31 mai 2006

Une affaire de sprint

La voie Camilien-Houde du mont Royal ou la montée Bourget de Rigaud, y a rien à faire. Les coureuses monteraient l'Alpe d'Huez que la victoire se déciderait au sprint. Si la tendance se maintient, le Tour du Grand Montréal se transformera encore une fois en une bagarre pour les secondes offertes aux sprints intermédiaires et à l'arrivée.

L'Américaine Christine Thorburn (Webcor-Platinum), une rhumatologue de 36 ans, a conservé son maillot jaune de leader en finissant neuvième d'une rugueuse étape de 118 kilomètres remportée par l'Australienne Olivia Gollan (Nobili Rubinetterie).

Mais Dre Thorburn peut sentir le souffle chaud de l'Allemande Trixi Worrack (Nürnberger), qui a réalisé le meilleur coup de la journée en passant de la quatrième à la deuxième place au classement général. Worrack se rapproche à huit secondes de l'Américaine.

« Cette course se décide généralement lors des sprints de bonification et ce sera encore le cas cette année », a affirmé Thorburn, qui aura fort à faire pour résister aux assauts de Worrack, sans doute la meilleure sprinteuse parmi les 15 coureuses toujours en lice pour la victoire finale.

Troisième de l'étape derrière Gollan et Judith Arndt (T-Mobile), Worrack a grappillé un total de 11 secondes en bonifications, profitant entre autres du travail de sa coéquipière Oenone Wood, l'Australienne qui a remporté le Tour l'an dernier par une marge de... 13 secondes.

« Ce qui est étrange, c'est que Trixi ne se sent pas très bien en ce moment, a noté Dennis Sanding, directeur sportif de Nürnberger. Elle est encore affectée par le décalage horaire et un très difficile Tour de l'Aude. »

Gagnante sur le mont Royal, samedi, Arndt se dit elle aussi fatiguée par les longs voyagements. Elle a néanmoins réussi à se maintenir à distance raisonnable de la tête. L'Allemande est cinquième, à 21 secondes de Thorburn. Plutôt discrètes, hier, les Américaines Kori Seehafer (+10 s) et Kristin Armstrong (+12 s), deux membres de l'équipe Lipton, occupent respectivement les troisième et quatrième rangs.

Les quatre premières boucles de 21 kilomètres autour du mont Rigaud ont été une occasion pour les quelque 100 coureuses de s'observer. Comme samedi sur le mont Royal, Élodie Touffet a décidé que c'était un peu ennuyant et a attaqué. La Française a été rejointe un peu plus loin par la Chinoise Xiangyin Ruan.

L'avance du duo sino-français n'a jamais dépassé 50 secondes, si bien que 20 kilomètres plus loin, le peloton est arrivé groupé au pied de la première des deux montées Bourget; une côte à paliers de 2,2 kilomètres avec un passage à plus de 15 %.

La Canadienne Erinne Willock, coéquipière de Thorburn, a placé une attaque dès les premiers mètres, espérant être rejointes par quelques ténors pour forcer les autres équipes à travailler. L'opération s'est avérée un demi-succès, Willock franchissant le sommet seule avec à peine cinq secondes d'avance sur un groupe de 14 coureuses.

La sélection était réglée et aucune coureuse n'a réussi à se détacher dans la seconde montée de Bourget. Willock, la Montréalaise Anne Samplonius, la Britannique Rachel Heal et l'Allemande Tina Liebig ont cependant été légèrement décrochées.

Elles ont néanmoins réussi à recoller à 1 km de l'arrivée alors que ça swinguait d'un côté à l'autre dans le groupe de tête. Malchanceuse, Willock a été violemment projetée au sol quand son guidon a cogné celui d'une rivale. La cycliste de 24 ans en a été quitte pour un énorme pruneau sur un coude et de multiples éraflures sur le côté gauche du corps.

« Ça a été une bagarre avec la chaussée », a confié Willock, qui n'a pas bronché quand le médecin a désinfecté ses plaies. De belles pizzas à prévoir...

Unique représentante de son équipe, Gollan sait compter. Elle a donc décidé de jouer son va-tout en attaquant à trois kilomètres de la ligne. Ses rivales se sont regardées un peu trop longtemps et l'Australienne a franchi la ligne avec une avance de deux secondes.

« Je ne sprinte pas très bien ces temps-ci, a expliqué Gollan, championne australienne sur route en 2003. Je savais donc que ma seule chance de gagner était d'attaquer solo. Parfois ça marche, parfois non. Aujourd'hui, ça a marché, c'était fabuleux ! »


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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