mai 2008

Des nouvelles d’Europe

Simon Lambert-Lemay

Voilà, je suis maintenant avec l’équipe nationale, après avoir passé les deux dernières semaines avec mon équipe en Belgique et en France. Hot Tubes a connu une excellente campagne européenne cette année avec d’excellents résultats : 8e et 9e du Tour des Flandres Juniors, 2e du Tour du Condroz, 1er et 2e du classement général au Tour des communautés des communes des Pays de Loué et 1er au général, classement meilleur jeune au Trophée Centre Morbihan (gagné par Nathan Brown que certains connaissent bien ayant couru au Québec l’an passé au Tour de l’Avenir). Toutefois, je n’ai pas eu trop le temps de fêter cette belle victoire le soir de la dernière étape, partant directement pour la France pour aller rejoindre la maison de l’équipe nationale à Conches, en Normandie. J’y ai rencontré Cody Campbell, David Larson et Evan Flater, qui eux y étaient depuis le début mai. Andrew Lattimore et Devon Novakowski nous ont rejoints en milieu de semaine, arrivant de Nice, où ils étaient depuis déjà quelques semaines. J’ai pris la semaine assez « relax » après Morbihan, afin de recharger les batteries un peu avant le Trophéo Karslberg (objectif principal de l’équipe).

Nous avons participé au Tour du Bessin, comme préparation finale avant de quitter pour l’Allemagne. Course de trois étapes en deux jours, de niveau élite 2 (il y a pro, élite 1 et ensuite élite 2). La première étape s’est bien déroulée pour nous : Cody et moi étions dans l’échappée matinale, mais nous nous faisons reprendre avec environ 30 km à faire. Devon était dans le contre, qui s’est rendu jusqu'à la fin. Il fait 4e de l’étape, à 5 sec du vainqueur. Le peloton entre près de 2 min derrière, un par un, la course finissant dans un bosse de 1.5 km à plus de 15% de moyenne (je me fais sauter à la ligne, pour terminer 2e du groupe). Le lendemain matin, c’était un contre-la- montre par équipe de 20 km sur un parcours très montagneux. Nous étions du style Eddy Merckx, seulement vélo de route, pas de barres, ni de roues. Nous terminons 2e à 1sec de V.C Rouen, dont les coureurs étaient tous équipés. Cela nous place donc dans le maillot de leader au général avec Devon. Malheureusement, ce dernier se fait piéger à 6 bornes de la ligne, quand le 2e au général réussit à sortir du peloton. Nous perdons le général par une seconde. Je réussis à faire 2e de l’étape, après une course active pour Cody et moi, embarquant dans plusieurs coups, et disputant les sprints intermédiaires. On sort donc du Tour du Bessin : 2e au général, 1er aux points, 3e aux grimpeurs, 2e au classement par équipe.

De retour à Conches, nous rassemblons nos effets et faisons nos bagages, direction l’Allemagne, pour le Trophéo Karlsberg, troisième Coupe des Nations, après Paris-Roubaix junior en France, et la Course de la Paix, en République Tchèque. Les meilleurs de chaque pays s’engageaient dans cette course de cinq étapes, étalée sur 4 jours.

Ce fut une nouvelle adaptation lors de la première étape, en raison de la qualité du peloton, les meilleurs au monde étant au rendez-vous. Certains n’y ont pas survécu, nous perdons 2 coureurs lors de la première étape, lors des 30 premières bornes de la course. Un tombe malade (Devon), et Evan se fait lâcher dans le deuxième grimpeur de la journée (mur de 2km avec une section en pavés à plus de 18%), après 28km.

Par la suite, chaque jour, il y avait un petit pépin qui n’allait pas ou nous faisions des erreurs. La deuxième étape, je tente ma chance à 35 km de la ligne. Je sors seul, je bouche une minute à l’échappée, mais je ne réussis pas à reprendre les dernières trente secondes. Je suis resté durant 20 bornes à 45 sec. de l’échappée. Le peloton me rejoint après une longue descente à plus de 80km/h. Alors que le peloton bordure à plus de 50km/h, Cody se fait prendre dans une chute. Il perd beaucoup de temps et est blessé au genou.

Au matin du chrono, je décide à la dernière minute de finalement prendre le vélo de contre-la-montre de David Larson, pensant que cela allait être plus vite. Après avoir réglé la hauteur de selle seulement, le guidon était trop bas, la selle un peu trop haute, j’étais coincé. J’aurais dû seulement prendre le disque et garder mon vélo de route avec des barres de chrono. J’étais collé à l’asphalte, comme si je ne savais plus pédaler. Je perds 1min30 au gagnant. Erreur de ma part.

Dans l’après-midi, nous perdons encore 2 autres gars dû au parcours difficile et au rythme élevé. Cody et moi étions bien, embarquant dans les coups, montrant un peu le maillot canadien. Toutefois, au pied d’une bosse, ma chaîne déraille en descendant sur la 39, et au même moment, quelqu’un me frappe par derrière et arrache littéralement le guidon de mon vélo, cassant ma fourche et mon cadre. Quand Jacky Hardy est enfin arrivé (une des dernières voitures de la caravane), il a fallu de je prenne son vélo (trop petit pour moi) et ses souliers (étant le seul de l’équipe sur speedplay). Le temps de tout changer, j’étais environ 1m30 derrière la caravane.

Je suis finalement revenu, après 20km à chasser la caravane. Je reviens dans le peloton au pied de la côte de l’arrivée, avec un tour à faire (pas le meilleur endroit, je peux dire). Au soir, le mécanicien et moi avons fait ma position sur le mulet de l’ACC. Au matin de la dernière étape, Cody et moi étions les seuls partants du Canada, « maganés » de nos chutes. Je réussis tout de même à faire une belle étape. Une échappée part assez tôt dans la course (qui se rend finalement jusqu’au bout). Après environ 30km, je pars en contre avec un Allemand au somment du grimpeur. Nous sommes rejoints par deux espagnols, un slovène, et plus tard par un autre petit groupe de 5-6 coureurs. Nous avons passé une bonne partie de la journée devant (80 bornes) toujours à 40-50sec de l’échappée qui était toujours devant. On se fait toutefois reprendre dans les derniers 20 km par les polonais qui essayaient de diminuer le plus possible l’écart pour leur maillot jaune. La course se termine dans un sprint, Cody et moi dans le même temps.

Content de ma dernière étape, mais beaucoup de malchance et d’erreurs, je suis content que ça soit terminé. Je peux vous dire que la Karlsberg était excellente et très appréciée avec une semaine intense comme celle-ci. On a tous bien dormi dans l’auto, en direction de Paris, où nous partions tous le lendemain afin de retourner à la maison. Satisfait de ma première expérience avec l’équipe nationale, nous étions encadrés, merci à Jacky, à Michel (notre meilleur soigneur) et à Claude (notre mécanicien hors pair).

De retour au pays pour le mois de juin, afin de bien préparer les championnats canadiens en Beauce à la fin du mois. A bientôt, on se voit sur les routes du Québec.


page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
vélo ski de fond plongeon
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive