15 mai 2003

Professionnel... vraiment ?

« Profession : cycliste professionnel », peut-on lire dans le curriculum vitae du Québécois Dominique Perras. Après huit mois à couvrir les hauts et les bas de nos hockeyeurs du Canadien, l'expression «professionnel» fait un peu sourire.

Il y a une dizaine de jours, lors d'un passage impromptu du représentant de La Presse à Gent, en Belgique - où réside Perras durant la saison cycliste - on a pu mesurer l'écart monstrueux qui existe entre deux groupes d'athlètes dits professionnels.

Petit exemple parmi tant d'autres : la semaine dernière, quelques jours avant le début de la Course de la Paix, Perras écume les agences de voyages de Gent avec l'espoir de se dénicher un billet d'avion à bas prix pour la République tchèque, où doit s'élancer le tour. Il ne trouve pas mieux qu'un billet à 270 euros (environ 431 dollars canadiens). Trop cher, bien sûr.

Résultat ? Perras doit se résigner à se taper quelque 15 heures de route à bord de la camionnette de son équipe Flanders-Iteamnova pour se rendre à la course. Amplement le temps pour se préparer mentalement à une épreuve de 1562 kilomètres sur neuf jours...

Autre tracas avant la Course de la Paix : dénicher des visas pour la République tchèque et la Pologne. Perras saute dans sa rutilante Opel Kadet 1992, direction Bruxelles. Il revient bredouille plusieurs heures plus tard, les bureaucrates des ambassades ayant refusé d'accélérer le processus. Il devra donc retourner à Bruxelles. Une autre journée d'entraînement pratiquement foutue pour deux bouts de papier à quelque 80 euros pièce.

Et ç'a beau peser 62 kilogrammes et des poussières, faut que ça mange, un coureur cycliste (vous devriez voir la quantité astronomique de bouffe qu'il peut ingérer en une journée). Perras, 28 ans, fait donc l'épicerie dans une espèce de Wal-Mart belge qui, selon ses dires, «tue la concurrence». On y va avec la base : pain, lait, fruits, légumes, viande et thon. Seul petit luxe, les pâtes qu'on achète chez l'italien. Paraît qu'il ne faut pas niaiser avec les pâtes.

À l'opposé, les joueurs du Canadien n'ont qu'à penser à déposer leur bagage dans la soute de l'autobus lors des périples à l'étranger. Tout le reste de l'horaire (transport, hôtel, bouffe) est réglé au quart de tour selon un horaire préparé par Michèle Lapointe, directrice des services à l'équipe.

Perras aimerait bien lui aussi avoir une Mimi.

Ça lui apprendra à laisser tomber ses jambières de gardien de but à l'adolescence pour se tourner vers le bicycle...


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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