3 mai 2008


Le sentier qui traverse la forêt inondée nous amène à une passerelle d'où on peut épier tortues, hérons et autres habitants du marais.
photo d'archives : William Lapointe

Rouler dans une forêt inondée

Si elles causent beaucoup d'ennuis aux riverains, les inondations sont plutôt bénéfiques au parc-nature du Bois-de-l'Île-Bizard, dans le nord-ouest de Montréal. La crue du lac des Deux-Montagnes se répand dans la forêt puis remplit le marais que tortues, castors et hérons pourront habiter tout l'été.

Au plus fort des débordements, même les sentiers pour la marche et le vélo se retrouvent sous l'eau. Avant de vous y rendre, mieux vaut donc passer un coup de fil pour vérifier si les sentiers sont praticables. Dès qu'ils le sont, c'est le moment d'y aller afin de marcher ou de rouler en vélo dans la forêt inondée.

Un site unique
Même si les crues sont courantes le long du Saint-Laurent et de ses tributaires, rares sont les endroits où des sentiers pénètrent dans une forêt inondée. Comme ils sont recouverts de gravier fin et légèrement surélevés, on y marche donc sans qu'il y ait trop de boue.

Ce qui est unique, à ma connaissance, dans ce parc-nature de la Ville de Montréal, c'est le fait de pouvoir également y rouler en vélo.

L'ambiance de la forêt inondée est à la fois étrange et fascinante. On a d'abord la drôle d'impression de se retrouver dans le décor lugubre d'un film d'horreur. Puis, au détour d'un sentier, un couple de canards qui patauge entre les arbres nous rappelle à quel point le milieu est bien vivant.

La passerelle
Près du stationnement, de l'autre côté du chemin Bord-du-Lac, le sentier qui traverse la forêt inondée nous amène à une solide passerelle de 500m de long, dans un marais. Pour ne rien manquer, il faut bien regarder. D'ailleurs, si vous y allez en vélo, mieux vaut rouler très lentement ou marcher à côté de votre bicyclette.

Immobiles sur des billots flottants, des tortues peintes se font souvent chauffer au soleil. Des rats musqués nagent ici et là. On les reconnaît au sillon tracé à la surface de l'eau par leur tête et leur queue. Des grenouilles se laissent flotter, près des îlots de végétation.

Il n'est pas rare de voir un héron, immobile et les pattes immergées, en train de pêcher. Des canards s'ébattent un peu partout. Certains se lissent les plumes, alors que d'autres virevoltent au-dessus des arbres et du marais.

Avec un peu de chance, on aperçoit un castor. Aux dernières nouvelles, il y avait un couple dans le marais. Le milieu n'étant pas assez grand pour accueillir une famille, le mâle a été vasectomisé par un spécialiste de la faune.

Ça peut sembler farfelu mais la Ville de Montréal justifie ce contrôle pour éviter que les castors détruisent la forêt autour du marais. Il faut savoir qu'un seul individu peut abattre 200 arbres et arbustes par an.

Petit belvédère
Au bout de la passerelle, le sentier se poursuit dans la forêt inondée. Un chemin mène à un petit belvédère, nommé le Grand héron.

Comme on se trouve en retrait, on a l'impression d'être assis dans une loge d'où on a un point de vue privilégié à la fois sur la forêt et sur le marais, animés par des vols et des cris d'oiseaux. Mais nul besoin d'acheter un billet pour le spectacle car à part le stationnement, l'entrée est gratuite.

REPÈRES

• Accès en auto : autoroute 40 Ouest, sortie boul. Saint-Jean (nord), boul. Pierrefonds (à gauche), boul. Jacques-Binard (à droite)
• Sentiers pédestres et cyclables : 10 km
• Parc-nature : 514 280-8517, www.ville.montreal.gc.ca/parcs-nature


page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
vélo ski de fond plongeon
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive