14 avril 2008

Paris-Pékin à vélo en Roumanie

Nous allons bientôt abandonner ce cher Danube quand il se jettera dans la mer noire et alors nous aurons l'impression de quitter l' Europe …. En attendant ce jour (vendredi, en Ukraine, nous verrons la mer noire), petit regard en arrière.

Yvon Blazy

Nous voici à Bucarest après un premier bivouac à Rosiori de Vede. Un bivouac heureux; chanceux même ! Grâce au maire de la cité, nous avons pu nous installer dans un gymnase et profiter d'un bon repas au restaurant laissant pour d'autres jours nos rations alimentaires. Mais bivouac d'autant plus heureux que dans la nuit (3H50), un gros orage a éclaté. À part certains collègues qui ont pesté contre les gouttières de la toiture du gymnase, nul ne s'est plaint de son sort. Une première nuit de bivouac sous la pluie avec au petit matin tout le matériel à ranger dans un terrain détrempé non merci; on verra plus tard !....

Le cap des 3000 km dépassé !
Actuellement, nous avons passé le cap des 3000 km et je peux vous dire que même sur la pointe des pieds, du haut des 15 étages de mon hôtel, en regardant dans la direction du sud-ouest, je n'aperçois plus les Pyrénées ariègeoises et encore moins la sentinelle de Montségur. Montségur, le catharisme, le boludisme : des sujets qui ont pu être abordés en Serbie où ces religions sont nées, sont passées, sont revenues au fil de l' histoire...

Un expédition très suivie par les pays que nous traversons
La France, l'Allemagne, l'Autriche, la Hongrie nous ont tour à tour bien accueilli. Cependant en Serbie, ce fut une autre dimension : nous nous sommes sentis attendus et aimés. Il faut dire qu'à toutes les étapes, les médias sont "à nos trousses" et les habitants avec qui nous communiquons beaucoup, nous disent qu'ils sont au courant de notre aventure grâce à la télé et aux journaux que les hôtels d'ailleurs nous procurent chaque matin. Le passage de la frontière serbo-roumaine a été un grand moment avec encore le midi des enfants qui ont dansé pour nous en costumes locaux tandis que nous n'en finissions pas de faire des dédicaces ou des dessins aux enfants des écoles venus à notre rencontre. Que de moments intenses !

Grande étapre de vélo en Serbie
Ce jour-là, grande étape aussi de vélo avec le passage de la "Porte de fer" qui voit le Danube forcer le passage dans un grandiose défilé. Danube heureusement régulé par un pont-barrage qui sert de frontière. Mais pour y arriver pas moins de 23 tunnels à franchir et quelques "bosses" qui valaient de jolis cols. On a pu activer les mollets et certains ont fini parfois à pied sous l'œil goguenard du colosse Dacia dont le visage grandiose est gravé dans la pierre depuis des siècles ! Heureusement, il n'y avait pas trop de circulation car en Serbie (comme d'ailleurs en Roumanie) la prudence est de rigueur car on aurait vite fait de se faire raser les mollets "gratis " ! En Roumanie, nous roulons vraiment en file indienne car les conducteurs au tempérament latin ont une conduite "extraordinaire" ! Prudence !

Roumanie : pays de contraste
Roumanie, pays de contraste et rès attachant ; nous n'avons jamais assez de mains pour saluer tous ces habitants ou automobilistes qui nous interpellent, nous klaxonnent. Les carrioles à chevaux côtoient les Dacia 13O12 en très grand nombre dans les quartiers populaires (nos ex Renault 12) ou plus loin les gros 4x4; de petites maisons bien tristes côtoient des "palais" de marbre ! Ces palais construits, nous a-t-on expliqué, par les gens de la communauté "Rom" grâce aux profits réalisés dans des "affaires" en Europe occidentale... Nous avons même traversé un village entier de "palais" : impressionnant !

Roumanie, terre accueillante : nous passerions des heures, des jours (?) avec des locaux qui nous arrêtent, nous emmènent visiter leur maison qu'elle soit modeste ou palais et nous donnent leur adresse pour qu'on leur envoie les photos. Là un groupe de roms, plus loin, une école où la prof de français a fait un grand break pour nous accueillir au bord de la route... ; nous garderons un bon souvenir de la Roumanie où nous passerons encore quelques jours après un lundi de repos qui a fait du bien aux organismes d'autant que dans notre groupe (groupe des jaunes, l'un des 5 groupes comme les 5 anneaux olympiques) de temps en temps, notre capitaine nous laisse "dérouiller nos jambettes". Ce fut le cas dimanche sous une grosse chaleur avec une moyenne de 25 à l'heure sur les 100 premiers km de l'étape. Ensuite, respect des consignes : se retrouver en groupe pour finir l'étape. De plus, il suffit d'une longue pause-photo pour avoir à lancer une grande chasse pour rattraper le groupe. En somme, de bons moments de vélo ! avec de belles parties de manivelles ! Pour l'instant, de ce côté-là, tout est OK et il suffit que le bonhomme tienne ce rythme pour qu'il soit vite à Pékin (patience ! le mois d'août est encore au loin ! Je profite de l' occasion pour dire au club cyclo du Pays d'Olmes toute la fierté que j'ai de porter la tenue qu'il m'a offerte : à chaque fois, elle fait sensation et fait bien des envieux : encore merci et c'est pour moi l'occasion de penser souvent à vous tous, à l'Ariège et au Pays d'Olmes que chacun peut lire sur ma tenue.

Pour aujourd'hui, je vais en rester là ; j'adresse à tous ceux qui liront ce message mes meilleures amitiés. Bien sûr, de grandes pensées pour ma famille et pensées aussi pour les écoliers de Vernajoul et de l'école Lamartine à Lavelanet qui sont encore en vacances et auront du "travail" à la rentrée pour retrouver ma trace en Ukraine...

À bientôt à tous

Yvon Blazy


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