6 mai 2008

Les uniformes olympiques canadiens faits en Chine


L’homme d’affaires Louis Garneau
photo d'archives

Dès 1997, Louis Garneau réclamait un made in Canada

Bien avant que n’éclate la controverse entourant les uniformes des athlètes canadiens, l’homme d’affaires Louis Garneau avait écrit au premier ministre Jean Chrétien, en 1997, afin qu’une loi fédérale oblige les participants à porter des vêtements Made in Canada lors des événements internationaux.

Le 9 décembre 1997, quelques semaines avant le début des épreuves des Jeux de Nagano, le manufacturier québécois avait envoyé une lettre à l’ancien chef libéral afin de corriger ce qu’il considérait comme une grossière erreur à l’époque: le personnel de Radio-Canada se préparait à porter des vêtements de marque Descente, fabriqués au Japon.

« Il me semble que si nous voulons conserver nos emplois et en créer d’autres, nous devons cesser de faire la promotion de vêtements faits ailleurs qu’au Canada. (...) Notre fierté d’être Canadiens ne fait aucun doute, mais nous devons afficher cette fierté et notre savoir-faire afin de prouver au monde entier que nous sommes un pays uni, que nous sommes dignes de confiance face à la qualité de nos produits », peut-on lire dans le document.

Mauvaise publicité
Exigeant que le gouvernement fédéral prêche par l’exemple dans ce dossier, M. Garneau réclamait alors « qu’une loi fédérale soit votée afin que tous les membres d’organismes, de près ou de loin liés à des événements d’envergure, soient obligés de porter des vêtements canadiens, Made in Canada. »

« Quelle mauvaise publicité pour le Canada que de ne pas porter nos propres vêtements ! Comment peut-on convaincre le monde, dans de telles circonstances, que nos produits sont les meilleurs du monde ? » avait-il écrit à ce moment. La demande n’a finalement jamais donné les résultats souhaités. « La réponse a été sans lendemain. Il n’y a jamais eu de projet de loi. Ça aurait pu être facile », a signalé Louis Garneau au MédiaMatinQuébec.

La semaine dernière, la Compagnie de la Baie d’Hudson, qui a obtenu le contrat des vêtements pour Pékin 2008, a soutenu qu’elle avait fait de son mieux, mais qu’il était impossible de faire produire au Canada tous les vêtements et accessoires requis par l’équipe olympique. Le Comité olympique canadien (COC) a insisté pour dire que le manteau de la cérémonie d’ouverture et celui que porteront les médaillés sur le podium ont été faits au Canada.

L’opposition critique
Les partis d’opposition à Ottawa ont affirmé qu’il s’agissait d’une belle occasion ratée. Selon les chiffres obtenus auprès du ministère, le secteur manufacturier employait quelque 79 200 travailleurs dans le domaine du vêtement en 2000. La crise a fait mal puisque ce chiffre n’est que de 22 000, aujourd’hui.

Le libéral Denis Coderre a parlé d’une «gaffe» pour expliquer ce choix contesté. « S’il y a un événement où le symbolisme est extrêmement important, c’est les Jeux olympiques.

On aurait pu profiter de l’occasion pour envoyer un message pour nos propres produits manufacturiers », a-t-il déclaré. M. Coderre a été élu dans Bourassa pour la première fois le 2 juin 1997, quelques mois avant l’intervention de M. Garneau auprès de son ancien chef. Était-il au courant ? Il a ensuite pris le portefeuille du Sport amateur en 1999, et ce, jusqu’en 2002.

Malgré la concurrence asiatique, l’ex-athlète olympique établi à Saint-Augustin se défend de transférer la totalité de sa production. « Le marché nous varlope. On fait encore travailler beaucoup de monde ici, mais qu’est-ce que ça va être dans dix ans ? Au moins, quand on sort à l’extérieur devant le monde entier, on pourrait faire attention. Ce n’est pas une commande majeure. »


page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
vélo ski de fond plongeon
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive