23 avril 2008

Location de vélos au Mans : petit braquet au départ

À partir de cet été, la ville compte louer 250 vélos. Puis 400, si tout va bien. Le principe ? Une location longue durée, sans dépôt de borne à borne.

Jérôme Lourdais

Quand ? Initialement annoncé pour le printemps 2008, le projet a pris du retard. « Notre objectif est d'ouvrir pour l'été », rassure Dominique Niederkorn, maire adjointe, qui souhaite acquérir des engins « solides, faciles à utiliser, avec un cadre spécifique ». Comme à Tours, où les bicyclettes sont reconnaissables. « Même volé et repeint, on sait que c'est un vélo de location. » Le hic, c'est que l'entreprise qui fabrique ces vélos carénés tout public semble débordée. Tours a passé commande de nouveaux vélos il y a quelques mois. Et ne sera livrée qu'en septembre. Au Mans, l'appel d'offres n'est pas encore lancé.

Combien de vélos ? La ville compte mettre 250 vélos en service, puis monter jusqu'à 400, en pédalant doucement. « On va voir en fonction de ce que ça donne. On ne veut pas faire du flamboyant et ensuite se casser la figure. »

Pourquoi cette prudence ? La ville est refroidie par l'exemple d'Orléans, ville de taille similaire, équipée d'un tramway. La préfecture du Loiret a confié la gestion de 250 vélos à une filiale de la SNCF, qui demande 750 000 € par an.

Borne à borne ou longue durée ? Dans le marché, très en vogue, de la location de vélos, deux systèmes dominent. Le premier, c'est le Vélib', à Paris, ou le Vélov', à Lyon. Formule également adoptée à Rennes. Le principe : une mise à disposition borne à borne, 24 heures sur 24, où le cycliste occasionnel paie en fonction de la durée d'utilisation. Le parc de vélos est géré par une société spécialisée dans le mobilier urbain, comme Decaux, qui se paie en vendant les espaces publicitaires des abris de bus.

Second système : la location longue durée, en place à Tours, Nancy, Amiens. Ces villes, qui ne passent pas par un prestataire publicitaire, proposent une location plus encadrée, généralement de trois mois à un an. « Ça marche bien. Il y a beaucoup d'étudiants, des gens qui ne veulent pas acheter un vélo, qui le loue pendant plusieurs mois et qui parfois se décident à en acheter », assure Dominique Niederkorn, chiffres à l'appui : « Amiens a 800 vélos en service et en commande 400. Idem à Tours, tous les vélos sont loués. » Mais rien n'assure un tel succès au Mans, avec une université de taille modeste. Et bien desservie par le tram.

Le choix du Mans. La ville opte pour la location longue durée. Motif ? Primo, pas question de renégocier un contrat avec Decaux, qui, moyennant la pub, fournit et entretient, pendant seize ans, l'ensemble des stations tram et bus de Le Mans Métropole. Secundo, le borne à borne, c'est beaucoup de sous. Decaux estime le coût annuel à 2 400 € « minimum », par vélo. « Il faut des éléments électroniques qui repèrent les pannes ; une équipe pour récupérer les vélos et les répartir de façon équilibrée dans chaque station », ajoute Dominique Niederkorn, qui préfère une location où l'utilisateur prend et on ramène le vélo au même endroit, avec du personnel pour signer le contrat de location, expliquer le système d'antivol, assurer l'examen technique, proposer une éventuelle révision. « On va démarrer avec un ou deux points de location, gare nord et place de la République, au niveau du pressing. L'idée, c'est de prendre le vélo au moins une journée. »

Budget ? Pour cette gestion en direct, le budget tournera entre 350 € et 400 € par vélo. Avec 250 000 € d'investissement pour l'aménagement des deux premières stations.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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