22 avril 2008

Coup de fil à la vététiste Laurence Leboucher

Pour la Sarthoise, la route vers Pékin, où elle connaîtrait ses cinquièmes Jeux, s'annonce longue.

Christophe Delacroix

Laurence Leboucher, fin janvier, vous étiez troisième des Mondiaux de cyclo-cross. Là, vous courrez après un billet pour les JO en VTT. Les différences entre ces deux disciplines ?

Première distinction, le vélo. Certains pèsent un ou deux kilos de plus. Les pneus sont plus larges, donc le rendement moindre, mais tu es obligée d'avoir du confort pour piloter vu que le terrain se veut moins roulant. En cyclo-cross, tu as une impression de vitesse que tu n'as pas en VTT.

La nature de l'épreuve est également différente ?

C'est effectivement beaucoup plus long. Deux heures d'effort contre 40 minutes en cyclo-cross. Tu pars à fond et il faut toujours rester dans les tours. C'est par conséquent beaucoup plus dur mentalement et physiquement. Au bout d'une heure, tu commences à ne plus avoir les yeux en face des trous. Les descentes sont plus dangereuses, plus techniques, ça réclame davantage de vigilance. Tout travaille, car tu as beaucoup de vibrations. En plus, contrairement au cyclo, la stratégie de ravitaillement s'avère hyper importante.

Il pourrait s'agir de vos cinquièmes Jeux olympiques ?

La première fois à Barcelone (1992), j'ai tenu le talkie-walkie ! J'étais sélectionnée pour la route mais Longo, retenue au départ pour la piste, a pris ma place. À Atlanta (1996), je manquais d'expérience en VTT et je fais 11e. À Sydney (2000), je chute au bout de trente secondes, je repars dernière pour remonter et terminer 18e. À Athènes (2004), j'ai un souci mécanique au bout de cinq minutes avec ma chaîne. Cela m'est arrivé trois fois dans la course mais je fais 8e. Les Jeux ne m'ont jamais réussi jusqu'à présent. Finir sur Pékin, ce ne serait pas mal... Pour ne rien gâcher, j'ai entendu dire qu'il s'agirait d'un cyclo-cross géant ! En plus, avec l'évolution des contrôles...

Seulement avant, il faut décrocher votre sélection ?

Nous sommes quatre prétendantes pour une place : Cécile Rode-Ravanel, Séverine Hansen, Sabrina Enaux et moi-même. Je passe pour la vieille qui aurait dû arrêter ! Si elles avaient été à la hauteur en 2006, quand j'ai remporté le championnat de France, je ne serais peut-être pas sur un VTT aujourd'hui. Les manches de Coupe du monde, le championnat d'Europe et le Mondial serviront de sélection. Le 22 juin, on connaîtra l'heureuse élue.

Laurence Leboucher en bref
Née le 22 février 1972 à Alençon. Championne du monde de VTT (cross-country) en 1998 et championne de France en 2006. Championne du monde de cyclo-cross en 2002 et 2004.


page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
vélo ski de fond plongeon
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive