23 avril 2008

Le temps des vélos

À la fin d’un long hiver au cours duquel mes loisirs ont consisté à skier, à jouer de la pelle, à contempler la neige qui tombait et tombait, ou encore à danser en ligne avec l’âge d’or (« Kiss, Kiss »: roulent les hanches, ondulent les poitrines!), enfin le doux printemps se montre le bout du nez.

Yves Gauthier
Montpellier

La neige (sale) s’évapore en douce, les crues s’étalent, la sève s’épuise, puis avril cède galamment sa place au mois de Marie (toujours le plus beau), pendant que le bonhomme hiver s’esquive sans demander son reste. Entre neige et brin d’herbe, on a le temps de rêver un peu. Rêver à quoi (ou à qui) ?

À la vive chaleur du soleil qui réconforte et colore les chairs blêmes des mois de manches longues. À rêver vélo peut-être, si vous avez une bécane qui broie du noir dans le sous-sol ou le garage. Au plaisir de vivre dehors s’ajoute le grand air tonifiant des promenades, des randonnées à pied, à vélo. Tiens, tiens le rêve prend forme, les contours se précisent.

Chez nous, dans la Petite-Nation, on dirait que la bicyclette ne fait pas le poids et tarde à conquérir ses titres de noblesse. Souvent, ce sont des gens de l’extérieur qui viennent pédaler par ici. Vélo Plaisir, par exemple. Sauf qu’une heureuse initiative est en train de faire bouger les choses. Le Tour du lac Simon représente l’événement absolument nécessaire pour ranimer la ferveur cycliste et donner une voix forte aux amateurs.

C’est aussi une belle manière de saluer le début de la saison estivale, l’occasion rêvée de permettre à la petite dame de se pavaner dans nos décors qu’on dit enchanteurs… Souhaitons au Tour une météo sans faille et une agréable ambiance conviviale, comme l’an dernier. À sa deuxième édition, le Tour se donne encore une allure de fête champêtre et bon enfant, et je souhaite qu’il en soit ainsi pendant longtemps. L’ajout d’un troisième choix de parcours devrait permettre de rejoindre toutes les couches... L’activité, solidement parrainée, entre autres, par deux commanditaires de taille, encadrée par des organisateurs aguerris, soulève à coup sûr l’enthousiasme de nombreux amateurs qui ne demandent qu’à démontrer leur savoir-faire et leur détermination. Oui, je souhaite que l’entreprise garde son caractère populaire, voire familial. Comme le Tour de l’île dans notre banlieue montréalaise !

Soit dit en passant, bravo aux valeureux vélocipèdes qui ne feront qu’une bouchée des 66,6 kilomètres et avaleront allègrement les côtes revêches de la rive ouest du Lac, quitte à subir la planche à laver du revêtement raboteux. Demandez à ma bécane quel souvenir elle en garde !

En dehors de la Route verte qui longe la 148, et des admirables sentiers du parc de Plaisance, les pistes cyclables se font rares dans la Petite-Nation. La topographie ne s’y prête guère ? Voyons donc ! Au coeur même de la vallée, de Papineauville à Duhamel, la 321 ne compte pas de montées fabuleuses. De même, en dépit de quelques côtes impertinentes (une côte est une côte), les routes 317 et 315, entre Thurso et Namur, accusent des profils fort cyclables. Alors, de quoi me plains-je ? Eh bien, je suis en manque de ces bandes cyclables aménagées sur les accotements des axes routiers. Je ne demande pas la lune, juste imiter ce qui se fait ailleurs. C’est pas sécuritaire ? Vrai que de se faire doubler par des bolides qui filent à 100 km ou par des mastodontes de camions, ça donne des frissons. Pourtant, la majeure partie de la Route verte est ainsi conçue. Bien d’autres pistes aussi. Certes, les sites propres (comme ils disent) représentent la solution idéale. Mais tout ça coûte cher, hélas. Pourtant, tout ça dort également dans les cartons de nos édiles. Réclamons ce qui est le plus pratique.

Parlant de site propre, avez-vous essayé la piste LJP qui serpente à partir du village de Saint-André-Avellin jusqu’au belvédère surplombant la 317 entre St-Sixte et Ripon ? Quelques kilomètres à peine pour lesquels on a investi des moyens considérables. Plutôt original ce choix de piste, fort bien construite par ailleurs dans un aimable décor sylvestre-champêtre, mais combien exigeante par ses sinuosités impénitentes et son profil en montagnes russes, et qui illustre par certains égards les contraintes des collaborations publiques-privées. Allez-y donc aussi pour une autre bonne raison : vous y découvrirez comment la nature et les paysages environnants ont pu inspirer les œuvres de quelques artistes qui jalonnent le parcours.

À ceux et celles qui voudraient savoir quels projets d’avenir en matière de sentiers entretiennent nos intervenants locaux, je suggère de consulter l’étude commandée par la MRC à la firme de consultants Roche Deluc et intitulée Réseau de sentiers récréatifs polyvalents pour la MRC de Papineau, Concept intégré de mise en valeur, mars 2001. Si vous pouviez aussi mettre la main sur la Une des numéros 13 et 50, 42e année, 9 février et 26 octobre 2003, La revue La Petite-Nation.

Il vous viendra peut-être à l’idée en lisant ces papiers que les échéanciers ont dû crever, puisqu’ils ne sont pas encore arrivés aux destinations qu’ils s’étaient fixés !


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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