juillet 2003

Mon premier emploi

Suzanne Dansereau

Le p’tit vendeur de journaux

Mon père était policier dans la vie, mais entrepreneur dans l’âme. Il avait toujours des projets en tête. Quand j’ai atteint l’âge de 10 ans, il a eu une idée pour son fils: j’allais vendre des journaux sur le parvis de l’église. Il a pris contact avec l’hebdomadaire Dimanche-Matin, à Sainte-Foy, qui a trouvé l’idée géniale.

C’est ainsi que, tous les dimanches matin, je me suis pointé à la porte de l’église avec ma pile de journaux. J’arrivais vers 8 h 15, prêt pour la sortie de la messe de 7 h 30. Puis je restais pour les offices de 8 h 30, 9 h 30, 10 h 30 et 11 h 30. J’ai fait cela pendant cinq ans. L’été, je transportais mes journaux dans une brouette, l’hiver, sur un traîneau. En cas de tempête, mon père m’accompagnait en voiture. Mes clients les plus assidus étaient des hommes. La tradition s’est vite établie: à la sortie de la messe, tout en jasant avec les amis, on s’achetait un journal qu’on lirait pendant le repos dominical. Mon grand bonheur était de recevoir des pourboires de cinq sous pour un journal payé 25 cents. On faisait ensuite les comptes, mon père et moi. Comme il était collectionneur, nous gardions les pièces de 25 cents en argent.

Lorsque, à 13 ans, je me suis intéressé à la course de vélo, j’ai pu m’acheter un magnifique 10-vitesses d’occasion, que j’ai payé 100 $ comptant. Mon travail avait servi à réaliser mon rêve ! Et j’ai pu me lancer dans la compétition. Mais les courses avaient parfois lieu le dimanche, ce qui m’empêchait de vendre mes journaux. J’ai alors eu l’idée de demander à un copain de me remplacer. En échange, il me donnait la moitié de ses recettes. Je venais de comprendre le principe des franchises! Je me demande maintenant si je n’ai pas exagéré en réclamant la moitié des profits, mais, chose certaine, je venais d’acquérir le sens des affaires. Et j’ai pu continuer à m’entraîner comme coureur cycliste. En 1983, un an avant de participer aux Olympiques, je me suis mis à confectionner des vêtements de cyclisme dans mon garage. Et mon entreprise a grandi.

Ce premier emploi a donné le coup d’envoi de ma carrière: il m’a permis d’acquérir ma bicyclette de compétition et de croire en mes capacités d’entrepreneur.

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Louis Garneau est propriétaire et pdg du groupe Louis Garneau, première marque au Canada dans les vêtements et accessoires de cyclisme et de ski de randonnée. Son entreprise compte plus de 2000 points de vente au Canada, et autant aux Etats-Unis.


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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