Note du webmestre :
Les habitués des VÉLO NOUVELLES connaissent bien Erik Lyman le coureur à la feuille de route impressionnante et ils ont eu l'occasion pendant le Tour de Québec de découvrir qu'il est également fort habile au clavier.
Dans son article de mardi dernier, Gilles Vachet a rapporté les propos de Jean-François Laroche et Hugo Houle accusant Erik Lyman d'avoir provoqué intentionnellement la chute de peloton à la fin de la 7e étape des Mardis cyclistes de Lachine.
Erik livre ici son point de vue.
Jeudi matin, alors que j’étais en vacances en Estrie avec mon épouse, je suis tombé sur un article du très intéressant reporter Neal Rogers du célèbre magazine Velonews. Dans son article, monsieur Rogers traite de la perception de la course et des événements qui se produisent en pleine action. Pour résumer, l’auteur dit que pour le même événement, il peut y avoir différentes interprétations.
De toute évidence, cela a été le cas, mardi dernier, lors de la 7e étape des Mardis cyclistes de Lachine.
Agression ou autodéfense : une question d’interprétation
À l’approche d’un sprint, les coureurs bagarrent pour les meilleures positions, car elles sont peu nombreuses. L’ambiance au sein du peloton est tendue, les battements cardiaques sont presque à leur maximum (190 et plus) et les nerfs à vif. À plus de 50 km/h, tout arrive très vite !
Évidemment, personne ne veut tomber, et paradoxalement personne ne veut céder sa position chèrement acquise au fil des kilomètres. Plus l’arrivée approche et moins les coureurs font de compromis. Cela est compréhensible, si l’on tient compte des efforts que requiert la mise en forme nécessaire pour aspirer à disputer la victoire.
Celui qui désire monter sur le podium doit être concentré – particulièrement s’il n’a pas le soutien d’équipiers –, et il doit batailler ferme pour ne pas perdre contact avec l’avant du peloton et les favoris au sprint.
Malheureusement, il arrive trop souvent que dans ces situations des chutes surviennent, car trop de coureurs bataillent pour la même position. Parfois, une mauvaise décision est prise ou une malchance survient. Cela fait partie de la course, et ce, même si ce n’est pas souhaitable.
Toutefois, il y a une nuance à apporter. Être impliqué dans une chute est une chose, et avoir provoqué une chute pour nuire ou blesser un adversaire en est une autre.
Retour sur la 6e étape et la chute de Hugo Houle (alors porteur du maillot jaune)
On m’a accusé d’avoir fait tomber deux semaines de suite le maillot jaune, c'est-à-dire Laroche (7e étape) et Hugo Houle (6e étape). À ce sujet, je tiens à préciser qu’Hugo Houle a chuté en dérapant seul dans la courbe, lors de la 6e étape.
Cela a été validé auprès de ce dernier, avant la 7e étape. À cette occasion, Hugo m’a confirmé que je ne l’ai pas fait tomber lors de la 6e étape.
Donc, pour ce qui est de m’accuser d’avoir fait tomber le maillot jaune, deux semaines de suite, cela est fausseté et médisance.
Les 5 derniers tours des Mardis de Lachine et la 7e étape
Depuis des lunes, il y a une montée en tensions lors des 5 derniers tours, aux Mardis cyclistes de Lachine, car le positionnement des coureurs s’amorce en vue du sprint final. L’arrière du peloton met de la pression sur l’avant, car tous désirent être aux avant-postes. Cela crée de la tension au sein du peloton. Cette montée en tension prend généralement fin dans les deux derniers tours de la course, dans le 2e ou 3e coin, quand il y a une chute ou un accrochage sérieux.
