août 2008
Marie-Hélène Prémont a un puissant coup de pédale. En bonne partie grâce à sa grande capacité de consommer de l'oxygène. Une force qui aura son revers dans la ville polluée qu'est Pékin.
Marie-Ève Cousineau
Le VO2max, nerf de la guerre
Dans les sports d'endurance, la performance dépend surtout du V02 max, c'est-à-dire la consommation maximale d'oxygène. Avec l'entraînement, le coeur fait circuler plus de sang - qui transporte l'oxygène - vers les muscles, lesquels sont alors capables de consommer davantage d'oxygène. Une athlète comme Marie-Hélène peut en consommer jusqu'à 75 ml par minute, par kilo, soit deux fois plus qu'une non-athlète.
Condamnée à la déshydration
Marie-Hélène peine à s'hydrater durant une compétition : elle doit le plus souvent garder ses deux mains sur le guidon ! De plus, son organisme, tout comme celui des personnes non entraînées, ne peut faire passer qu'un volume limité de liquide (à peu près une gourde à l'heure) de l'estomac au reste du système digestif, puis dans la circulation sanguine.
Des jambes de fer
Pour se contracter, les muscles ont besoin d'oxygène et de substrats (glucides, lipides et protéines). Chez les athlètes, l'activité des enzymes dans les cellules musculaires est plus grande, ce qui permet aux muscles de consommer davantage d'oxygène.
Un moteur de 300 chevaux
Son coeur, entraîné, éjecte 100 ml de sang à chaque battement, contre
60 ml pour une femme moyenne. Au repos, la fréquence cardiaque d'une
athlète d'élite est d'environ 45 battements par minute (le pouls moyen est de
75 battements par minute).
Carburer à l'air pollué
Jusqu'à 180 litres d'air (le volume de 240 bouteilles de vin!) peuvent entrer
chaque minute dans ses poumons, contre 100 litres par minute chez une femme
ordinaire. À Pékin, elle inhalera donc plus d'air pollué que les
spectatrices ! Or, lorsque le monoxyde de carbone se fixe à une molécule
d'hémoglobine (protéine dans les globules rouges), celle-ci devient incapable de transporter de l'oxygène. La solution ? Arriver le plus tard
possible à Pékin. Du 9 au 19 août, l'équipe canadienne de vélo de montagne s'entraînera au Japon plutôt qu'en Chine - les compétitions débutent le 22 août.
Suer à grosses gouttes
Lors d'un effort intense à la chaleur, Marie-Hélène produit de deux à trois litres de sueur par heure, comparativement à moins d'un litre chez une femme
à la condition physique moyenne (la sueur d'un athlète étant moins concentrée en sels minéraux, les pertes sont moindres que l'on pourrait croire). La
transpiration freine l'augmentation de la température corporelle, ce qui permet à l'athlète de maintenir la cadence. Mais le corps de Marie-Hélène aura besoin d'un petit coup de pouce à Pékin - en août, la température y est de près de 30 °C, et le taux d'humidité, d'environ 85 %. Afin de se « refroidir », elle portera avant la course une veste dans laquelle circule de l'eau glacée.
Une bonne grimpeuse
Lorsqu'elle monte une côte, Marie-Hélène doit lutter contre la gravité pour
transporter son poids. Si on la compare à des cyclistes de puissance égale
mais plus lourdes, ses 55,6 kilos sont un avantage.
Sources : Guy Thibault, chercheur en sport et en activité physique au ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport et conseiller scientifique bénévole de l'Association Cycliste canadienne; Vincent Jourdain, entraîneur de l'équipe canadienne de cyclisme.
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