9 décembre 2009

« Il faudra se méfier d'Armstrong » -Stephen Roche

Christine Roger Stephen Roche a quitté momentanément le soleil de la Côte d'Azur pour braver la tempête hivernale qui s'abat sur le Québec. Le grand cycliste irlandais est présentement de passage à Montréal afin de partager ses expériences vécues en tant qu'athlète.

En audio, écoutez l'entrevue que Michel Villeneuve a réalisée avec Stephen Roche dans le cadre de l'émission les "Amateurs de Sports".

Stephen Roche est le seul coureur, avec Eddy Merckx (1974), à avoir remporté le Tour de France, le Tour d'Italie et le Championnat du monde la même année, en 1987. Cycliste professionnel de 1981 à 1993, il a remporté 58 victoires au courant de sa carrière.

Le vélo est réellement une affaire de famille. Son frère, Lawrence, a également été coureur cycliste professionnel et le fils de Stephen, Nicolas, a maintenant repris le flambeau.

« Nicolas, c'est sa cinquième année en tant que professionnel. Il a eu quelques bons résultats. Il a terminé au 22e rang lors de son premier Tour de France en 2009. Il a terminé sept fois dans les dix premiers alors je crois que ce sont de très bons résultats pour un jeune coureur comme lui. »

« Il a d'autres caractéristiques que je n'avais pas. J'étais un coureur qui était passé un peu partout. J'ai gagné des étapes de montagne, des étapes de plage et des contre-la-montre. Nicolas sera plutôt un coureur classique. Il est rapide au sprint, il est assez bagarreur. Il calcule beaucoup moins que moi. Je calculais sur le plan tactique, sur le plan de la préparation, sur le plan du matériel. J'étais très spécialiste. »

Stephen Roche croit que le vélo d'aujourd'hui est très différent et donne un moins bon spectacle que celui qu'il pratiquait à l'époque.

« La génération d'aujourd'hui calcule beaucoup moins. On leur donne un vélo et ils vont faire du vélo. À l'époque, c'était le coureur lui-même qui gérait son épreuve. Maintenant, le coureur monte sur le vélo et parfois, une demi-heure avant la course, il ne sait même pas où il va. Il sait que dans l'oreillette, pendant la course, on va lui dire : "attention, dans cinq kilomètres, on tourne à gauche". On lui donne beaucoup de renseignements. À mon époque, il fallait avoir une connaissance du parcours avant la course. La veille de la course, on regardait les cartes et on essayait de déterminer une stratégie », a-t-il souligné.

« Je crois que quelque part, il faut faire un pas en arrière pour revenir devant. Sur le plan technique, l'oreillette est peut-être un pas en arrière. Je pense que sur le plan sportif, sur le plan du spectacle, le vélo va gagner beaucoup si l'on enlève les oreillettes. L'oreillette est importante quand une équipe, par exemple, est 20e et un coureur éprouve des difficultés. Je crois que pour rendre le vélo un peu plus populaire, un peu plus spectaculaire, il faut enlever ces aides. »

Selon lui, les performances d'Alberto Contador, de Lance Armstrong et de plusieurs jeunes coureurs devraient rendre les prochains Tours de France très passionnants.

« Je pense que dans les années à venir, nous vivrons de très grands Tours de France. Il y aura Contador dans une équipe, Armstrong dans une autre et une dizaine d'autres coureurs qui pourraient prétendre à la victoire finale à Paris. Il y a trop souvent eu un seul coureur capable de gagner », a-t-il mentionné.

« Même s'il n'est plus au sommet de sa forme, Contador devra se méfier d'Armstrong en 2010. Tactiquement, Armstrong a une longueur d'avance. »

L'Europe jouit de plusieurs Tours de premier plan, mais l'Amérique du Nord n'a toujours pas son propre Tour.

« Je crois que tout va changer dans les prochaines années. À l'époque, le vélo n'était pas très populaire ici et en Europe, ils voyaient l'Amérique du Nord comme un endroit beaucoup trop loin et trop difficile sur le plan logistique. Maintenant, on a pris l'habitude d'aller en Australie, en Malaisie, en Californie, donc les coureurs sont beaucoup plus mondiaux qu'européens. Avec les Coupes du monde qui vont avoir lieu au Québec en 2010, je pense que ça va ouvrir la porte pour de grands Tours », a-t-il expliqué.

Depuis qu'il a pris sa retraite en 1993, Stephen Roche donne divers stages de vélo et est aussi devenu commentateurs lors d'évènements tels que le Tour de France et le Championnat du monde. Depuis près de dix ans, il est aussi propriétaire de l'hôtel Roche Marina, un établissement trois étoiles situé à Villeuve-Loubet, en France.


page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
vélo ski de fond plongeon
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive