Jacques Sennechael
Thomas Kvist n’en pouvait plus de joie en passant la ligne d’arrivée. Il a attrapé le drapeau de son pays brandi par un danois vivant au Canada. « C’est ma deuxième course de la saison et je monte sur le podium, a expliqué Thomas, un grand sourire aux lèvres, c’est ma journée. » À notre étonnement qu’il en soit seulement à sa 2e course, le danois nous a expliqué qu’il s’était cassé la clavicule droite fin avril dans une course en Italie. Il a couru dans les Alpes la semaine dernière avant de venir participer à la coupe des Nations saguenéenne.
S’il y en a un autre qui était aux anges de sa journée, c’est bien l’algérien de l’équipe mixte Abdelkader Belmokthar. Il a pris la poudre d’escampette juste après le sprint de bonification du 4e tour. Dans la côte du boulevard de l’Université, on l’a vu travailler fort pour confirmer son échappée. Il récupère en débutant le 5e tour les points de grand prix de la montagne en même qu’il engrange 34 secondes d’avance sur ses poursuivants. Il est rejoint au 6e tour par le canadien Zach Garland, le danois Thomas Kvist et le biélorusse Konstantin Shkredau. Les quatre vont batailler dur alors que derrière, le peloton s’étire et se fracture de temps en temps avec des tentatives d’échappées. Au 11e tour, le coureur algérien et le danois lâchent leurs deux collègues d’échappées. Ils collaborent pour garder leur avance sur d’éventuels chasseurs. Au passage, Belmokthar récupère les points du grand prix de la montagne.
Au 12e tour, deux tours avant l’arrivée, un gros peloton de chasse s’organise. Il a dans ses rangs toutes les grosses pointures du classement général. Les italiens sont là, mais aussi le lituanien porteur du maillot jaune, Éric Boily est là avec un autre canadien plus le portugais vainqueur du contre-la-montre d’hier.
Les deux hommes en échappée tiennent le coup. À la fin de l’ascension de la côte de l’Université, le danois Thomas Kvist jette un œil derrière lui. Il voit son collègue d’échappée en difficulté et place tout de suite une attaque sèche. Belmokthar n’arrive pas à prendre sa roue mais ne se relève pas pour autant. Il reste deux tours de 8,4 kilomètres à faire, il peut se rendre à l’arrivée avant d’être rejoint.
Le danois passera la ligne avec 1 m 39 s d’avance sur son compagnon d’échappée. « Nous avons bien travaillé ensemble, précisera-t-il la ligne franchie, plus le tour avançait, plus je me sentais en forme. En plus, il faut avouer qu’on n’a pas beaucoup travaillé ces derniers jours, y compris hier dans la côte. »
Abdelkader Belmokthar a tout donné dans la côte avant de franchir la ligne. « J’étais loin au général, ils m’ont laissé partir, a expliqué le nouveau maillot à pois, j’ai débuté dans des petits clubs en Algérie et là, je me retrouve avec un maillot à pois d’une grande course internationale. »
Nous n’avons pas vu les coureurs de l’équipe canadienne à la fin de la course. Éric Boily termine à la 12e place, 3 m 10s derrière le gagnant de l’étape. Il se classe 4e au général Il faut dire que l’équipe canadienne qui a brûlé beaucoup de cartouches hier a répété son erreur aujourd’hui. Éric Boily s’est retrouvé tout seul à bien des moments alors qu’il aurait eu besoin d’un coup de pouce des deux équipes canadiennes. Il faudrait vraiment que les maillots à feuille d’érable travaillent ensemble.
On a appris
Que le danois Thomas Kvist devrait intégrer l’équipe Quick Steps l’année prochaine. Son maillot jaune d’aujourd’hui contribuera à convaincre les sélectionneurs.
On nous a dit
Que l’organisation était parfaite mais que la qualité de la route était terrible. Ce n’est pas nous qui l’avons inventé mais le nouveau maillot jaune.
On a entendu
Que la coupe nations devrait revenir l’année prochaine au Saguenay, ce n’est pas nous qui l’avons dit mais Marc Chovelon, coordinateur sportif route pour l’Union Cycliste Internationale. Il a apprécié de voir des courses pour les jeunes en Amérique du Nord bien organisées.
On a aimé
Le maillot à pois de l’Algérien de l’équipe Mixte. Il a été pas mal actif cette semaine. Notre jeune homme s’entraîne au siège de l’UCI en Suisse depuis trois ans. L’équipe Mixte est sans doute une des bonnes raisons d’avoir une fédération internationale qui aide les pays sans grande tradition cycliste.
On changerait
En mettant l’étape 1 à la place de l’étape 2 pour débuter plus en douceur et du côté des coureurs et du côté de l’organisation. On travaillerait aussi pour faire des boucles un poil plus longues.
On s’abonne
À la Coupe des Nations saguenéennes. On aime des organisateurs de courses de vélos qui aiment passionnément ce qu’ils font. Comme les U23, ils sont les piliers du cyclisme de demain.
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