1er juin 2008

Le départ canon de Marie-Hélène Prémont

En cette année olympique où la récolte de médailles du Canada s'annonce maigre, Marie-Hélène Prémont détonne.

Depuis le début de la saison de vélo de montagne, la médaillée d'argent en cross-country des JO d'Athènes n'a raté aucun podium en quatre épreuves de Coupe du monde. Le bronze en Belgique malgré une crevaison, l'argent en Allemagne et en Espagne. Et une autre fois le bronze, hier, dans la principauté d'Andorre. La cycliste de Château-Richer, seule du peloton à avoir gagné une médaille dans chaque épreuve, cette saison, tourne à plein régime.

Prémont ne pensait pas être en mesure d'entreprendre d'aussi brillante façon sa dernière saison avant sa retraite sportive.

« C'est vraiment mieux que mes espérances, confiait-elle lors d'une récente entrevue dans son patelin de la Côte-de-Beaupré. Avec l'hiver qu'on a connu, je n'avais pas eu la chance de rouler beaucoup. Le samedi précédant la première course, il était tombé 10 cm de neige et je faisais encore du jogging parce que c'était impossible de sortir le vélo ! »

Pour compliquer encore davantage les choses, le début de la saison, à la fin avril, a coïncidé avec une fin de session très chargée pour l'étudiante en pharmacie.

Quarante-huit heures à peine après l'épreuve de Houffalize, en Belgique, elle était de retour à l'Université Laval pour y passer un examen. Deux jours plus tard, elle remettait le cap sur Offenburg, en Allemagne, où elle a fini deuxième, une semaine après son premier podium.

Pendant qu'elle faisait la navette au-dessus de l'Atlantique, ses rivales s'entraînaient tranquillement en Europe, sans avoir à jouer à saute-mouton avec les fuseaux horaires. Certains athlètes auraient été déstabilisés. Pas elle.

« C'est une fille de glace, dit son collaborateur de longue date, Michel LeBlanc. Il n'y a pas grand-chose qui la dérange ou la perturbe. »

Ce début de saison canon est-il annonciateur de succès lors des Jeux olympiques de Pékin ? « On est tôt dans la saison pour conclure que je vais atteindre mon pic de performance lors des Jeux, dit Prémont. Mais ces résultats sont une bonne préparation psychologique. C'est bon pour la confiance. »

Des résultats rassurants
Prémont m'avait donné rendez-vous à la terrasse d'un magnifique moulin ancestral qui surplombe la rivière du Petit-Pré, à quelques minutes de chez elle. À quelques minutes aussi de la maison de sa mère Monique, qui prépare, comme il y a quatre ans, un méga-party en plein air (et en pleine nuit !) pour que parents et amis puissent assister en direct aux adieux olympiques de Marie-Hélène, le 22 août.

Lors de notre rencontre, Prémont s'est dite encouragée par sa récente médaille d'argent à Madrid. Le parcours madrilène, comme celui de Laoshan, à Pékin, était très «roulant». Et donc théoriquement pas très favorable à une cycliste comme Prémont, qui a toujours affiché une préférence marquée pour les parcours exigeants sur le plan technique. « J'aime quand il y a de la boue, des racines, des roches - des difficultés qu'on ne retrouvera pas à Pékin », explique-t-elle.

Sa belle performance en Espagne était donc de nature à rassurer l'athlète de 30 ans. Depuis, l'Union cycliste internationale a annoncé que certaines sections du parcours pékinois avaient été modifiées pour le rendre plus technique. Mais ça ne changera rien à la préparation de l'athlète de 30 ans. « Ils ne peuvent pas complètement changer le terrain et il y a des limites à rendre un parcours technique artificiellement », a indiqué Prémont par courriel avant son départ pour Andorre, cette semaine.

Les rivales habituelles
Lors des Jeux, Prémont devra se battre avec une demi-douzaine de cyclistes qui forment avec elle l'élite mondiale du cross-country.

En gagnant l'or à Madrid, la Norvégienne Gunn-Rita Dahle-Flesjaa, quadruple championne du monde en cross-country et médaillée d'or olympique en 2004, a signalé son retour en force après une année 2007 perdue en raison d'un virus gastro-intestinal persistant.

La Russe Irina Kalentieva, championne du monde en titre et médaillée d'or et d'argent jusqu'ici cette année, l'Allemande Sabine Spitz, l'Espagnole Margarita Fullana, médaillée d'or à Andorre, et quelques coureuses chinoises comme Ren Chengyuan, qui compte deux podiums en 2008, devraient être les autres principales rivales de Prémont.

« Les Chinoises sont de grosses rouleuses, dit Prémont. Mais c'est mystérieux : parfois, elles ne sont pas là du tout. À Madrid, elles n'ont pas eu de bons résultats alors que le parcours les favorisait. C'était vraiment bizarre. » De quoi alimenter les soupçons de ceux qui pensent que la Chine s'arrange pour ne pas dévoiler toutes ses cartes. La réponse au mois d'août.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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