23 avril 2008
Petit témoignage, mon point de vue sur le vélo. Ce sport propre à ma culture familiale, une passion dont je faisais à l’époque un suivi rigoureux mais qui aujourd’hui m’indiffère.
C’est ce sport qui, par le biais de son épreuve reine, m’a fait lever certains matins de vacances dans mon enfance, parce que mon père avait eu l’idée la veille d’aller la voir passer à côté de chez-nous. C’est lui aussi qui m’a fait découvrir certains exploits de ces coureurs, et m’a scotché des après-midis entièrs à la télévision. Je connaissais ce sport, j’apprenais par cœur en début de saison la composition des équipes, j’étudiais tel un turfiste le profil des coureurs et de l’étape qu’ils allaient parcourir. Je me faisais des plans sur le futur vainqueur du tour ou de la coupe du monde... bref le fan.
Mais sont arrivées les premières affaires. On découvrit le pot aux roses et moi, fan, je me suis retrouvé trahi. À l’instar d’un de ces coureurs dont j’admirais le panache, on m’avait menti. Le pire, et à la différence de cette homme à pois rouges, ce n’était pas à l’insu de mon plein gré.
Oh j’avais en mémoire les commentaires désobligeants de mon grand père et de mon père qui me disaient que la plupart de mes héros ne marchaient pas à l’eau claire mais, tout adolescent que j’étais, je réfutais l’argument. Avec le recul, et en étudiant de plus près ces discours, j’ai pu m’apercevoir que leurs propres héros de leur enfance ont connu les mêmes mésaventures et qu’ils avaient eu raison.
Les années passèrent et les scandales tombèrent un à un. Tous les pays où ce sport se pratiquait ont eu affaire à des histoires de ce genre. Mon feuilleton estival devenait de plus en plus compliqué à suivre, las d’entendre parler de ces affaires à la télévision, un jour j’avais décidé de zapper. Cependant, je restais de moins en moins insensible à la presse comptant les nouvelles mésaventures de ce sport. Peu à peu j’ai arrêté de suivre ce sport, j’ai laissé passer les classiques du printemps, attendant l’épreuve de la grande boucle avec passion, mais le triptyque des tours 2005, 2006, 2007 m’a définitivement fait décrocher. Tel un cycliste en pleine ascension d’un grand col, j’ai lâché le groupe maillot jaune en 2005, sceptique de la puissance du grand américain, puis je me suis retrouvé, à cause d’une lourde cuite au whisky comme excuse, dans le gruppetto en 2006 de ceux qui croyaient encore à ce sport, pour finir en 2007 dans la voiture balai. Plus de jus, plus de passion.
Merci à tous ceux qui ont contribué en ce sens à cette perte de temps que j’ai vécu dans ma jeunesse... merci à ceux que j’ai suivis, défendus durement dans leur errances, bref je ne conseillerai pas ce sport aujourd’hui à un jeune, ni même à mes enfants, qui au passage auront l’occasion de faire de belles grasses matinées durant les étés prochains.
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