1er juin 2004

Le maire de Québec devra
faire son deuil du Tour de France

Quoique alléchante, l'idée de présenter le prologue et une ou deux étapes du Tour de France au Québec avant de retourner en Europe est «difficilement réalisable», selon Jean-François Pescheux, directeur des compétitions de la société du Tour.

Les contraintes logistiques inhérentes à un tel projet sont pratiquement impossibles à résoudre. «Dans une période de 72 heures, on ne peut pas se permettre de faire faire deux vols de sept heures à un peloton de 200 coureurs», a fait valoir M. Pescheux lundi matin, au cours d'un entretien avec La Presse. Ce dernier est à Montréal à titre de commissaire en chef des épreuves de la Coupe du Monde de cyclisme féminin.

«C'est comme si on demandait aux gens de la Formule 1 de tenir des essais au Canada et de disputer le Grand Prix en Europe. Ils ne le feraient pas, a-t-il poursuivi. L'idée a été étudiée, le potentiel était là, tout était là, mais on ne peut pas se le permettre.»

M. Pescheux a ensuite évoqué des déclarations récentes de Lance Armstrong selon lesquelles une période de trois semaines lui était nécessaire pour se remettre adéquatement des effets du décalage horaire. «Si c'est lui qui le dit, c'est la même chose pour tous les coureurs. Le Tour de France est l'épreuve la plus dure au monde.»

L'idée de ce projet d'envergure avait germé dans la tête du maire de Québec, Jean-Paul L'Allier, à l'été 2002. Le maire souhaitait accueillir un événement sportif ou culturel d'envergure internationale pour célébrer en grande pompe le 400e anniversaire de la fondation de Québec.

En octobre, le maire L'Allier avait reçu la visite de Jean-Marie Leblanc, directeur général du Tour de France. Reconnaissant le « côté affectif indéniable » du projet, ce dernier avait néanmoins indiqué que plusieurs étapes devaient être franchies avant que l'on puisse savoir s'il était réaliste et souhaitable.

À Québec, un comité de parrainage planchait sur la faisabilité du projet depuis quelques mois déjà. Un groupe de délégués s'était même rendu au départ du Tour, à Paris, en juillet 2003. Hier, il a été impossible de parler avec un membre du comité de parrainage. Du côté du cabinet du maire L'Allier, on n'avait pas été informé du rejet du projet, ce qui, au dire de M. Pescheux, devrait être fait dans les prochains jours.


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