15 juin 2008

Svein Tuft en jaune et presque olympien

Jacques Sennechael

Le costaud leader des Symmetrics tapait du pied sur la ligne de départ. Il n’était pas le seul : il faisait un très modeste 15 degrés et le départ n’en finissait pas d’être donné. Après une demi-heure d’attente à geler un coureur cycliste derrière une ligne de départ, ils sont enfin partis. On pensait dans la voiture de presse qu’ils allaient se faire un petit tour histoire tranquille histoire de se réchauffer avant d’engager les choses sérieuses. Il n’en fut rien. Sur Champlain et dans la côte de la montagne, le peloton s’étirait déjà, preuve d’une activité conséquente.

Un premier groupe de cinq prend la poudre d’escampette au 2e tour. Devant le peloton, les Symmetrics donnent les bons de sortie et tout le monde n’y a évidemment pas droit. Pour eux, la course va être longue mais tout se passe comme prévu : une échappée composée de joueurs non menaçants au classement général et un peloton contrôlé.

Après quelques escarmouches, c’est au 4e tour que huit hommes consolident une échappée qui pourrait se rendre au bout si le peloton n’est pas trop gourmand. On y compte deux Team Type 1, un Tecos, un Sparkasse, un Jittery, un Team Race, un Pezula et un jeune de l’équipe colombien. Aucun dans le lot n’est trop proche du classement général pour inquiéter Svein Tuft. Derrière, on se doute bien que cette échappée peut-être gagnante. Dominique Perras a bien essayé de sorti, mais c’est finalement une groupe de onze homme avec notamment Mathieu Toulouse et Charles Dionne qui tente la chasse.

« On a bien essayé de faire la jonction avec un colombien, a expliqué Charles Dionne, on s’est fait mal notamment dans la descente de la côte de l’Église mais ça n’a pas été possible. » On l’a compris, l’échappée se rendra au bout. Dans l’avant dernière ascension de la côte de la montagne, Chris Jones de l’équipe Team Type suit la route du colombien Jairo Perez Suarez. Ils prennent facilement quelques longueurs d’avance mais Chris Jones arrive finalement à partir tout seul. Il franchira la ligne avec une petite dizaine de secondes d’avance. Le groupe de chasse ne le rejoindra qu’au pied de la 2e ascension. Ni une ni deux, son collègue de Team Type Matt Wilson tente à son sa chance. Il réussit à s’évader et à passer la ligne sans avoir à sprinter. Philipp Mamos des Sparkasse prendra la 2e place et Matt Shriver des Jittery la 3e. Le 1er canadien est Svein Tuft qui arrive 2m 13s derrière et François Parisien suit à 2m24s. Sans faire de prévision sur la comète, ces deux hommes ont des bonnes chances de compléter le trio olympique canadien avec Ryder Hesjedal. L’annonce en sera faite jeudi en Beauce en même temps que le programme des Championnats canadiens.

On a parlé
À Jean-François Racine qui a une double casquette : celle du coureur pour l’équipe Garneau-Croc le journaliste de Média Matin, le quotidien créé par les journalistes du journal de Québec en lock-out. Un lock-out qui dure depuis plus d’un an. « On a une commission en relation de travail qui va prendre une décision cette semaine à savoir si les travailleurs en remplacement sont légaux, nous a-t’il expliqué. Cette décision va être importante pour nous. De toute façon, il faut que la situation bouge. Soit on quitte notre job au journal de Québec et on créé notre journal en développant le réseau de distribution. Côté vélo, j’ai commencé à rouler début avril et j’ai trois courses dans les pattes, pas vraiment assez pour le Tour de Beauce, mais je suis toujours là et c’est une bonne préparation pour les Championnats canadiens. »

On a pris des nouvelles
De Charles Dionne qui a eu mal au coude une bonne partie de la course. Il doit se faire opérer lundi matin pour enlever des broches mais devrait être opérationnel pour les Championnats canadiens.

On donne notre coup de chapeau
Au coureur mexicain Bernardo Colex Tepoz, qui avec sa 2e place au classement général a prouvé qu’il fallait compter sur les coureurs venus du sud. « C’est une grande victoire pour ma carrière, nous a t-il expliqué sourire aux lèvres, elle me donne confiance. C’est une course difficile mais les gens sont très sympathiques. Je suis vraiment très heureux.»

On a salué
L’homme en jaune. Svein Tuft n’en revenait pas du travail de son équipe : « mes gars ont roulé de manière irréelle, je ne sais pas comment ils ont fait. Hier j’étais inquiets de pouvoir perdre la course d’une poignée de secondes, sept secondes ce n’était pas beaucoup. Ils m’ont donnée exactement ce qu’il fallait pour la dernière ascension. » Après cette belle victoire et surtout son progrès très net dans les épreuves montagneuses, on ne voit comment il pourrait se voir refuser son ticket pour Pékin.

On a fait un bilan
« Le bilan est très positif côté sportif, a précisé Jean-Michel Voets, Commissaire chef de l’épreuve, j’ai aimé le beau travail de l’équipe mexicaine que je ne connaissais pas (Monsieur Voets est belge). Côté organisation, je n’ai rien à dire à part le couac de la cloche lors du critérium. Une belle étape de montagne. Côté nourriture, logement, toutes les équipes ont appréciées. »

On a aussi apprécié monsieur Voets qui n’hésite pas un seul instant à se glisser physiquement sur le parcours du critérium pour signifier au peloton de s’arrêter. Au moins, ses messages ont le mérite d’être clair.


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