Malgré son statut de numéro deux mondiale et des sensations fantastiques depuis son arrivée à Athènes, Marie-Hélène Prémont a gardé pour elle ses ambitions pour les Jeux olympiques.
« Je savais que j'avais de bonnes jambes. La médaille, j'y croyais dès le début, même avant de partir. Je ne vous l'ai pas dit pour ne pas que vous me mettiez trop de pression...» a lancé Prémont, sourire en coin, après avoir cueilli la médaille d'argent, hier après-midi.
En attendant le retour de Prémont du contrôle antidopage, Michel Leblanc, son entraîneur, a raconté à une poignée de journalistes comment cette performance avait été planifiée dans les moindres détails par cette athlète autonome et hyper-organisée.
En avril, avant même d'être sélectionnée pour les Jeux, elle s'est rendue à Athènes pour reconnaître le parcours. Après d'excellents résultats en Coupe du monde (deux deuxièmes places, entre autres), elle a participé à un camp d'entraînement de trois semaines en Arizona, question d'apprivoiser la chaleur.
De retour au Québec, Prémont s'est imposée trois ou quatre séances hebdomadaires de sauna, dont une sur un vélo stationnaire ! «C'était quelque chose de léger, à 40 % d'intensité. L'idée, c'était de préserver les acquis», a expliqué Leblanc. L'athlète de 26 ans a également participé à une Coupe du Québec avec un cuissard pleine longueur par une température de... 28 degrés Celsius !
En écoutant les déclarations d'après-course de l'Allemande Sabine Spitz et de la Canadienne Alison Sydor, respectivement troisième et quatrième, on ne peut s'empêcher de saluer la prévoyance de Prémont.
«Je me sentais très bien et, soudainement, la chaleur a commencé à se glisser en moi, a expliqué Sydor, 37 ans. J'ai éprouvé des difficultés à partir du troisième tour. Je devais être un peu prudente dans les descentes pour essayer de me refroidir un peu et être en mesure de pousser un peu plus dans les montées. Pour moi, ce fut un gros facteur aujourd'hui.»
Sabine Spitz : «Les conditions climatiques ont nui à mes efforts. C'était très chaud et ça a représenté un problème pour moi.»
Prémont, elle, a adoré. Habituée de se pointer pratiquement seule en Coupe du monde, la cycliste de Château-Richer a également vanté les services de l'équipe canadienne. «J'avais un massage quand je le voulais, un médecin et un chiro à ma disposition. J'avais aussi toujours de la bonne bouffe accessible et puisqu'on était vers la fin des Jeux, j'étais seule dans ma chambre. J'étais bien. Ce sont plein de petits détails qui font la différence.»
Pour compléter le tableau, Prémont est bachelière en kinésiologie à l'Université Laval. La cycliste se sert de ses connaissances en science de la performance, en entraînement, en nutrition et en psychologie sportive afin d'optimiser sa préparation. Une athlète jusqu'au bout des ongles, quoi.
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