18 juin 2006

Victoire du champion britannique
après une longue interruption

Assurer la sécurité dans un circuit urbain n'est pas une chose simple. Les organisateurs du Tour de Beauce l'ont constaté à leur grand désarroi, hiers après-midi, à Québec .

Offrant un spectacle enlevant depuis le début de la semaine, le Tour a été assombri par une protestation du peloton qui a retardé de presque une heure et demie la cinquième étape, remportée par le champion britannique Russel Downing.

L'incident est survenu peu avant le tiers de l'épreuve, prévue pour 125 kilomètres. Inquiets pour leur sécurité, les coureurs ont posé pied à terre quelques secondes après que l'Ontarien Mark Walters (Navigators) eut entré en collision avec une voiture, qui s'est retrouvée sur le parcours dans un secteur de Sillery.

Heureusement, Walters, qui portait le maillot bleu de meilleur Canadien, s'en est tiré sans blessure grave et a pu compléter la course. Il a cependant perdu son maillot bleu au profit de Christian Meier (Symmetrics).

« J'ai atterri sur le derrière, directement sur le coccyx. Aussitôt que je suis revenu dans le peloton, tous les coureurs ont demandé qu'on arrête pour moi. Je tiens à les remercier », a déclaré Walters quelques minutes après l'incident alors que la confusion régnait dans le peloton et la caravane.

L'Ontarien de 30 ans s'est ensuite mis à la recherche d'un téléphone cellulaire, angoissé à l'idée que sa femme lise dans Internet qu'il avait eu un accident.

Selon différents témoins, une jeune conductrice a fait fi des cônes qui séparaient les deux voies de l'étroit chemin Saint-Louis, coupant le peloton qui filait à vive allure. L'Australien Glen Chadwick a eu le temps de freiner, contrairement à son coéquipier Walters, qui le suivait dans sa roue. La conductrice aurait poursuivi son chemin.

« On a emprunté le même secteur que l'an dernier et il n'y avait eu aucun problème. On ne pourra jamais complètement bloquer 800 intersections ou poser 24 kilomètres de barricades », a expliqué le président du Tour, Denis Lévesque, visiblement ébranlé par la tournure des événements.

Cette étape à Québec était l'occasion pour le Tour de Beauce de faire le plein de visibilité. M. Lévesque se serait bien passé de celle-là. « On se sent mal parce que la dernière chose qu'on veut voir, ce sont des coureurs qui se blessent. À nos yeux, ce sont comme nos petits bébés »

Le président se promettait une réunion rapide avec les autorités de la Ville de Québec et de la police, d'autant plus que les championnats canadiens sur route seront présentés sur le même parcours dans moins de deux semaines. «On vient d'avoir une petite leçon. »

M. Lévesque a longuement remercié les coureurs, les directeurs sportifs et la police « qui s'est virée sur un dix cernes » pour permettre la poursuite de la course.

À première vue, ce n'était pas évident. Plusieurs coureurs pensaient plier bagage vers Saint-Georges-de-Beauce, dont le porteur du maillot jaune, l'Ukrainien Valeriy Kobzarenko (Navigators), et son plus proche poursuivant, l'Américain Danny Paie (TIAA-CREF).

D'autres cyclistes n'ont pas manqué de souligner que cette interruption servait bien les intérêts des coureurs de Navigators, qui devaient protéger le jaune de Kobzarenko. « C'est une excuse », a tranché Bruno Langlois, de l'équipe canadienne, reconnaissant néanmoins que le parcours était dangereux.

Downing, le gagnant de l'étape, croit que la bonne décision a été prise. « Ce n'est pas la première fois que je vis une telle situation, a affirmé le coureur de 27 ans. Un gars comme moi et tous ceux qui vivent de ce sport ne veulent pas le faire dangereusement et perdre leur gagne-pain pour le reste de la saison. »

Après un long conciliabule entre les commissaires et les directeurs sportifs, il a été décidé de reprendre la course avec quelques changements. Ainsi, l'une des 10 boucles de 12,5 kilomètres a été retranchée et une voie a été ajoutée sur la Grande-Allée, que le peloton franchissait dans les deux sens. Les nombreux cônes qui inondaient le boulevard ont aussi été retirés.

Le deuxième départ a été donné près de 90 minutes plus tard, question de donner le temps à la police de procéder aux ajustements. Plusieurs craignaient que le reste de la course ne soit qu'une procession de coureurs mécontents. Ça n'a pas été le cas, loin de là.

« C'est un beau geste de leur part. C'est une marque de respect envers l'organisation et on l'apprécie », a réagi Denis Lévesque.

L'échappée de six coureurs, qui profitait d'une avance de 40 secondes au moment de l'incident, a été relancée avant le peloton.

Le groupe de tête a maintenu son avance jusque dans la dernière ascension de la côte Gilmour. Les fuyards ont alors été avalés par un groupe de 25, composé de presque tous les leaders, dont le maillot jaune.

Affamé, Kobzarenko a attaqué avec deux bornes à franchir, aussitôt pris en chasse par l'Allemand Stefan Parinussa, ex-leader du Tour. Le Britannique Russel Downing (DFLCyclingnews) a profité du travail de son coéquipier David Harrigan pour faire la jonction avec les hommes de tête avant de placer son accélération gagnante, à 450 mètres du fil.

Malheureusement pour lui, on se souviendra plutôt de la longue interruption en milieu de course.

AUJOURD'HUI
Dernière étape du Tour de Beauce, un circuit urbain de 132 kilomètres, soit 12 boucles de 11 km. Kobzarenko (Navigators) détient une priorité de 18 secondes sur l'Américain Danny Pate (TIAA-CREF), qui a perdu sa deuxième place au profit de Lagutin (Navigators), deuxième hier. Les TIAA-CREF ont promis de promis de multiplier les attaques. Kobvarenko aussi...



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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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