18 juin 2006

Boily reçoit des éloges

QUÉBEC-Privé de leur leader Keven Lacombe, blessé, les Volkswagen Trek de Josée Robitaille avaient été plutôt discrets lors des quatre premiers jours de ce 21e Tour de Beauce. Le jeune Éric Boily s'est chargé de remettre le orange et le bleu à l'ordre du jour, hier, à Québec.

Le cycliste de 18 ans a participé activement à l'échappée de six coureurs qui a animé cette cinquième étape, s'attirant les éloges de Svein Tuft, un vétéran du peloton canadien. Boily s'est même porté à l'attaque quand son groupe s'est fait rejoindre au bas de la dernière ascension de la côte Gilmour après une cavalcade de 85 kilomètres.

La dernière tentative du coureur de Chicoutimi n'a pas fonctionné, mais il était très satisfait d'avoir tout donné. « Tant qu'à avoir fait tout ça, aussi bien essayer. C'était la dernière chance de faire quelque que chose. J'ai essayé », a expliqué Boily, qui participe à son premier Tour de Beauce. Ce dernier sursaut en fin de parcours a relégué le champion canadien junior au 33e rang de l'étape, à 51 secondes du gagnant, le Britannique Russel Downing.

Boily se demandait bien ce qui se passait quand une commissaire a brandi une pastille rouge, ordonnant à son groupe, qui se trouvait sur le boulevard Champlain, aux abords du Saint-Laurent, de s'arrêter. Leur avance avait atteint une quarantaine de secondes. Les six coureurs ont ensuite été informés de la protestation qui se tramait plus haut.

Ils ont repris le départ près d'une heure et demie plus tard. « Ça m'a pris un tour pour me remettre dedans. Ça n'a pas été si pire, surtout que le début du parcours était assez facile », a indiqué Boily, précisant que l'équipe Navigators leur avait promis une trêve de quelques tours pour leur donner l'occasion de se mettre en jambes.

Les Allemands de Sparkasse et les Mexicains de Tecos ne l'entendaient toutefois pas ainsi. Ils ont ouvert les gaz dès le deuxième coup de fusil malgré les hauts cris des Navigators, dont le maillot jaune Valeriy Kobzarenko, qui a lui-même ramené quelques tentatives d'échappée. Boily et les cinq autres fuyards ont donc dû en ramer un coup pour faire grimper leur avance à 1 minute 30 secondes.

La prestation de Boily n'est pas passée inaperçue. Le double champion canadien Svein Tuft, un de ses compagnons d'échappée, a tenu à la souligner.

« Éric a fait sa large part du travail. Il a été impressionnant. Le développement de jeunes coureurs au Canada semblait avoir atteint son point le plus bas. C'est bien d'en voir d'aussi forts en Beauce. Le développement, c'est exactement ce pourquoi notre équipe existe », a expliqué le porte-couleurs de Symmetrics, une équipe de Vancouver.

Boily était un peu à la peine depuis le début de son séjour beauceron. Ses études en administration au cégep de Chicoutimi ont empiété sur son entraînement de début de saison. Au classement général, il pointe au 76e rang, à 51 m 29 du leader.

« C'est le métier qui rentre, a-t-il souligné. C'est dur. Même ceux qui ont fait plusieurs Tours de Beauce m'ont dit que cette année, c'est un solide. »

L'an dernier, Boily a fini deuxième du Tour de l'Abitibi, une course junior de calibre international. Il avait été devancé par son coéquipier d'alors, David Veilleux, aujourd'hui avec Garneau-Optik. Veilleux s'était inséré dans une échappée alors que Boily détenait le maillot brun de leader. Ça avait fait des histoires, mais Josée Robitaille, directrice sportive de Volkswagen Trek, jure que c'est oublié.

Les deux jeunes coqs se retrouveront dans moins de deux semaines lors des championnats diens de Québec. Une revanche en perspective ?



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