Le circuit Gilles-Villeneuve
et son importance pour
le sport et la vie active

À l'automne 2008, j'ai eu une altercation avec le directeur (NDLR : M. Gilles Ballard, selon La Presse du 11 juin) du parc Jean-Drapeau. Nous roulions sur le circuit, lui dans sa voiture, moi à vélo, chacun dans notre voie. Il y avait un camion stationné sur son chemin et il s'est rabattu sur moi sans jamais regarder. J'ai eu le temps de dévier, mais ma jambe a touché sa porte arrière gauche. Apeuré, et pour lui signifier ma présence (malgré que je venais tout juste de sortir de son champs de vision), mon réflexe fut de frapper à pleine main sur son toit. Ses propos et son attitude n'annonçaient rien de bon pour les cyclistes.

De son propre aveu, son souhait était de voir les cyclistes disparaître du circuit et il m'assura qu'il allait faire l'impossible pour nous mettre des bâtons dans les roues.

Cet homme n'a de souci que le libre accès à la plage et la sécurité des promeneurs. Il m'a promis de nous rendre la vie impossible et de céder le circuit aux usagés lents. Il m'a dit que tous ses problèmes du côté du circuit venaient de la présence des vélos, qu'il en avait assez des plaintes et des craintes des visiteurs du samedi après-midi.

Il m'a annoncé l'installation prochaine de chicanes et de dos d'âne. J'étais stupéfié. Il n'avait aucune considération pour le problème dans son ampleur. Bien qu'il venait pratiquement de me passer sur le corps, il n'assumait rien ! Rien de sa responsabilité dans l'accrochage. Rien dans le sort des cyclistes qu'il voulait chasser.

À mon sens, le problème réside dans un mépris des sportifs et l'ignorance de leurs besoins propres. Tous ces usagers qu'on veut protéger des vilains cyclistes et patineurs ont mille endroits, au coeur même du parc Jean-Drapeau, pour se promener, déambuler ou zigzaguer. Les cyclistes n'ont pas d'autres options logiques dans toute la région. Si enfin on reconnaissait le site comme un lieu d'entraînement - participatif et compétitif – tout rentrerait dans l'ordre. Au lieu de tout juste tolérer cyclistes et patineurs sur le chemin d'accès à la plage et aux édifices administratifs. Au lieu de prioriser et protéger ceux dont les besoins sont déjà largement comblés. Il faut constater et accepter le caractère unique du circuit Gilles-Villeneuve et faire fructifier son potentiel sans commune mesure pour le sport et la santé.

Pour une ville olympique, pourquoi ce désavoeu des sports de performance ? Pourquoi ce parc, ce site unique ne pourrait-il pas servir tous les citoyens, contemplatifs d'une côté, vaillants de l'autre ? Pourquoi limiter le sport aux heures d'ouverture et à la logique des fonctionnaires ? Pourquoi pas un site et une ville aérobiques à l'année, à toute heure du jour ? Cyclistes, patineurs, triathlètes, skieurs, nageurs, citoyens et finances publiques y trouveraient leur compte.

Pourquoi ne pas diversifier l'offre dans ce créneau actif ? Pourquoi le lac et sa plage ne devraient servir que les teints basanés et non la nage en eau libre à longeur de journée ? Pourquoi dénaturer le circuit et oublier son caractère premier ?

Partons de ce que Montréal offre d'unique et favorisons ceux qui en profiteront le mieux. Et pourquoi pas un usage aérobique l'hiver venu ? Ski de fond, skating, patin à glace sur le circuit ? Anneau de patins longue piste sur le bassin ? Un festival du plein air à l'année !

Voilà.

Signe« la pétition !

Raphaël Henri-Jolicoeur

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