24 avril 2008


Isabelle Lucas (à gauche) et sa mère Renée gèrent la boutique.
Un commerce de famille depuis 3 générations.

Mère-fille, un tandem original de mécaniciennes

Depuis trois générations, la famille Lucas loue et vend des vélos à Deauville. Par passion, Renée et Isabelle Lucas ont pris le relais.

Dorian Chotard

À partir de 17 h 30 c'est la cohue devant la boutique de cycles Lucas, avenue de la République, à Deauville. Deux jeunes à la mode ramènent un vélo à la roue arrière crevée. « Attention, si je vois que c'est de votre faute, vous payez la réparation », lance fermement Isabelle Lucas, la gérante de 47 ans. Sans attendre, sa mère, Renée, s'empare du vélo, dévisse la valve et sort la chambre à air. Des gestes sûrs et rapides, comme si Renée les avait répétés toute sa vie. Les deux jeunes restent admiratifs devant tant de précision. Car ces manipulations, Renée les a effectivement pratiquées toute sa vie.

L'histoire des cycles Lucas commence avec Émile, le grand-père d'Isabelle. Il fonde le commerce et le gère jusqu'en 1936. Le fils reprend le magasin, il se fait aider par son épouse Renée qui reprendra la boutique en 1978. Le couple a quatre enfants. Une seule fille, Isabelle, qui affirme très tôt son statut de mécanicienne. « Ca a commencé quand j'étais toute petite. J'habitais avec mes parents au-dessus de la boutique. Mon père avec ses gros doigts ne pouvait pas changer les petits écrous sous les garde-boue. Il me demandait de le faire. J'ai tout appris comme ça, sur le tas. »

Les ongles toujours limés
Si Renée a officiellement laissé la boutique à sa fille, elle continue de l'épauler pendant la saison. Les mains noircies par les chaînes de vélo mais les ongles toujours limés, Renée est trop coquette pour dévoiler son âge. Continuer à travailler, c'est un moyen de rester jeune : « J'en ai marre des clubs pour les anciens. Ils ne proposent que des activités pour rester assis comme jouer aux cartes ou faire de la couture. Moi je préfère bouger, faire de la danse, du vélo. Ça permet de rester bien dans son corps mais aussi dans sa tête. »

Isabelle utilise encore des outils inventés par son grand-père et des petits secrets transmis sur trois générations. Mais pas question de tenir un commerce défraîchi, Isabelle a tout refait à neuf. Télévision écran plat, luminaires modernes et atelier gris et rouge très design dans lequel Isabelle a bricolé un astucieux système pour monter les vélos sans se pencher. L'avenir de la boutique, Isabelle y pense déjà : « Je n'ai pas envie de travailler trop tard et je n'ai pas d'enfants. Pour la relève, je pense à Tony, mon mécanicien. C'est un fils spirituel pour moi. Si le nom Lucas ne reste pas tant pis, l'important c'est qu'on soit tous les deux passionnés. »


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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