29 avril 2008
Marion Dubois, 19 ans, licenciée à Chécy, a monté un projet pour dynamiser une discipline moribonde dans le Loiret. Son club soutient l'initiative. Les actions envisagées sont diverses, auprès des élus ou dans le milieu scolaire.
Laurent Coursimault
Franchement, c'est une initiative intéressante. Celle actuellement menée par une pratiquante, qui sait donc de quoi elle parle pour être régulièrement confrontée à la dure réalité des pelotons. Une jeune licenciée, qui plus est, dans une discipline où les dirigeants affichent souvent, disons, une certaine maturité, pour ne pas dire une maturité certaine.
Marion Dubois n'a pas encore vingt ans. Elle les fêtera le 14 juin prochain. Son projet est simple : développer le cyclisme féminin entre Beauce et Gâtinais. Autant dire que le travail ne manque pas ! Ses idées, ses axes de travail ont été couchés sur le papier. À Chécy, sa réflexion, entamée en février, recueille l'entière adhésion du VS cacien, club dans lequel elle évolue, et de son président, Jacky Foucher : « Si l'on veut attirer des filles au vélo, il faut, avant tout, mettre en place des structures. Je suis certain que le potentiel existe », dit-il.
Comme d'autres, Marion Dubois, par ailleurs étudiante à Orléans (BTS assistante de gestion PME-PMI), est partie du constat suivant : le cyclisme féminin dans le Loiret est moribond. Les courses proposées aux filles sont rares. Les clubs, pour la plupart, s'en désintéressent. Et, sous les casques et les cuissards, la misogynie demeure une évidence. Comment, dans ses conditions, sortir de l'ornière ?
« Il faut faire bouger les choses »
« L'objectif », explique-t-elle, « c'est d'organiser des journées de découverte ». Insister à la fois sur l'activité de loisir et la compétition. Son champ d'action, d'intervention, de sensibilisation, est déjà délimité : « Les écoles, les commerces, les syndicats d'initiative et points jeunesse et sport du canton ». Et puis, il faudra cibler les amies des filles du club (elles sont dix actuellement) par le biais de brochures à distribuer. Ne pas négliger l'affichage. Ne pas hésiter à aller au contact des élus ou autres responsables scolaires. « Il faut faire bouger les choses », insiste Jacky Foucher. « C'est pour cela que je souhaite voir le projet de Marion aller le plus loin possible. » Lui, mettra tout son poids dans la bataille. L'homme ne manque ni de caractère ni de détermination. « En juin », lance-t-il, « il faudra passer à la phase concrète ». Arriver, d'une manière ou d'une autre, à gonfler les effectifs.
Faire partie, à terme, de la commission départementale
Toute action de ce genre a un coût. Celle proposée par Marion a été budgétisée à hauteur de 6000 euros. Une somme qui englobe la location de locaux et de salles, les actions d'information (démonstrations) et de formation (brevet d'État), l'utilisation de matériels (vélos et casques), la rémunération d'intervenants lors de conférences. Du côté du VS cacien, aller démarcher auprès des futurs sponsors (acteurs économiques et collectivités territoriales en particulier) ne fait peur à personne. « Je suis heureux de voir Marion s'investir ainsi », lance Jacky Foucher.
L'actuel projet pourrait servir de tremplin à la jeune femme. « La chose qui me tient le plus à coeur, c'est de faire partie, à terme, de la commission départementale du cyclisme féminin, avec la responsabilité d'encadrer des filles et de participer à la formation », assure-t-elle.
Au cours de la saison 2007, le département du Loiret recensait 227 licenciées, dont 167 sur route. Ce qui est fort peu. La volonté démontrée sur le vélo par les locomotives du coin (Annie Thomas et Carole Chaussard de Pithiviers, Élisabeth Coupel de l'UC Orléans ou encore Vanessa Benessy de Chécy) prouve que l'initiative de Marion Dubois a aujourd'hui toute sa place dans le paysage départemental. Espérons que les habituels réticents sauront le comprendre...
| REPÈRES |
Route féminine ?
Un moment évoqué au cours de l'hiver, le passage à Chécy, en août prochain, de la Route féminine, épreuve ouverte aux meilleures mondiales, s'avère aujourd'hui très hypothétique. Le projet a pris beaucoup de retard.
Éliminée par Longo
À Chécy, les filles font parler d'elles depuis longtemps. Ainsi, Patricia Trembleau, membre fondateur et actuelle responsable des écoles de vélo et cadre technique, a terminé 4e du championnat de France de poursuite à Reims. C'était en 1981... Année où elle fut éliminée par Jeannie Longo.
Filles et jeunes
Le travail du VS cacien est essentiellement tourné vers les jeunes et les filles. En 2007, le club a décroché 141 victoires, toutes catégories et disciplines confondues...
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