21 mai 2008

Paris-Pékin à vélo : l'aventure en Moldavie

Henri Gaulard

Jeudi 17 avril : Braiba-Albota de Jos: 124 km, 6H52
Nous quittons la Roumanie aujourd'hui pour la Moldavie. C'est à Galati que nous disons au revoir au Danube qui nous accompagne depuis le 22 mars. La frontière roumaine est passée sans trop de difficultés, un peu d'attente à la frontière moldave. Nous pénétrons donc dans ce petit pays peu connu, ancienne république soviétique; nous sommes immédiatement pris en charge par la police. Peu de sévérité cependant, nous roulons comme nous voulons et prenons des photos.

La route est mauvaise : de plus en plus de côtes, surtout dans les villages, l'accueil est chaleureux, ce sont toujours des hello, bonjour... Les villages sont composés de jolies maisons simples mais décorées. Lors de notre pique-nique, une femme nous offre une bouteille d'eau et des gâteaux, signes de l'hospiltalité moldave.

La région déborde de sable, il y en a partout, sur la route les gens le ramasse en permanence. La route est maintenant bordée de noyers. À partir de Cahul, les difficultés s'accentuent : pas une portion de plat, d'interminables côtes très dures suivies de descentes de même type sur une route défoncée au milieu des vignes. Les trous de cette route sont simplement rebouchés avec du sable. Les vignes sont mieux entretenues en Roumanie avec des fils de fer et des piquets pour les soutenir.

Albota de Jos : un moment inoubliable
Enfin nous arrivons à Albota de Jos, minuscule village fait de la réunion de trois communes. Dans cette vallée superbe, ce fut l'enchantement, que les organisateurs soient remerciés de nous avoir trouvés un endroit pareil !

Ce fut d'abord l'accueil champêtre avec une haie d'honneur faite par les enfants. Quelques discours avec la présence de l'Ambassadeur de France et de l'ancien champion cycliste Andrei Tchmile et le chef de la région. Ce fut ensuite une succession de danses en costume régional, c'était beau et émouvant...

Les enfants de Montebourg peuvent être fiers de leur travail, leur vélo a été remis à une petite fille. Puis un buffet digne des plus grandes réceptions nous attendait. Il a fallu après reprendre le vélo et quitter ces gens si chaleureux et gagner notre lieu de couchage, un ancien camps de jeunesse.

Impressions : une grande journée qui marquera notre aventure, la Moldavie ne reçoit aucune aide et est bien obligée de se débrouiller seule et on a pu constater qu'il y a un véritable effort pour embellir le pays. Ce fut certainement un évènement que de recevoir autant de personnes dans ce village. Combien d'efforts les habitants ont dû faire pour que tout soit parfait, pour faire plaisir. Là, pas de grand discours, la simplicité rurale et je les remercie pour leur accueil incroyable.

Petit bémol : étant ambassadeur des jeunes moldaves, l'organisation n'a pa prévu d'appareils photos pour que les enfants montrent leur mode de vie aux petits normands... c'est dommage ! Je présenterai donc les miennes à mon retour aux enfants de Montebourg.

Vendredi 18 avril: Albota de Jos-Tartabunary: 137 km, 1H34
Nous continuons notre route, de très longues côtes au milieu des vignes, une dernière photo d'Albota de Jos pour immortaliser l'endroit et nous continuons sur une route toujours bordée de noyers avec des maisons vertes ou bleues avec des portails toujours peints.

La frontière avec l'Ukraine approche et nous quittons la Moldavie. 4 heures pour passer la frontière ukrainienne, 4 longues heures d'attente. Et à nouveau la police nous encadre rapidement nous demandant de ne faire qu'un groupe... cela promet !

Le début dans ce pays est triste à mourir. La police qui nous arrête, nous fait ranger et on repart. Quelques côtes ponctuent notre parcours ce qui a pour effet d'éparpiller le groupe... la décision est prise, nous allons rouler par groupes de couleur derrière la police... c'est beaucoup moins dangereux.

Nous arrivons dans la plaine qui succède aux vignobles, ce sont de grands champs, de longues lignes droites et quelques vestiges de kolkhozes subsistent ça et là. La nuit tombe et on roule avec la lumière, vers 21H00, nous arrivons à Tatarbunary, installation dans le lycée-gymnase sans électricité, ni douche, ni toilettes. Impressions : journée très dure et très longue.

Samedi 19 avril : Tatarbunary-Odessa: 148km, 7H31
Le parcours s'avère relativement plat, ce qui nous permet de nous de récupérer un peu des deux journées passées. Les villages traversés sont maintenant très jolis: maisons peintes, cerisiers en fleurs. Nous arrivons dans un petit village, certains cyclos en profitent pour entrer dans les bars, c'est la pagaille pour le regroupement : ordre et contrordre... qui dirige ? On repart enfin sous la conduite de notre groupe, ce qui ne plaît pas à certains !

La plaine toujours la plaine, nous arrivons dans le delta de Dienstr, cela sent la mer, il fait plus frais; Beaucoup de circulation en cette fin d'étape où certains en profitent pour jouer les coureurs et disséminer le groupe partout.

Odessa est atteint. Enfin une douche... bienvenue ! Impressions : très mitigée aujourd'hui, la police nous fait courir de grands risques en nous faisant rouler en peloton de 100 cyclos et puis toute cette pagaille interne avec cette succession d'ordres et de contre-ordres... cela peut devenir grave quand nous rencontrerons des situations plus difficiles.

Certains participants (il y en a quelques-uns) ont-ils l'esprit cyclos ? Le Paris-Pékin n'est pas une course... Un conseil : si certains ont un trop plein d'énergie à dépenser, la préparation des bivouacs (camions à décharger et à recharger) est un excellent exhutoire ! c'est le sentiment de la majorité des participants... des vrais cyclos.


page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
vélo ski de fond plongeon
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive