sortie). Si vous optez pour un trois heures une journée, faites-le avec une certaine retenue. La sortie suivante, faites une heure ou une heure et demie, en y allant de quelques efforts plus énergiques, soit en vélocité (en mettant l'accent sur la vitesse de jambes, pas nécessairement sur la vitesse), soit en puissance, en poussant des braquets un peu plus gros que de coutume. Tout mettre dans le même sac (intensité et endurance), c'est se diriger sûrement - et même pas lentement ! - vers le surentraînement et l'épuisement.
Le Grand Tour, l'Europe: le voyage au long cours
Comment se prépare-t-on à huit jours consécutifs de vélo (ou plus), qui totaliseront environ 700 km, et qui comprendront certaines journées longues et difficiles ? Selon ce que l'on recherche, et de préférence intelligemment.
Pour tous ceux et celles qui souhaitent s'améliorer, et peut-être même devenir performants, voici le grand secret qui va changer votre vie de cycliste ambitieux : l'irrégularité, l'inconstance, les fluctuations. Le secret de l'entraînement physique réside dans les variations d'intensité de l'effort, qui sont indissociables de la vraie forme physique. Soyez infidèle à toute vitesse, à tout développement. C'est là, grosso modo, le principe des intervalles, ou du travail fractionné. Mais nous ne sommes pas nécessairement disposés à faire les efforts qui mènent à la forme athlétique... Peut-on nuancer un peu les choses ?
Les intervalles... sans perte de connaissance ! On l'aura compris avec ce qui précède, rouler toujours à la même vitesse (même vite) fera de vous une sorte de diesel, peu apte à absorber les changements de rythme. Mais ce qu'il est essentiel à comprendre, c'est qu'il y a changement de rythme et changement de rythme... Il faut une forme déjà solide - et des objectifs sérieux - pour se lancer dans des 30 secondes à 100 %, à fond la caisse, avoir envie d'avaler la planète, récupérer 1 min 30, puis recommencer, à répétition. Un coureur se doit de faire ce genre d'exercice tôt ou tard. Mais les intervalles n'impliquent pas obligatoirement l'envie de mourir ! Répétons-le : soyez simplement « inconstant ». Un vent de dos vous pousse allegrement : faites le contraire de ce que vous auriez fait spontanément : allez-y en souplesse et pratiquez votre vitesse. Faites-le une minute, peut-être deux, puis revenez à une cadence normale ; refaites-le à quelques reprises. Le vent est défavorable : mettez un peu de braquet et voici quelques minutes d'exercice en puissance. Il y a une côte près de chez vous : voilà des intervalles naturels. Intégrez ces exercices à vos sorties, naturellement, et n'y consacrez pas tous vos entraînements, sinon, vous allez ambitionner et vous épuiser. Allez-y modérément et vous ferez, en vous en rendant à peine compte, du travail fractionné, beaucoup plus rentable (et intéressant) que la constance.
Les bienfaits de la forme Être bien préparé, et pour ainsi dire plus qu'il ne serait nécessaire pour votre activité sportive (et vos ambitions) n'est pas inutile. Le champ de vos possibilités s'en trouvera élargi et votre attitude, métamorphosée, pour la simple raison que vous affronterez avec succès, mais surtout avec plaisir, les obstacles qui se présentent. Vous finirez par comprendre l'indéniable, mystérieux et masochiste plaisir de l'ascension.
Améliorer sa forme, c'est s'offrir le luxe sportif de transformer en défi agréable ce qui, autrement, prend les allures d'épreuve pénible et inquiétante. C'est pénétrer dans un monde qui, une fois passé le seuil, recèle d'inépuisables richesses. À tout prendre, c'est un bonus à la forme et au bien-être qu'il serait maladroit de négliger.
Plus, c'est mieux que moins !
Nous sommes tous pareils : nous sommes très avares de matériel extra. Ah! j'ai emporté les 556 grammes de mon imperméable pour rien aujourd'hui, soleil toute la journée! Quel gaspillage ! Ouais ... Lorsque l'inverse survient, cependant, la pluie, la chute de température, l'hypothermie... on s'ennuie beaucoup des 556 grammes de notre imper. À vélo, plus, c'est toujours mieux que moins.
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Pour vous inscrire aux différents événements mentionnés... ou pour tout savoir sur le vélo au Québec : www.velo.qc.ca
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