Comment se fait-il que cela soit comme cela ? C’est simple, les coureurs prennent davantage de risques, car ils savent qu’à deux tours et moins « ça passe ou ça casse ». Ils freinent à la dernière minute ou essaient de se faufiler entre deux coureurs. Ainsi, parfois ça passe, parfois ça casse ! C’est ce qui s’est produit lors que la plus récente étape des Mardis de Lachine. En effet, j’ai été impliqué dans une chute, alors qu’un coureur qui tentait de passer entre moi et le trottoir a accroché son guidon sur ma fesse droite, ce qui lui a fait perdre l’équilibre. Dans ces circonstances, il m’est difficile de dire que c’est plus de la faute du coureur que de la mienne. Néanmoins, je suis convaincu que ni ce coureur ni moi n’avons désiré cette chute.
Bref, il est indéniable que j’ai été impliqué dans une chute malheureuse, mais cela n’a jamais été prémédité.
En ce sens, cela est un mensonge et surtout un manque de respect de m’accuser d’avoir fait chuter délibérément le maillot jaune ou tout autre coureur.
En conclusion, si je suis coupable d’une chose, c’est de ne pas avoir cédé ma position lors de l’approche du sprint final. Il est vrai que je concoure avec fermeté, mais cela ne veut pas dire que suis déloyal ou dangereux parce que je ne veux pas céder ma place, et ce, même quand les trains des équipes dominantes imposent leur loi sur une bonne partie du peloton.
Chacun des Mardis de Lachine me coûte 75 $ (essence, goûter et inscription), alors je considère que je n’ai pas à céder ma position parce qu’un coureur me crie après, pas plus que je dois laisser les meilleures places aux équipes des meneurs parce qu’ils sont nombreux.
À vaincre sans péril on triomphe sans gloire !
École nationale du … sprint !
Depuis 25 ans (minimum !), on entend les coureurs québécois se vanter d’être plus grands que les Mardis de Lachine. Je m’explique…
Depuis que je me souviens – j’ai une bonne mémoire –, des coureurs québécois de tous les niveaux ont prétendu que cette course n’est pas si importante que l’on prétend, que ce n’est pas le Tour de France, etc.
La question que je pose est la suivante : si ce n’est pas important, pourquoi, à chacune de mes 50 (environ) participations aux Mardis de Lachine, j’ai constaté un niveau de passion et d’électricité dans l’air que l’on ne ressent même pas lors de certains championnats québécois ?
La réponse en est fort simple. Les Mardis cyclistes de Lachine consacrent les athlètes et assurent le maintien de commandites des équipes québécoises depuis très longtemps, puisque c’est un des événements cyclistes les plus couverts sur la scène québécoise. Le gagnant des Mardis de Lachine est souvent plus populaire que le champion canadien.
Bref, les Mardis cyclistes de Lachine, c’est l’école nationale du sprint. Les Dominique Rollin, les Martin Gilbert et John Malois – pour ne citer qu’eux – ont été formés dans l’effervescence des Mardis de Lachine, et cela les a amenés à représenter le cyclisme québécois à l’échelle internationale.
Bravo monsieur Rossi ! Votre événement est à votre image : plein de classe et flamboyant.
En conclusion
Je crois que la 7e étape aura fait couler beaucoup d’encre. Désormais, il faut se tourner vers les prochaines étapes. Trois coureurs peuvent encore prétendre à la victoire finale, et c’est ce qui compte. La poussière retombera, et les amis d’hier deviendront les ennemis de demain. Ainsi va la course.
Sur une note plus administrative, je désire offrir mes bourses de la 6e étape ainsi que de mon classement général aux Espoirs de Laval, et ce, après que la saison 2009 des Mardis cyclistes de Lachine sera conclue. De plus, je remettrai l’équivalent en argent du montant de ces bourses aux Espoirs de Laval. Ces sommes, je l’espère, pourront contribuer à soutenir ces bâtisseurs du cyclisme québécois qui ont contribué au fil des ans à l’essor de nombreux de nos athlètes élites et professionnels du Québec. Merci aux Espoirs de Laval.
Humblement,
Erik Lyman
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