28 mai 2008


Selon ce qu'a soutenu le syndic, le Dr Duquette a également admis lors d'une rencontre d'enquête
tenue en 2001 avoir agi comme conseiller pour des joueurs de hockey professionnels.
photo : Ivanoh Demers

Le Dr Maurice Duquette associe l'EPO au Canadien et aux Alouettes

Le Dr Maurice Duquette, qui a administré de l'EPO à la cycliste Geneviève Jeanson pendant plusieurs années, admet avoir été en relation avec des médecins et des entraîneurs du Canadien de Montréal et des Alouettes.

Tristan Péloquin

Le médecin orthopédiste a fait cette révélation au syndic du Collège des médecins, qui l'a rendue publique hier matin devant le comité de discipline de l'organisme.

Le Dr Duquette a déjà plaidé coupable à 14 chefs d'accusation pour avoir administré de l'EPO à des athlètes, et comparaît depuis hier dans un hôtel du centre-ville pour connaître sa sentence. Le syndic du Collège des médecins souhaite qu'il soit radié pour une période de quatre mois et qu'il lui soit interdit à l'avenir de s'occuper d'athlètes dans le cadre de sa pratique professionnelle.

Selon ce qu'a soutenu le syndic, le Dr Duquette a également admis lors d'une rencontre d'enquête tenue en 2001 avoir agi comme conseiller pour des joueurs de hockey professionnels afin de les aider à maintenir «leur valeur marchande». Il aurait mis fin à ces relations lorsque les joueurs en question ont été transférés dans des équipes de l'Ouest.

Aucun nom et aucun détail supplémentaire au sujet de ces liens entretenus par le Dr Duquette avec le monde du hockey et du football professionnel n'ont été révélés devant le comité de discipline.

Joint en après-midi, le porte-parole du Canadien de Montréal, Donald Beauchamp, a indiqué que les révélations du Dr Duquette ont été accueillies avec perplexité au sein de l'équipe. «Nous avons vérifié avec les gens à l'interne. Personne n'a la moindre information à ce sujet-là, a-t-il assuré. Personne ne sait de quoi il s'agit.»

De l'EPO à l'entraîneur de Jeanson
Le Dr Duquette, selon la preuve révélée hier, a également administré de l'EPO à l'entraîneur de Geneviève Jeanson, André Aubut.

L'analyse de différents dossiers médicaux d'athlètes dont le nom est protégé par une ordonnance de non-publication a révélé que le médecin, allant à l'encontre des règles de base de la médecine, prescrivait l'EPO sans d'abord procéder à des tests sanguins poussés sur ses patients.

« De la façon qu'il me présentait cela, c'était comme s'il n'y avait pas le moindre risque à la prise d'EPO. Il disait que ce n'était pas du dopage, qu'il allait juste m'emmener à la limite de ce qui est permis », a témoigné une ancienne cycliste (dont le nom ne peut être publié) qui est à l'origine de l'enquête menée par le Collège des médecins.

Une expérience
La cycliste, qui a rencontré l'orthopédiste à quelques reprises en 2000, affirme que le Dr Duquette a lourdement insisté pour la convaincre de prendre de l'EPO, mais en vain. Le coût des substances dopantes n'a jamais été présenté comme un obstacle. « Son intérêt, c'était de tester différentes approches. Il disait suivre des athlètes masculins du milieu du hockey et comparer différentes recettes. Il disait aussi qu'il faisait partie d'un réseau de médecins internationaux qui partageaient leurs connaissances au sujet du dopage. Le but, c'était d'expérimenter », a affirmé l'ex-cycliste.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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