7 avril 2008


L’ancien maire de Hull, Michel Légère, et l’actuel maire de Gatineau, Marc Bureau.
photo : archives Le Droit

Une idée qui a fait du chemin

Promoteur de la Route verte du Québec, le passionné de vélo qu'est Michel Légère, cet ancien maire de l'ex-Ville de Hull, mérite aujourd'hui le titre de Personnalité de la semaine LeDroit/Radio-Canada.

Charles Thériault

Michel Légère est considéré par plusieurs comme le père de la Route Verte du Québec. Bien qu'elle soit le fruit du travail de nombreuses personnes et de plusieurs ministères et organismes et surtout de la ténacité de Vélo Québec, l'ancien maire de Hull a eu un impact certain sur ce projet auquel il est d'ailleurs associé de près depuis plusieurs années. M. Légère a donc toutes les raisons de se réjouir de la désignation de la Route Verte comme étant la plus belle route cyclable au monde, selon la prestigieuse National Geographic Society.

L'ancien maire s'est intéressé à la bicyclette au début des années 1980 alors que l'ex-ville de Hull cherchait à se doter d'une image de marque distinctive. On parlait alors de faire revivre le défunt festival des Raftsmen alors que d'autres proposaient un festival nautique. "Je me souviens d'une conservation que j'avais eue avec le directeur des ressources humaines de l'époque, Jacques Labelle. Il m'avait raconté sa carrière de coureur cycliste durant les années 1950 et il m'avait parlé de sa victoire à la course Montréal-Hull ainsi que de son amour du vélo. En même temps, je constatais la popularité de la bicyclette dans la région à cause, notamment de la présence des pistes cyclables. Finalement, on s'est rendu compte que la bicyclette était la véritable marque de commerce de Hull et c'est ainsi qu'a été créé le Festival international de la bicyclette de Hull", raconte celui qui, à l'époque, n'était pas encore ce grand adepte du vélo qu'il est devenu.

Durant cette période, Michel Légère avait décidé de refaire le lien avec la ville d'Edmonton, avec laquelle Hull était jumelée depuis 1967. Pour souligner la reprise des relations entre les deux villes, M. Légère a donné au maire d'Edmonton une bicyclette de marque Bertrand, fabriquée à Hull. Par la suite, le maire de Hull a donné des vélos Bertrand au pape Jean-Paul II, aux anciens premiers ministres du Québec, René Lévesque et Robert Bourassa, ainsi qu'à l'ancien maire de Québec, Jean Pelletier.

Puis, est venue l'idée de créer une piste cyclable qui relierait Hull à Québec, en passant par Montréal et toutes les municipalités le long de la rivière des Outaouais et du fleuve Saint-Laurent. "On en a discuté et je me suis rendu compte que l'idée suscitait de l'enthousiasme. On appelait le projet La Vélo Route Trans-Québec et on a décidé de faire un périple de vélo jusqu'à Québec pour en faire la promotion. L'ancien conseiller Claude Lemay, Jacques Labelle, Louis-Paul Guindon et Agathe Lalande formaient le groupe de départ et on a fait notre premier périple en 1986. Ils riaient de moi avec mon vieux vélo Peugeot", ajoute M. Légère.

Tout au long de la route, Michel Légère et son groupe s'arrêtaient dans les municipalités traversées pour recueillir des appuis politiques au projet de voie cyclable. Au courant des années 1980, les municipalités québécoises s'intéressaient de plus en plus aux pistes cyclables alors que Hull en avait déjà depuis le début des années 1970, grâce à l'initiative de la Commission de la capitale nationale (CCN). "Nous avons effectué ce périple quatre fois entre 1986 et 1990 et l'idée qui paraissait un peu folle aux yeux de certains maires au début, faisait son chemin tranquillement. On s'arrangeait pour ne pas passer inaperçu lorsqu'on arrivait quelque part. Je me souviens des années où les organisateurs du Festival d'été de Montpellier nous avaient accompagnés avec un char allégorique monté sur un châssis de voiture, qui avait la forme d'un train à vapeur. Plus tard, on a eu le vélobus de la ville qui créait beaucoup d'engouement aussi", se souvient l'ancien maire.

Pistes cyclables
L'idée d'une piste cyclable traversant le Québec a pris du galon lorsque l'ancien ministre libéral Yvon Picotte a fait réaliser une étude de préfaisabilité sur le concept que Vélo Québec commençait à promouvoir. Michel Légère a tenu à souligner le travail du grand responsable de la Route Verte, Jean-François Pronovost qui mène sa barque avec patience et acharnement depuis plus de dix ans. "Il a réussi à convaincre le ministère des Transports du Québec de changer ses pratiques et d'asphalter les accotements des routes comme le réclamaient les cyclistes depuis longtemps. Il a fait un travail colossal", a ajouté M. Légère.

Inaugurée officiellement l'an dernier, la Route Verte n'est pas complétée partout et elle est loin d'être parfaite. Michel Légère est un peu déçu qu'on n'ait pu construire des pistes cyclables (séparées de la route) partout. La Route Verte prend parfois la forme d'une piste cyclable, parfois celle d'un accotement asphalté sur une route nationale. Ou encore elle passe sur une route tranquille où les cyclistes peuvent rouler en sécurité. La qualité et la largeur des accotements varie d'une région à l'autre et comme toute route, leur état peut se dégrader rapidement. "Ce n'est pas parfait mais il faut voir tout le progrès accompli depuis dix ans. De plus, on peut améliorer la Route Verte en construisant de nouvelles sections de pistes cyclables, notamment lorsque des voies ferrées sont abandonnées", a-t-il fait remarquer.

À 64 ans, Michel Légère continue à faire du vélo avec ses amis et il s'intéresse toujours à la Route Verte puisqu'il est président de Vélo Québec Association, le groupe responsable de la Route Verte.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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