26 mai 2008

À vélo au boulot

Pierre Keller

Tel est le titre d'une campagne nationale destinée à encourager les citoyens à utiliser les énergies douces pour se rendre à leur travail du 1er au 30 juin. L'idée est sympathique, le mot d'ordre politiquement correct et l'écologie un devoir absolu. Donc, tous en selle !

Dans ce but, deux courriels insistants et consécutifs sont venus enrichir la cohorte des messages indésirables de tous les collaborateurs de l'administration vaudoise. Et c'est là que je m'énerve, car ce qui n'est pour l'heure qu'une aimable invitation sera l'année prochaine une directive, en 2010 un règlement, en 2011 une loi, avant de faire sans doute l'objet d'un article constitutionnel.

En forçant le trait et en poursuivant cette logique, il est évident que la meilleure façon de préserver l'équilibre écologique planétaire serait de corseter sévèrement toutes les activités économiques. Contraindre par exemple les employés à habiter dans un rayon de dix kilomètres autour de leur lieu de travail, remplacer les contacts directs (qui impliquent des déplacements en train ou en avion) par des visioconférences, interdire l'importation de vins étrangers (pour le Valais, quelle aubaine !), taxer les vacances à l'extérieur du pays, et à terme soumettre l'autorisation de quitter la Suisse à un visa du Département de l'écologie.

On n'en est certes pas là, mais pour en revenir à mon sujet, la stricte observation du slogan philocycliste entraînerait un ralentissement certain du rythme professionnel. Pour les cadres en tout cas (même s'ils sont enclins à affectionner la bicyclette), la moindre séance en dehors du lieu de travail, et Dieu sait si la superposition galopante des couches administratives en impose, rallongerait l'absence de vingt minutes. Et que dire des lignes mal desservies, des trains et bus bondés, etc. ? Pour ma part - mais sans doute suis-je une exception - le fait de ne pas pouvoir disposer de ma voiture réduirait le volume de mes activités de 30 à 40%. Excellent pour ma forme physique, certes, pour la qualité de l'air, assurément, mais désastreux pour la vitalité et le rayonnement de l'école.

Alors, avant de souscrire à la bonne combine de M. Marthaler, notre ministre de l'Environnement, et de retrouver le magistral coup de pédale de ma jeunesse, j'attendrai un signe plus fort de nos autorités. Par exemple lorsque M. Daniel Brélaz, syndic de Lausanne, montera le Petit-Chêne à vélo, je graisserai ma chaîne, gonflerai mes pneus, astiquerai ma bécane et l'enfourcherai pour voler à mes rendez-vous.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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