Heureusement, les coureurs et coureuses cyclistes ont des blondes, des chums, des parents et des amis, parce que nous n'aurions pas été nombreux au parc Laurier, hier, pour le premier Critérium du Centre Père-Sablon.

Il faisait pourtant très beau et les athlètes qui se défonçaient devant nos yeux étaient des vrais, pas des millionnaires du sport, mais des gens qui payent pour faire de la compétition.
L'an prochain, nous devrions être plus nombreux et enthousiastes.
Guy Lépine, patron du Centre Père-Sablon et organisateur de l'événement, était tout de même content. « Il y a beaucoup de travail là-dedans et tout se déroule bien. La Ville a accepté de fermer quatre rues, les policiers sont satisfaits, les ambulanciers sont prêts à tout, nos employés et une quarantaine de bénévoles sont en action. Ça met de l'ambiance dans notre groupe. Le Critérium est une activité de relance du Centre. Après la mort du père de la Sablonnière, nous étions beaucoup moins visibles. Si tout va bien, cette course dans les rues de Montréal va devenir une grande fête, un grand pique-nique du dimanche. »
Et ça tournait et ça tournait, tout en couleurs et en énergie, des hommes et femmes, des juniors jusqu'à ceux de 60 ans, qu'on appelle les Maîtres et non pas les Vieux.
Comme nous aimons tous les gagnants, allons rencontrer la femme la plus rapide de la journée, Lucie Poulin, une petite dame de 29 ans qui a grandi dans la Petite-Italie, un coin de cyclisme là aussi.
« Hey ! Mon bécyk ! » dit-elle au journaliste de La Presse, qui s'est enfargé dans le bolide déposé au sol. Il ne faut pas abîmer son beau bécyk.
« Je fais de la compétition depuis deux ans et c'est ma deuxième victoire. J'ai gagné l'an dernier sur route entre Québec et Trois-Rivières, parmi les gars. Mais le critérium favorise les sprinteuses plutôt que les rouleuses comme moi. Alors, c'est une belle surprise pour moi aujourd'hui. »
Lucie était messagère à vélo. Quand elle a quitté son emploi, le vélo lui manquait. « J'ai arrêté de fumer et je me suis mise à l'entraînement. Il faut s'entraîner tout l'hiver si on veut suivre le peloton. Je ne sais pas combien de temps je vais courir, je prends les années une à la fois. Ça demande beaucoup de sacrifices. Mon rêve est de courir un jour avec les meilleures au monde dans le Tour de Montréal. Il faut que je me fasse connaître. La liste d'attente est longue. »
Dans ses mains, Lucie, qui fait partie de l'équipe Yéti - j'aime bien leur slogan : À moitié civilisés -, tenait ses prix de la journée. Un bouquet de fleurs, une montre pour mesurer son pouls pendant les courses, une enveloppe contenant un chèque de 50$ et, bien sûr, une médaille d'or. « Ils mettent toujours un gars à vélo sur la médaille. Pourquoi pas une fille ? »
Bonne question, Lucie. Je vais enquêter là-dessus.
La dernière course de la journée mettait en vedette des seniors 1 et 2, les plus forts. Un Dominique Perras très relax a bavardé sur le trottoir jusqu'à quelques secondes du signal de départ, donné par l'élégante mairesse de l'arrondissement, Hélène Fotopoulos. « Tu sais que (ton collègue) Simon Drouin a eu un bébé. Je l'ai vue, elle s'appelle Pénélope .»
Perras a laissé les autres quitter la ligne de départ et il a démarré en dernier. Et puis , Showtime !
Quelques tours plus tard, Perras était en train de creuser une avance de 25 secondes sur le peloton, en compagnie d'Alexandre Nadeau. Ils ont été rejoints à trois tours de la fin et ça s'est terminé en spectaculaire sprint de groupe. Jean-François Laroche, Éric Boily et Éric Lyman ont gagné, tous trois en 1:13,01.
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