18 avril 2008

Paris-Pékin à vélo : la traversée de la Roumanie

Henri Gaulard

Vendredi 11 Avril: TurnuSeverin-Craiova: 114,89 kms en 5h36
Première journée en Roumanie. La prudence aujourd'hui sera de mise car nous empruntons la route directe pour Bucarest. Un départ par une longue côte. Et nous continuons en file indienne cette étape désormais parfaitement plate. Nous rencontrons la pauvreté, presque la misère. Quelques champs cultivés de manière archaïque avec le cheval, quelques rares tracteurs.

La charrette est leur moyen de locomotion. Le travail ici doit manquer, beaucoup de personnes sont assises sur le pas de leur porte, à attendre... L'arrêt pique-nique dans un monastère apportera un peu de réconfort à cette journée avec là encore la présence de nombreux enfants.

Petit tour au marché où un commerçant fait le pitre se prenant pour Sarkozy (beaucoup de gens connaissent des mots en Français).

L'après-midi ressemblera à la matinée, beaucoup de chiens souvent agressifs et de nombreux cadavres de ces animaux au bord de la route.

L'étape se poursuit en traversant des champs pétrolifères et de gigantesques usines chimiques, métallurgiques et autres (quelle pollution). Arrivée à Craiova, je fais le tour de la ville qui possède quelques trésors architecturaux.

Impressions : des gens pauvres mais qui offrent toujours le sourire. Combien de temps faudra-t-il à ce pays pour se mettre à l'époque moderne ? Toutes ces friches, le chômage qui semble énorme, ces industries polluantes... Aujourd'hui la Roumanie nous a montré l'immensité de la tâche à accomplir, la solidarité européenne ne devra pas être un vain mot.

Samedi 12 Avril : Craiova-Rosiori de Vede : 113,99 kms en 5h38
Ce soir c'est bivouac pour la première fois...

La longue traversée de Craiova, de sa banlieue et de sa zone industrielle nous emmène dans une campagne toute plate. Toujours cette pauvreté palpable à chaque regard. Partout des gens gardant leur unique vache. Les paysans avec leur cheval trainant la charrette et des tas de personnes assises devant chez eux. Dans la deuxième partie de l'étape commenceront à apparaître des champs cultivés : blé, colza et labours pour le maïs sans doute.

Caracal, grande ville de la région, est traversée mais nous ne trouvons rien à manger !

À notre arrivée à Rosiori de Vede, on a une bonne surprise, le bivouac ne se fera pas sous la tente mais le matériel est installé dans un gymnase.

Nous sommes invités par la mairie à assister à un match de foot de niveau "National".

Nous sommes ensuite conduits au restaurant distant d'un kilomètre avec un important déploiement de police. Le restaurant aux décors somptueux offrira un excellent repas.

Dimanche 13 Avril : Rosiori de Vede-Bucarest : 145,54 kms en 6h47
Le gymnase a été une excellente idée car cette nuit il a fait de l'orage... Aujourd'hui ressemblera beaucoup à hier avec une vie à deux vitesses : la grande agriculture avec des plaines immenses et les méthodes ancestrales. Je suis interviewé par l'équipe de reporters et filmé pour le compte du centenaire des ASPTT.

Nous nous arrêtons au village de Buzecin où les roms ayant fait fortune en Europe se sont fait construire des palais tous plus extravagants les uns que les autres ! Les propriétaires n'hésitent pas à poser montrant leur richesse : bagues et dents en or... puis à la sortie de la ville la pauvreté... sans commentaire !

La traversée de Bucarest sera interminable (40 kms), ce sera d'abord de grandes avenues bordées d'imposants immeubles en assez bon état. La traversée du centre-ville nous permettra d'apercevoir le palais présidentiel, une folie de Ceaucescu (Arc de triomphe et autres monuments démesurés). Demain c'est repos, ouf !

Avant de clore cet épisode j'aimerais remercier chaleureusement toutes les personnes qui me suivent et me soutiennent et un grand merci aux enfants de l'école de Montebourg, de l'école de cyclotourisme, à l'institutrice, à Hubert, Philippe, etc.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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