18 juillet 2008

TDF - La presse s'interroge

Si les organisateurs n'envisagent pas un instant de suspendre le Tour suite au contrôle positif de Riccardo Ricco, la presse française, elle, s'est emparée de la question. Et le camp des optimistes, de ceux qui croient à un avenir meilleur pour la Grande boucle, se réduit, au fil des annonces de dopage, comme peau de chagrin.

Dans son édito, Le Dauphiné libéré veut voir dans le cas Ricco une nouvelle illustration du combat mené contre les tricheurs : « Une telle hécatombe prouve bien qu'il est désormais impossible de passer entre les mailles du filet. » Le Parisien, quoiqu'un peu amer, n'en pense pas moins : le Tour « s'accomode d'opérations de gendarmerie. Les organisateurs les appelleraient presque de leurs voeux. Chaque coureur positif constitue un point marqué contre le dopage, et au bout du compte, finit par servir la réputation de l'épreuve. » Sous la plume de Michel Richard, le Midi libre ne s'inquiète pas plus que ses confrères et assure que « le Tour de France n'est pas plus pourri aujourd'hui qu'hier, ni davantage dopé. »

« Le Tour de France est mort »
Que faire alors d'une épreuve régulièrement plombée par les affaires ? Certains éditorialistes apportent une réponse définitive : « comme on ne peut pas empêcher les coureurs de courir et les fans de se passionner, une seule conclusion s'impose : le Tour de France est mort. Vive le cirque à vélo ! », assène Laurent Joffrin dans Libération. Pour La Croix et Dominique Gerbaud, il serait peut-être temps de modifier le Tour : « s'il est trop long, trop rapide, trop inassimilable par le corps, rendons-le moins long, plus lent, moins exigeant. Il n'en sera pas moins passionnant. » Dans tous les cas, il est certain pour La Dépêche du Midi que « les prochaines éditions nous donneront encore à voir les gendarmes prendre d'assaut les hôtels des dopés. » Sous le titre de une « Le cobra a été piqué », L'Équipe, par Philippe Brunel, pose la question à laquelle tout amateur de vélo cherche aujourd'hui à répondre : « Que restera-t-il de ce Tour en perdition ? (...) Jacques Goddet, qui en fut le gardien pendant cinquante ans, avait dit du Tour qu'il était salutaire « tant que ses bénéfices moraux restent supérieurs aux poisons qu'il secrète ». Est-ce encore le cas ? »

Déjà du dopage en 1924
Enfin, Olivier Berger pour La Voix du Nord, relate une anecdote, que pessimistes et optimistes pourront reprendre pour étayer leurs réflexions : Albert Londres avait vu les frères Pélissier sortir de leur besace tout un tas de pilules après un abandon. Francis, l'un des deux frères, avait alors lâché : « Nous marchons à la dynamite ». C'était en 1924.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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