Coupe du monde sur piste, saison 2004

Alexandre Cloutier et Martin Gilbert :
comment faire le maximum avec le minimum

Montréal, le 12 février 2004 - Alexandre Cloutier et Martin Gilbert amorceront leur saison de Coupe du monde de cyclisme sur piste, samedi, à Moscou. À quelques mois des Jeux olympiques d’Athènes, la paire qui court dans les épreuves de course à l’américaine (ou Madison) sait que l’obtention de son laissez-passer grec ne sera pas facile à obtenir. Cependant, les résultats de la dernière saison laissent entrevoir de belles choses, et ce, même si les conditions ne sont pas toujours favorables pour qu’ils puissent donner le meilleur d’eux-mêmes.

N’ayant roulé ensemble qu’en décembre dernier lors d’un camp d’entraînement, Cloutier et Gilbert se retrouveront sur une même piste samedi pour les qualifications du premier arrêt de la saison de la Coupe du monde. Entre-temps, les deux coureurs qui sont présentement dans l’attente de l’obtention de leur brevet de Sport Canada, se sont entraînés seuls dans leur coin, soit en Floride ou à Hawaii où ils ont été hébergés chez des connaissances.

« On ne compte pas sur l’étape de Moscou pour faire des points. Ça sera plus une mise en jambes. Pour être prêts à 100 %, il aurait fallu rouler ensemble depuis plusieurs semaines et faire du derrière moto », a indiqué Cloutier, âgé de 29 ans, qui a déjà participé aux Jeux paralympiques comme pilote de tandem en compagnie de coéquipiers non-voyants.

« Ça prend des courses internationales pour s’améliorer techniquement », confie Gilbert, champion canadien sur route 2003 chez moins de 23 ans. « L’an dernier, nous avons acquis beaucoup d’expérience internationale. Après Moscou, ça va se reprendre vite. On ne tombe pas dans l’inconnu et on sait où on s’en va. »

Quand il y a un problème, il y a une solution
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’entraînement séparé des deux coéquipiers n’est pas si grave selon l’entraîneur des pistards, Éric Van den Eynde.

« Le fait qu’ils ne peuvent pas s’entraîner ensemble est le moindre de nos soucis. Le plus gros problème, c’est que les équipes contre qui ils vont courir font des épreuves de type 6 jours depuis le mois de septembre. On n’a pas le rythme de course, l’habitude de la course et les changements de rythmes de la course. La seule chose qui nous reste à faire, c’est de nous entraîner du mieux qu’on peut. Et le seul moyen que j’ai, c’est de travailler avec des charges connues et mon expérience. »

Afin de résoudre ce problème, Van den Eynde (lui-même un ancien pistard) a élaboré des séances d’entraînement sur un Computrainer (un système de résistance magnétique relié à un ordinateur qui permet de calculer le nombre de Watts produits par le cycliste). « Mon expérience fait en sorte que je sais exactement comment on se sent sur le vélo », explique-t-il à propos de sa planification d’entraînement.

« Ce qu’Éric a fait, c’est de prendre une course de Madison et il l’a transformée dans un programme pour le Computrainer », a expliqué Gilbert, qui semblait fort satisfait de ces séances où dans la même journée il peut simuler une course de qualification et une finale en plus d’aller faire une sortie sur la route.

Le long chemin d’une qualification olympique
S’ils veulent avoir une chance de se qualifier pour les Jeux d’Athènes, Cloutier et Gilbert devront commencer par se classer dans les 16 premiers au classement cumulatif de la Coupe du monde, qui leur permettra de prendre part aux championnats du monde de Melbourne, en mai prochain. Ensuite, la paire québécoise devra finir dans les huit premières places, chose qui est loin d’être acquise.

« Terminer dans les huit premiers aux championnats du monde… c’est la seule course et il ne faut pas manquer notre coup », analyse Cloutier. « En plus, cette année, il y aura beaucoup plus d’équipes sur le circuit. C’est sûrement ma dernière occasion pour les Jeux olympiques, alors on met toutes les chances de notre bord pour faire le maximum. »

« De manière réaliste, je nous vois qualifiés pour Melbourne, soutient Gilbert. Pour faire un top 8 à Melbourne, il va falloir que tout soit là au moment de la course, mais c’est réaliste et possible. Si on regarde les championnats du monde de l’an dernier, la course n’était pas supérieure aux épreuves de la Coupe du monde. »

« Ce qu’ils ont réussi à faire l’an passé en se qualifiant pour les championnats du monde avec le peu d’expérience qu’ils avaient, c’est un miracle », commente pour sa part Van den Eynde, qui travaille également à la mise sur pied d’un quatuor qui tentera sa chance à la poursuite par équipe. « En ce moment, ils peuvent rouler 5% plus de charge que l’an dernier, et ce, même si nous sommes plus tôt dans la saison. »

Concernant une éventuelle équipe de poursuite, Cloutier et Gilbert tenteraient leur chance en plus de Charles Dionne, Jean-François Laroche et Mark Ernsting, qui ont déjà montré leur intérêt pour ce projet. La sélection finale du groupe se fera au camp d’entraînement de Fort Lauderdale qui s’amorcera dans une dizaine de jours.

Texte : Mathieu Laberge


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