Saison 2004

Dominique Perras et Charles Dionne déjà en selle pour la nouvelle saison

Montréal, le 27 janvier 2004 — Alors que le froid sévit sur tout le Québec depuis quelques semaines, les cyclistes Dominique Perras et Charles Dionne amorcent leur saison 2004, mercredi, au Tour de Wellington, en Nouvelle-Zélande. Comme tous les athlètes qui pratiquent un sport d’été, cette nouvelle année revêt un caractère particulier avec la présentation des Jeux olympiques d’Athènes en août prochain.

Champion canadien en titre, Dominique Perras n’aura pas eu de très longues vacances. Saison 2003 terminée le 9 novembre et début de la nouvelle le 28 janvier. « Je ne suis pas à mon meilleur en ce début de saison car j’ai fini vraiment tard l’an dernier. Je n’ai pas eu le temps d’avoir une longue préparation hivernale », mentionne le principal intéressé en entrevue, quelques heures avant de prendre le départ de sa première course.

Seul Québécois à participer à la course en ligne chez les seniors aux championnats du monde sur route d’Hamilton en octobre dernier, Perras se retrouve sans équipe professionnelle pour la présente campagne, une situation qui selon lui comporte ses avantages et ses inconvénients.

« C’est sûr que j’aurais préféré trouver une équipe professionnelle, mais je m’étais fixé un minimum salarial. Tant qu’à courir pour pas grand-chose, je suis mieux de faire mon propre programme (avec l’équipe nationale), au lieu d’être contraint à travailler pour quelqu’un d’autre », a laissé entendre le Brossardois qui fêtera ses 30 ans le 11 février prochain. « Même si j’avais signé avec une grande équipe, je n’aurais pas eu un programme d’entraînement sur mesure pour les Jeux olympiques. Par contre, ce n’est pas mon choix et je ne trouve pas ça facile » a laissé entendre celui qui semble bien gérer sa situation qui s’annonce toutefois précaire du côté financier.

L’équipe Flanders-IteamNova, pour qui le Québécois a porté les couleurs au cours des deux dernières saisons, a cessé ses opérations à la fin de l’année 2003.

« Deux équipes européennes de première division m’ont démontré de l’intérêt et je pensais que ça allait fonctionner, mais ce ne fut pas le cas », a indiqué Perras sans dévoiler l’identité des deux groupes sportifs en question. « Aux États-Unis, je suis moins connu et en plus, plusieurs équipes ont cessé d’exister alors c’était un peu plus dur de signer un contrat. »

Charles Dionne a lui aussi connu des difficultés à se trouver une formation à la suite du démantèlement de l’équipe Saturn. C’est finalement Chris Horner, son ancien coéquipier, qui l’a invité à se joindre à lui chez l’équipe Webcor. « Je n’ai pas été sur le chômage une seule journée ! Il (Chris Horner) est bon pour reconnaître certaines choses que d’autres ne voient pas, se console Dionne. J’ai été surpris de recevoir un coup de fil de sa part, mais j’ai bien apprécié. Il sait que je peux faire le travail. »

Avec des victoires au Grand prix de San Francisco et à la Classique Redlands en 2002, Dionne pensait bien que son passage chez Saturn lui ouvrirait les portes des équipes européennes pour lesquelles il rêve de courir depuis toujours. Cependant, plusieurs chutes, dont une très sévère au Tour de Langkawi, ont freiné ses ardeurs et cela n’a certainement pas aidé l’athlète de St-Rédempteur à faire ses preuves tout au long de la saison.

« Jusqu’à l’année dernière, ma courbe de progression était vraiment bonne alors ça devrait se replacer cette année. Je vais essayer de mettre le pied en Europe au moins une ou deux fois et faire un bon résultat, ce qui pourrait m’aider dans mon cheminement », souligne celui qui espère voir l’équipe canadienne participer à quelques compétitions sur le vieux continent étant donné que son équipe professionnelle ne prendra part qu’à des épreuves nord-américaines.

La course aux places olympiques
Présentement au 27e rang du classement de l’Union cycliste internationale (UCI) du 15 janvier, le Canada est en excellente position pour avoir droit à un minimum de deux représentants à la course sur route des Jeux d’Athènes. Cependant, les Canadiens ne doivent pas se réjouir trop vite car ils devront batailler ferme afin de conserver ou améliorer ce rang, eux qui devront lutter principalement avec la Lettonie, l’Afrique du Sud, la Lituanie et la Slovaquie.

Si le Canada réussit à se classer dans les 25 premières nations au classement du 30 avril, il pourra envoyer quatre coureurs au grand rendez-vous d’Athènes. S’il se retrouve entre la 26e et la 30e, le nombre sera réduit à deux ou trois, selon le classement des autres nations.

C’est pour envoyer un maximum d’athlètes que l’Association cycliste canadienne a inscrit ses coureurs à plusieurs compétitions internationales durant la première moitié de saison. « Notre but ici c’est d’aller chercher le plus de points UCI et placer deux gars dans le top 10 de la course (en Nouvelle-Zélande), ce qui pourrait être bien », a indiqué Dionne.

Pour le Tour de Langkawi qui s’amorcera le 6 février, Roland Green et le Sherbrookois Alexandre Lavallée viendront prêter main-forte à la délégation canadienne. « Roland Green (quatrième au classement général et meilleur grimpeur l’an dernier) est très motivé. Il est un bon candidat pour la victoire finale », croit Perras, qui en sera à sa quatrième participation à la compétition malaysienne. « Je connais Roland depuis les championnats du monde junior en 1992 et je sais que c’est un coureur d’un autre niveau. Il vient nous aider car pour les Jeux d’Athènes, il vise surtout le cross-country. »

Il n’y a pas de doute, une victoire du double champion du monde de vélo de montagne pourrait donner un sérieux coup de main aux Canadiens.

Texte : Mathieu Laberge


page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
vélo ski de fond plongeon
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive