30 mai 2008

C'est maintenant l'heure des bicyclettes

Il y a quelques jours, il épargnait encore pour acheter une voiture. Aujourd'hui, on le voit aller au travail en bicyclette. Quel miracle a-t-il eu lieu ?

Hà Minh

Depuis cette "horrible" nouvelle : le prix de l'essence a atteint plus de 14 000 dông le litre, les jeunes citadins se tournent et se retournent dans leur lit, sans pourvoir fermer les yeux, en réfléchissant à leurs problèmes financiers. Aller à pied ? Trop fatiguant ! Prendre une mototaxi ? Trop cher ! Un problème insoluble.

Tout à coup, l'image de la bicyclette apparaît. Une solution "romantique" et "pratique".

Truong Công Tu, journaliste à la Télévision du Vietnam, fait étalage de son nouveau véhicule : "Dernièrement, j'ai bien gagné et c'est pourquoi décidé de changer de véhicule, pour un Reebok".

Ses amis ont d'abord pensé que Reebok était un nouveau modèle de quatre-quatre d'une marque connue. Mais en réalité, c'est un… vélo. Il ne s'agit pas là de difficultés financières mais de désir.

"Mon nouveau vélo est d'importation et c'est le plus moderne. Je ne dois pas dépenser trop de force pour pédaler", confie Tu.

Il y a plus d'un mois, Trân Khanh Hung, cadre de la société de télécommunications Intercom, a acheté un deux-roues qui, selon lui, possède une forme simple mais est très beau. Les jours où il ne doit pas rencontrer des clients, il pédale jusqu'au travail.

"Il y a 5 raisons pour lesquelles j'ai choisi une bicyclette. Premièrement : ma maison est proche de mon bureau. Deuxièmement : je peux économiser l'argent de l'essence. Troisièmement : on se différencie des motocyclistes sur la route. Quatrièmement : je peux revivre ma jeunesse du temps quand j'étais élève et, enfin, pourquoi ne pas s'offrir cette liberté de loisir", dit Hung.

Il ajoute que beaucoup de ses amis qui, l'un diplomate, l'autre directeur, ont acheté un vélo. Parmi eux, quelques-uns ont même acheté des vélos à l'étranger à 1000-2500 dollars. Ils ont un poids très léger, de 4 kg, et peuvent être pliés.

Pour sa part, C.H, enseignant à l'Institut des relations internationales, raconte : "Pendant une année de travail au Danemark, j'ai vu beaucoup de jeunes européens rouler à vélo. Une image romantique et sympathique. Alors, en retournant au Vietnam, j'ai décidé d'en acheter un". Maintenant, tous les jours, il prend son véhicule dans la rue, fier de ne pas rejeter de la fumée et du bruit.

Un week-end avec les deux-roues
Après la fin de leur deuxième semestre, un groupe de 8 étudiants de l'Institut bancaire décide de faire un pique-nique au temple Dô, province de Bac Ninh, à bicyclette. Un long trajet mais rien ne peut émousser la détermination de ces jeunes. Prenant le bus, ils vont dans le vieux quartier pour y louer des vélos. Le parcours commence.

"Louer un vélo ? Ce n'est pas parce que nous n'avons pas de moto ou n'aimons pas prendre le bus, mais c'est parce que nous préférons la bicyclette", explique Lâm, un membre du club.

Une autre raison pour laquelle les jeunes citadins prennent souvent le vélo en banlieue : laisser les poussières et les fumées de la ville bruyante pour aller à la campagne respirer de l'air pur.

Pour les étudiants provinciaux arrivant à Hanoi, un des plaisirs après une semaine surchargée est de déambuler dans la ville à vélo. Binh, étudiant en première année de l'École polytechnique, raconte : "Ce n'est pas très intéressant de visiter les vieux quartiers de Hanoi en moto. Aller à pied ou en vélo nous permet de trouver la beauté des petites rues".

Parlant du besoin grandissant des jeunes pour la location de bicyclette, Nguyên Huu Quân, patron d'un magasin de location au 70, rue Hàng Bac, s'exprime avec surprise : "Je loue des vélos depuis 1996 pour servir les touristes étrangers mais ces dernières années, la plupart de mes clients sont des étudiants. Pendant le week-end, le nombre de clients augmente subitement. Il y a des semaines où je n'ai plus de vélo à louer".

Selon Quân, le prix de location d'un vélo est très raisonnable, de 15 000 à 20 000 dôngs par jour, c'est pourquoi ce service attire beaucoup d'élèves et étudiants.

D'après Khanh Hung, à l'avenir de plus en plus de jeunes s'achèteront un vélo car "garder une belle forme et contribuer à la protection de l'environnement. Alors, pourquoi hésitez-vous encore à prendre un vélo ?"


page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
vélo ski de fond plongeon
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive