23 juin 2003

Deuxième, Dionne réalise tout un numéro

Charles Dionne ne bluffait donc pas lorsqu'il racontait à tout le monde qu'il était dans la meilleure forme de sa carrière et qu'il pourrait s'illustrer dans les bosses de la Beauce.

Pendant que l'Américain John Lieswyn résistait à tous ses rivaux pour conserver son maillot jaune de leader, Diome a réalisé tout un numéro pour se classer deuxième de la sixième et dernière étape de ce 18e Grand Prix cycliste de Beauce, hier après-midi, à Saint-Georges.

Après avoir effectué un travail acharné à la tête d'un groupe de quatre coureurs afin de garder le peloton de chasse à distance, Dionne s'est fait souffler la victoire dans les derniers mètres par le Tchèque Lubor Tesar. Ce dernier a parcouru les 154 kilomètres de ce circuit routier en 4h0l.22, soit à une moyenne de 38,28 km/h.

Dionne (équipe canadienne) a été particulièrement impressionnant dans la montée de deux kilomètres empruntée 14 fois par les coureurs. Vers le km 123, il s'est détaché du peloton principal pour rejoindre quatre coureurs en échappée. Travaillant seul, le cycliste a mis quelque 14 km avant d'atteindre son profit. Malgré cet effort exténuant, c'est Dionne lui-même qui a donné le tempo dans la dernière montée et qui a bouché le trou lorsqu'un compagnon d'échappée a voulu se sauver.

« Les jambes n'étaient pas parties à Cuba! a lancé Dionne après cette spectaculaire prestation. Le gros moteur V12 marchait à fond. Le Tchèque n'a pas roulé vers la fin et il lui restait des jambes pour le sprint. Il est passé assez vite et j'ai essayé de tout mettre sur la ligne. Mais il me manquait deux ou trois pistons... »

Cette deuxième place aux allures de victoire augure donc très bien pour les Championnats canadiens, le week-end prochain à Hamilton. Dionne n'a pu s'empêcher d'envoyer un petit jab aux dirigeants de son équipe Saturn, qui ont refusé de se pointer en Beauce et qui l'ont laissé sur la touche pour le championnat USPRO. « J'ai prouvé que j'ai ma place dans toutes les grandes courses... »

Lieswyn résiste
Objet de toutes les attaques de la solide formation tchèque Zvvz, qui souhaitait améliorer la troisième place de son leader Tomas Konecny, l'Américain Lieswyn, bien appuyé par ses coéquipiers de 7-UP-Maxxis, a su résister jusqu'au bout pour devenir le premier coureur de l'histoire du Grand Prix à garder le jaune du début à la fin. Il a complété les six jours de course avec une priorité de 47 secondes sur son compatriote Chris Baldwin (Navigators) et de 53 secondes sur Konecny.

« J'ai eu beaucoup de difficulté à dormir au cours des deux derniers jours, a déclaré le champion après avoir sabré le champagne. La pression était énorme. J'ai déjà gagné des courses à étapes, mais jamais rien d'aussi important que la Beauce. Je serai de retour une dernière fois l'an prochain et... je devrai apprendre un peu de français ! »

Dire que Lieswyn, malade et vanné après avoir disputé deux courses d'importance, a appelé les dirigeants de son equipe une journée avant le début du Grand Prix pour se désister... Faut croire qu'un maillot jaune, ça guérite bien des maux.

La course vue de la caravane

On lève
notre chapeau à Dominique Perras qui a obtenu le meilleur résultat de sa carrière en Beauce avec une huitième place au classement général (+3:21). Le membre de l'équipe Flanders-IteamNova a terminé dans le peloton principal, hier, à sept secondes du gagnant. Perras a placé une ultime attaque au somment de l'avant-dernière montée de la journée, mais aucun des 10 premiers au général n'a voulu lui donner de bon de sortie. « Je visais un peu plus haut, mais je suis relativement content de ma performance ici. Ça augure bien pour les Championnats canadiens qui seront disputés sur un parcours qui me convient » a déclaré celui qui est reparti avec le maillot du meilleur Québécois.

On félicite
les Greg Henderson, Brice Jones, Jason McCartney, Kevin Monahan, Doug Ziuewacz et Christopher Pic qui ont effectué un travail formidable pour amener leur leader John Lieswyn jusqu'à la victoire finale. Même si plusieurs observateurs, dont le représentant de La Presse, entretenaient des doutes, ils ont servi une véritable clinique sur l'art de défendre un maillot. Des efforts qui ne trouvent pas écho au classement final, mais qui ont fait toute la différence du monde.

On n'a pas aimé
les innombrables nids-de-poule sur les routes du Québec (message des coureurs), les chutes dans le final des étapes deux et trois, les deux coureurs dans le traffic sur le boulevard Champlain à Québec et la Heineken à 6,50$ au Vieux Saint-Georges, qui n'est pas un bar de danseuses, faut-il préciser.

On a aimé
les paysages magnifiques de la Beauce, la gang du Grand Prix, les montées sur la côte Gilmour et la superbe bagarre sur le mont Mégantic, l'humilité, l'extrême gentillesse et les propos articulés des coureurs, la performance de Jean-Sébastien Maheu, gagnant du maillot de meilleur jeune, la verve de l'animateur Louis Bertrand (bien oui !), ainsi que la bouse ou la tourbe, c'est selon. Pis là, on s'en va à Woodstock en Beauce... et on ne sait pas si on va en revenir !


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